dimanche 26 juin 2011

Le blog consacré à Broadway !

Si cela vous fait penser à du liquide dégraissant, lisez-donc la suite avant de faire votre vaisselle avec...


Voici, en exclusivité mondiale, un extrait de la future pièce de théâtre narrant l'épopée de notre blog qui se jouera à Broadway en septembre prochain. Grandeur mais aussi petits travers quotidiens : le scénario n'élude pas les vicissitudes liées à la vie du blog.
En effet, la co-conception exige une bonne entente et nécessite d'être sur la même longueur d'onde. Mais si vous croyez que tout roule entre nous, sachez que nous connaissons aussi les affres de la scène de ménage. L'extrait suivant, bientôt culte, relate donc l'une de ces disputes.

ACTE 2, scène 4 :
Guillaume, exaspéré : Quels goujats ! Non mais sans blagues ! Ah non mais j'y crois pas !
On se décarcasse pour eux et tout ce qu'ils trouvent à faire c'est de se planquer dans les branches pour vous cracher dessus ! Bande d'archicuistres !


Olivier, paternel : Boh, tu sais, c'est normal... Les enfants cherchent régulièrement à tester les limites ! Ce sont des phases qui passent comme elles sont arrivées. Te bile pas !

Guillaume, remonté : Quoi ? Non, je ne parle pas de nos enfants mais des Cercopes. Tu sais, ces bestioles ressemblant à un croisement miniaturisé de coccinelle et cigale aux couleurs diaboliques! Tu vas vite constater l'incapacité de nos propres petits diables de chérubins à rivaliser dans l'art de susciter des regards torves.

Olivier, surpris : Holà ! Je te trouve bien remonté ! Qu'ont-ils donc fait de si grave ?

Guillaume, rageur : Ce sont des ingrats ! Comment vais-je pouvoir les défendre auprès du grand public, maintenant ? Ils sabrent tout notre boulot ! On rame pour réhabiliter la cause des insectes, on rédige avec assiduité un blog qui leur fait la part belle et voilà comment certains nous remercient !
Ça commence bien : les Cercopes se nourrissent en suçant la sève de nombreux végétaux sauvages ! Ils sont fréquents sur les saules et osiers.


Olivier, rassurant : Oui mais ce n'est pas grave. Nous savons tous les deux que la plupart s'en accommode sans soucis. Les plus vieux saules nourrissant largement 250 autres espèces d'arthropodes pour la plus grande joie de prédateurs tels que les oiseaux.

Guillaume, gêné aux entournures : Oui, c'est vrai ! Mais regarde un peu ces couleurs ! Les fourbes veulent surement se faire passer pour des créatures toxiques !



Olivier, inquisiteur : Eh ! Attention ! Et la présomption d'innocence ! Tu ferais pas un délit de sale tronche, là ?
Il est peut-être vraiment toxique et le signaler serait un moyen de se défendre en affichant le danger de façon franche et honnête.

Guillaume, déstabilisé : Mouais, bon, soit ! Il a quand même pris soin de se doter de fortes capacités à sauter pour fuir au moindre dérangement. (Avec emphase !) Quel courage !
Fuir. C'est d'ailleurs bien ce qu'il fait devant ses responsabilités parentales. Il abandonne carrément ses enfants. Tu trouves ça bien ? Les insectes sociaux s'occupent bien de leurs larves. Même les araignées fabriquent des cocons pour leur progéniture et vont jusqu'à les trimballer avec elles.

Olivier, philosophe : qu'ont à faire les notions de bien ou de mal dans la nature ? Tu sais bien que la plupart des arthropodes agissent ainsi. Ils adoptent une stratégie qui joue sur le nombre important d'individus pondus, voilà tout !

Guillaume, surjouant l'émotion : Oui mais tout de même ! Les larves, elles, sont incapables de sauter et auraient pu se retrouver sans défense ! (Reprenant un ton péremptoire) Loin de moi l'idée de les absoudre cependant ! Car elles mettent en œuvre, pour se protéger, un procédé confinant au grotesque ! En effet, pour se mettre à l'abri des regards, elles fabriquent une mousse très spéciale.

Olivier, curieux : Ah ? Et de quel genre ?

Guillaume, pudibond : Ah, je n'ose le dire ! C'est répugnant ! Figure-toi qu'elles se laissent aller aux flatulences les plus intenses et abjectes pour faire mousser leurs déjections. Il en résulte cette émulsion dans laquelle elles se cachent pour siroter la sève des arbres. (Outré) Et c'est cela qui me goutte dessus lorsque, ces derniers temps, je fais des photos pour le blog !

Olivier, s'esclaffant : Mais Guillaume, ces déjections n'ont rien à voir avec ce que tu imagines ! (Docte) Rappelle-toi le miellat. Il s'agit des excréments sucrés produits par les pucerons. Les fourmis le récoltent ainsi que les abeilles qui l'intègrent même au miel.

Guillaume, désemparé : D'accord mais alors pourquoi les Cercopes n'assument-ils pas leur comportement ? En nommant la mousse "crachat de Coucou", ils désignent le coupable idéal, bien connu pour ses mœurs de parasite déjà pas très reluisantes. C'est trop facile ! Je te ressors la présomption d'innocence !

Le metteur en scène, consterné : STOP ! Guillaume, ton numéro d'avocat du diable anthropomorphique ne convainc personne. L'argumentation est affligeante, réécris-moi ce texte ! Tu retournes bosser l'affaire et on la refait dans une heure. Allez, on enchaîne ! PFF ! Y'a du boulot, mes amis !



PS : Vente exclusive de places en avant-première !
Tarifs préférentiels pour la première représentation à New York:
Places standards : 45 dollars
Premiers rangs : 75 dollars
Loges :  115 dollars

Envoyez vos chèques à :
Guillaume et Olivier
3° sauge derrière la fourmilière
Parcelle aux orobanches et salsifis sauvages
15 sentier du gros chêne pourri aux capricornes
33,5 190 Bourg-les-Belles-Scabieuses

PPS : Dernière minute ! Olivier me prévient que Dark Maul, dont il a tiré le portrait ci-après, aurait collé un procès au Cercope. Il accuse la sale bête de lui avoir volé sont style. Bien fait !

vendredi 17 juin 2011

Carte de visite du blog


Si nous écrivons des articles sur Internet, c'est pour qu'ils soient lus. Sans quoi, il serait vain de remplir ces pages.
Nous faisons donc quelques efforts de promotion, de temps en temps, en faveur de ce blog dont certains d'entre vous sont destinataires. A l'occasion de la manifestation couleur jardin à laquelle nous participons cette année (à Noisiel), nous avons créé une carte de visite reprenant le dessin du premier article.
La voici donc. Dessinateurs ne signifiant pas graphistes, nous avons fait ce que nous avons pu et espérons un résultat correct sinon au moins utile.
Si certains d'entre vous sont motivés pour la diffuser, nous ne vous le reprocherons pas ! Nous vous remercions même par avance.

Guillaume et Olivier.


Edit : merci à tous les visiteurs qui sont venus à notre rencontre ce weekend ! Nous espérons (1) ne pas vous avoir ennuyé avec nos explications, et (2) que cette balade vous aura donné envie de laisser pousser les petites fleurs et de regarder les petits insectes qui peuplent vos massifs ou vos jardinières !

mercredi 15 juin 2011

Nouvelle page pour faciliter la recherche...

Chers lecteurs,
Suite à quelques remarques judicieuses, nous  avons créé une nouvelle page afin de tenter de vous faciliter la découverte du blog. Une recherche par thème pour vous aider à vous diriger parmi le joyeux bazar des 43 articles déjà publiés.
Alors n'hésitez pas à nous dire si cela vous semble utile pour savoir si nous devons poursuivre cette entreprise de classification, digne d'un rangement des archives du courrier des lecteurs par Gaston Lagaffe.
Cette page se nomme "exploration par thème du blog".
A vos commentaires ! Merci d'avance.
Guillaume et Olivier.

PS : Si vous avez raté les opportunités ci-avant, vous pouvez aussi cliquer ici pour voir cette page.

jeudi 9 juin 2011

Un an déjà ! - partie 3

Suite des révélations fracassantes sur les coulisses du blog !
Pour commencer, on lève le voile sur nos tronches ! Voici donc deux portraits réalisés en exclusivité pour l'article. Le dessin au crayon de l'un a été réalisé par le fiston de Guillaume. Ce dernier s'est fendu des couleurs et commentaires (cliquez sur l'image pour l'agrandir). L'autre dessin a davantage visé l'authenticité, quel courage de se dévoiler ainsi !  Cliquez aussi !

Avant de revenir à des thèmes plus directement en lien avec la nature dans les articles futurs, voici encore quelques éclairages sur ce qu'implique la rédaction du présent blog.


Guillaume : j'avoue que cela m'arrive de culpabiliser quand je n'arrive pas à pondre un article selon un certain rythme (disons au moins tous les dix jours) car j'ai l'impression d'abandonner les lecteurs (c'est narcissique, non? Faut que j'me soigne !). Mais pourrais-tu les éclairer quant à la charge de travail, les étapes, la réflexion préalable induits par la conception d'un article, notamment ceux que tu illustres?


Olivier :  Avant toute chose, je dois dire que je ne ressens pas trop cette pression que tu évoques. En fait, je pense que je m'appuie - pesamment - sur toi et sur ton imagination débordante : je sais que chaque semaine, quasiment, tu vas nous sortir un article de ton chapeau, presque d'un simple claquement de doigt ! Ta régularité tient de l'horloge suisse... Par conséquent, je peux me permettre d'écrire quand ça me chante. C'est plutôt confortable pour moi.

Guillaume : C'est gentil, Olivier ! Mais sans un travail en collaboration, une bonne partie des derniers articles n'auraient pas vu le jour aussi régulièrement. Dessin de l'un et texte de l'autre ou vice-versa. En tous cas, j'envie souvent ton flegme "so british"!

Olivier : C'est vrai que j'aime beaucoup les articles que nous réalisons à deux. Je trouve ce travail en équipe très stimulant. 
Pour revenir à la conception, dans mon cas, les articles mûrissent doucement autour de principes que j'ai l'habitude d'évoquer dans le cadre de mon travail ou en discutant avec mes proches : la fauche tardive, la notion de propreté dans la nature, les services qu'elle nous rend, la mise en place de nouvelles pratiques, etc. En gros, des grands principes auxquels je crois et dont j'ai envie de favoriser la diffusion. Quand je me décide, je me pose devant mon ordinateur et j'essaie d'ordonner mes idées pour que le message soit clair, et si possible concis, ce qui n'est pas toujours évident, tu en conviendras...

Guillaume : Effectivement, l'écriture d'un texte peut prendre un certain temps ! De 4 (pour les plus courts ou simples) à 18 heures (pour des ensembles complexes comme celui sur le lierre) d'après mes estimations. Il faut évidemment trouver ce temps en soirée ou en fin de semaine. Vu l'investissement nécessaire, nous préférons donc découper certains articles afin de les égrener au fur et à mesure. D'autant plus que de nombreux lecteurs peuvent être rebutés par des blocs de texte trop longs. Mais finalement, je suis tellement bavard dans la vie que cela déborde à l'écrit. Et les idées ne manquent que rarement pour l'instant. Je croise les doigts.
Par ailleurs, il faut trouver l'illustration. Il peut arriver qu'une photographie soit l'élément déclencheur d'un article. Dans ce cas, pas de problème. Sinon, il faut ramer pour ramener l'image en prospectant sur le terrain. Mais le plus dur, c'est encore de pondre une aquarelle. Même si un sujet est inspirant, j'ai du mal à m'installer pour en réaliser une sachant qu'il me faut entre 4 et 6 heures pour un résultat satisfaisant. Je n’insiste pas sur ces difficultés pratiques que j'ai déjà développées dans "Croqu'histoire".

Olivier : En ce qui me concerne, l'illustration vient après le texte. Et je dois dire que j'aime bien l'idée de créer un dessin pour l'occasion. C'est aussi ce qui fait la forte spécificité de notre blog, je crois. Comme tu l'as dit dans notre article précédent, "Un retour aux sources" est un "prétexte" pour publier nos gribouillis tout en essayant de faire quelque chose d'utile pour notre environnement.
Pour moi, le dessin se créée plus aisément que le texte. Je ne dis pas que je n'y passe pas du temps, mais son accouchement est moins difficile. En général, l'idée se profile plus ou moins précisément dans ma tête pendant que j'écris mon texte, ou encore lorsque je lis les tiens. Quand je saisis papier et crayon, il ne me reste plus qu'à la matérialiser.
Je la colorie selon deux méthodes : l'aquarelle ou la tablette graphique. J'avoue que la deuxième me séduit davantage en ce moment, pour plusieurs raisons : c'est moins long à sortir et à nettoyer, on peut réparer plus facilement ses erreurs, et enfin il y a quelques effets sympas que l'on peut intégrer aux traits originaux.
Et pour revenir à ta question initiale concernant la charge de travail, je dirais qu'en moyenne, un article me prend deux soirées, parfois trois, dessin compris. Le dessin qui illustre ce billet a été réalisé sur deux soirées (21h-23h30).

Et voilà : nous avons encore pondu un pavé... Eh bien merci encore aux lecteurs qui ont eu le courage de lire jusqu'ici et n'hésitez pas à poster un petit commentaire !

vendredi 27 mai 2011

Un an déjà ! - partie 2

Olivier : Guillaume, te souviens-tu pour quelles raisons nous avons mis en route ce blog ?
 
Guillaume : Pour répondre, je peux relater un événement récent qui illustre bien quelles aspirations profondes j'ai envie de transmettre avec conviction.

Olivier : Ah oui ? Raconte !

Guillaume : Il y a trop d'occasions de râler, de maugréer voire de geindre et de finir par gesticuler pour un résultat des plus stériles.
Et pour parer à toutes les critiques, je peux d'ailleurs faire la mienne. En effet, je n'ai vraiment pas de leçons à donner car dans ce domaine, je sais me montrer spécialiste... En bon français, je suis chauvin : je suis convaincu, sans avoir beaucoup voyagé, que la France est le plus beau pays du monde.

Malgré le privilège de vivre dans ce pays, je suis le premier à râler et à refaire le monde. La cause de la protection de la biodiversité ne va jamais assez vite à mon goût et je vous plains, chers amis, si un jour, j'arrivais à devenir maître du monde. Vu mon niveau d'exaspération et d'impatience, certains jours, la dictature verte que j'instaurerais, aurait tôt fait de vous dégoûter à la vue de toute véronique sauvage!

Olivier : Oh oh oh ! Tu y vas fort ! Je crois qu'il en faudrait beaucoup pour nous mener jusque là !

Guillaume : Bref ! Quand l'occasion se présente de souligner une belle entreprise. Il ne faut pas la rater. La dernière en date est celle de la petite commune de Chauconin-Neufmontiers. Arrêt de l'usage des produits chimiques sur le territoire communal, fauchage tardif le long de chemins et sur une parcelle de près 3 hectares, installation de ruches, recours aux plantes sauvages locales pour les plantations. Du bon exemple par pack de douze ! Et surtout, un état d'esprit enthousiaste, chaleureux et convivial.

Olivier : C'est juste. Je connais cette commune et je sais qu'elle est très engagée dans la protection de notre chère Nature ! Comment as-tu découvert leurs actions ?

Guillaume : A l'occasion de la Fête de la nature 2011, j'ai eu l'occasion de proposer, pour expliquer et vanter ces pratiques très favorables à la biodiversité, une conférence suivie d'une sortie. On m'offrait les conditions rêvées de promouvoir des projets concrets visant à protéger la biodiversité. Le volet théorique puis le pendant pratique.

Pourtant, cela n'aurait servi à rien s'il n'y avait eu personne à sensibiliser.
Et là, quelle réussite ! 70 personnes au total dont pas loin de 60 sur le terrain. Je peux vous dire que cela fait chaud au cœur quand on vous donne la chance de vous exprimer et de transmettre un message qui sort de vos tripes. Un message dans lequel vous croyez sincèrement. C'est un rêve qui prend forme.

Olivier : Carrément !  :-)

Guillaume : Oui, je sais, je m'emporte. Je suis peut-être comiquement lyrique. Après tout, ce ne sont que 70 personnes. Mais enfin, on parle d'une commune de 2000 habitants. C'est vraiment pas mal du tout ! Des sorties terrain avec un tel effectif, je t'assure qu'on en fait pas tous les quatre matins et j'ai un peu d'expérience dans le domaine. Le bouche-à-oreilles va pouvoir fonctionner et le message se diffuser.

Après de telles manifestations, on se dit que l'ère de la science-fiction est terminée. Je suis français et cela tombe bien car "impossible ne l'est pas". La protection de la biodiversité est entrée dans le domaine du possible. Je veux bien paraître un peu naïf mais après tout, peu importe. Après un tel événement, je crois au changement auquel j'aspire.

Et pour prolonger cet espoir, je ne veux pas pas lâcher le morceau. Je veux persister à exprimer ces idées que je crois empreintes de bon sens, à partager cette beauté naturaliste qui me bouleverse (Ha ! je me mets à nu, chères lectrices, chers lecteurs. Vous ne le voyez pas mais je tape avec un genou à terre et la main sur le cœur pour donner plus d'émotion à ma prose ! Bon, j'avoue, c'est moins pratique...).

Olivier : Je confirme ! D'ailleurs, je trouve que tu te débrouilles très bien comme ça ! Ne change pas de position !

Guillaume : Mais c'est pour cela que le blog est né : pour filer la métaphore. Pour transformer et décharger de façon positive et utile, un flot de tourments, de réflexions inquiètes sur l'avenir des papillons, fleurs, lichens et autres êtres vivants du coin ou d'ailleurs.
Souviens-toi : nous avons voulu croire inconsciemment ou sans nous l'avouer, et nous avons eu raison, que le blog pourrait nous permettre de continuer à nous exprimer sans que nos messages raisonnent dans le vide. Voir la nature se dégrader dans l’indifférence ou ne pas faire connaître une heureuse initiative écologique sont des choses difficiles à supporter en ce qui nous concerne. A défaut de crier dans un haut-parleur, il y a ce blog.


En outre, nous avions, une sensibilité artistique, trop longtemps délaissée. Nous avions besoin de nous exprimer via un style littéraire décalé de celui, plus formel, du boulot. Et une envie de proposer un écrin un peu soigné, prétexte à de réguliers gribouillages et croquis.
Nous espérons bien sûr, sans en être convaincus, atteindre cet objectif, pour votre plus grand plaisir, amis lecteurs.

Olivier :  Tout ceci est rigoureusement exact. Je me souviens d'ailleurs très précisément de l'élément déclencheur : j'admirais depuis longtemps les aquarelles que tu faisais pour les affiches de tes sorties nature. Et quand tu m'as montré le dessin qui orne désormais le premier article de ce blog, je me suis dit qu'il serait trop bête de ne pas le faire partager. Et quelle plus grande galerie d'art que l'Internet, qui offre à tout un chacun la possibilité d'aller s'extasier devant des œuvres réalisées n'importe où sur la planète ?

Guillaume : Et voilà comment "un retour aux sources" est né.


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PS : une image du blog (dessin d'Olivier) habilement et judicieusement détournée par la commune de Chauconin-Neufmontiers lors de la récente Fête de la Nature...
Tronçonnator : "I'll be back!" On espère que non !

vendredi 20 mai 2011

Un an déjà !!

Olivier : dis-donc, Guillaume, c'est l'anniversaire de notre Blog ! Le premier article date du 20 mai 2010 ! Ça se fête ça, non ?

Guillaume : Oui-da, cher ami. On va préparer quelque chose. Mais il faut d'abord remercier les lecteurs pour leurs 4600 visites depuis un an !

Olivier et Guillaume : Merci à tous ! Merci beaucoup ! A bientôt !

dimanche 8 mai 2011

Le COSAC prend le pouvoir de ce blog !!!

"Le Comité Officiel des Scientifiques Annihilateurs de Controverses (COSAC) prend le contrôle de ce blog compte-tenu des incessantes mises en garde et des systématiques refus d'obtempérer des deux trublions y faisant pitoyablement office de rédacteurs. Ces fieffés propagandistes pro-nature, pseudo-scientifiques, ont trop longtemps cru pouvoir corrompre impunément les esprits au moyen de ce blog.

L'étude de la biodiversité ou de l'écologie est une entreprise sérieuse qui requiert une rigueur scientifique certaine et qui ne saurait être traitée sur le ton badin, désinvolte voire grotesque pratiqué dans ces pages. Aussi, nous décrétons à partir de dorénavant et dès à présent, à compter de ce jour (et jusqu'à nouvel ordre), que nous prenons en charge l'éducation des masses incultes.
Nous prodiguerons donc un enseignement sérieux et rigoureux avec la dose d'austérité convenable.

Nous commençons dès aujourd'hui, par les critères de détermination des larves d'amphibiens en Ile-de-France. C'est avec perplexité que nous constatons la présence de nos deux petits cuistres rédacteurs. Leur présence en fond de salle et à proximité de radiateurs et fenêtres ne nous laisse guère d'illusions quant à leur motivation à réhabiliter leur conduite indigne. Mais enfin, on ne sait jamais...

Le premier critère intéressant à étudier est l'orifice excréteur de l'eau qui a transité à travers les branchies. En observant une larve par son flanc gauche, on peut vérifier sa position. S'il est toujours globalement situé sur la face inférieure du corps, il peut néanmoins occuper des positions centrales ou plus latérales. J'écris au tableau noir le nom de cet orifice.
Veuillez donc noter avec moi : "S.P.I.R.A.C.L.E." Mais ! ! Quoi ?! Qui a osé lancer cet avion de papier ?
Mais enfin qu'est ce que c'est ? Des gribouillages ?
Rions un peu... Déplions ce rudimentaire aéroplane pour nous gausser de son message d'ignare probable. Voyons-voir cela...

Quoi ? Quelle révolution? Ah! J'aurais dû me méfier de ces deux gredins!"

Sous un brouhaha tohubohuesque tonitruant :
"Mais enfin ! Puisqu'il n'y a qu'un spiracle ! Et qu'il est sous le ventre !! Silence, assis tout le monde !! Non, mais ça va pas bien ? Lâchez-moi !! Aïe, mes fesses !"

Les membres du comité sont chassés à grands coups de chaussures de randonnées (ça doit faire mal !) dans le postérieur par des amoureux de la nature et de l'humour. Merci, lecteurs bien-aimés !!

OUF ! Le rire est de retour !

PS : une formation sur les amphibiens a bien eu lieu ces derniers temps mais je précise pour les organisateurs (ils se reconnaîtront) qu'elle était autrement plus réussie que celle du COSAC et que j'en garde un excellent souvenir (bravo et merci à eux).
Entre autre réjouissances, nous avons évoqué ce bon père de famille qui veille sur sa progéniture : l'alyte accoucheur (croquis ci-dessous).


dimanche 1 mai 2011

Savoir utiliser la Nature


Le titre de ce blog aurait pu être "La Nature fait très bien les choses" tant on se plait à le répéter ici. Cet article n'y fera pas exception.
Aussi, après les épisodes sur le Lierre et ses avantages, sur les Berces et leurs hôtes, sur le recyclage des déchets verts au jardin, sur l'arbre anti-cancer, sur les services écosystémiques, etc., j'ai aujourd'hui envie d'évoquer la façon dont on peut utiliser le végétal pour rendre nos routes plus naturelles, sans nuire toutefois à la sécurité de leurs usagers.

Les routes ??? Quelle est cette nouvelle lubie, me direz-vous ?
Avant d'attaquer dans le vif du sujet, laissez-moi donc vous conduire pour une petite balade introductive.

Les savants racontent que la destruction et/ou la fragmentation des milieux naturels constituent aujourd'hui la première cause d'érosion de la biodiversité dans le monde. Les routes et les lignes de chemin de fer qui maillent nos paysages jouent évidemment un rôle crucial dans ces mécanismes de fragmentation : elles découpent de grands ensembles agricoles ou naturels en tout petits morceaux au sein desquels certaines espèces se retrouvent comme piégées parce qu'incapables de traverser les voies. Leurs effectifs déclinent alors lentement sous l'effet de mécanismes démographiques ou génétiques et c'est bientôt l'extinction.
Dans certains secteurs, pourtant, les routes ou les lignes de chemin de fer jouent un rôle étonnamment positif. Dans les grandes plaines où sont cultivées des céréales de manière très intensive, elles peuvent favoriser le déplacement d'espèces mal adaptées à ce type de pratiques. Ces dernières n'empruntent évidemment pas la voiture ou le train, non. Elles utilisent les accotements, ces espaces en herbe que l'on remarque à peine, entre le bitume et le champs, et qui, je vous l'assure, valent franchement la peine de s'y arrêter quelques instants.
Allez, on y va ? Vous me suivez ?


Vous avez peut-être remarqué une légère modification du paysage autour de chez vous, ces dernières années, ou ces derniers mois. Quelque chose de bizarre, un peu comme si un pinceau avait semé des tâches de couleur sur le bord de vos voies de circulation favorites. On dirait que l'herbe est également plus haute... D'aucuns pensent que cela fait "sale", "mal entretenu". D'autres, comme vous, peut-être, sont tombés sous le charme. Comment ce changement est-il arrivé ? Que s'est-il passé ?

Il était une fois, un agent d'entretien de la route qui faisait son travail avec entrain. Dès les premiers signes du printemps, il sortait son épareuse pour avaler des kilomètres d'herbe folle sur les accotements dont il avait à charge la gestion. C'était un dur labeur, surtout quand il faisait chaud. C'était également dangereux, parfois, quand les véhicules lancés à toute allure sur la route départementale le frôlaient dans un vacarme assourdissant. Et pourtant, le scrupuleux agent d'entretien tenait bon : il accomplissait sa mission jusqu'au bout, et ce, plusieurs fois par an, parce que c'était une mission cruciale pour la société. Tellement cruciale qu'il en rêvait parfois la nuit.
Chaque matin avant d'entamer sa bordure, le minutieux agent d'entretien avait coutume de vérifier le bon fonctionnement de sa machine. Mais ce jour là, à l'orée d'un village, quelqu'un vint perturber son rituel. C'était un jeune écolier, apparu d'on ne sait où. Posé là, figé au bord de la route, il lui lançait un regard pesant qui le rendait mal à l'aise.
"Pourquoi tu fais ça ? avait-il demandé.
- Parce que c'est mon travail, avait répondu l'agent d'entretien consciencieux.
- Oui, mais pourquoi faut-il faire ce travail ? Quel est l'intérêt de s'entêter à couper de l'herbe que personne ne regarde tant elle est nue, fade et jaune ? Quel est l'intérêt d'effacer quelque chose qui s'entête à revenir ? Pourquoi ne pas lui laisser une chance de s'exprimer ?
- ..."
Avant que l'agent d'entretien ne trouve une réponse, le petit bonhomme était parti. L'agent d'entretien soigneux se gratta la tête, perplexe. La nuit suivante, il eut du mal à s'endormir. Une question le taraudait : "pourquoi tu fais ça ?" Il n'avait pas de réponse entièrement satisfaisante.
Pour la sécurité des usagers ? Bien sûr, il était important de laisser une bande de sécurité bien entretenue pour qu'un véhicule en détresse puisse se garer. Ou dans les virages, pour que l'on puisse voir au loin. Mais pourquoi faucher toute la largeur de l'accotement ? Une bande d'un à deux mètres suffisait largement !
Pour la beauté du paysage ? C'est vrai que les accotements étaient bien nets après le passage de son tracteur. Il n'y avait pas un brin d'herbe qui dépassait. C'était du beau boulot ! On aurait pu jouer au golf sur le bord de la route... si ce n'était pas aussi dangereux, bien sûr ! En revanche, c'était un peu tristounet. Un peu plat.
Après quelques jours, l'agent d'entretien prit une grande résolution. Il décida d'oublier de passer son épareuse sur un tout petit coin de route, à l'abri des regards. Il attendit la fin du printemps, puis l'été. Il souhaitait laisser à l'herbe "une chance de s'exprimer", comme le lui avait conseillé le garçon. Bien lui en prit : un beau jour, en plein été, il comprit enfin ce qu'elle voulait lui dire en s'acharnant à pousser derrière son tracteur : elle lui avait laissé un message. Un message tout de fleurs tressé. Un message multicolore, chatoyant, ondulant. Un message qui signifiait "et si nous travaillions ensemble pour rendre la route plus belle ?"
Il accepta.
Et bientôt, bourdons, papillons, syrphes, tachninides, chrysides, thomises, criocères (*) s'en vinrent animer les corolles des fleurs de leurs allées et venues. Et avec eux vinrent des oiseaux, des chauves-souris, des petits mammifères, des lézards ou encore des grenouilles, tout contents de trouver là un endroit où vivre, ou simplement un espace leur permettant de se déplacer en toute sûreté de leurs lieux d'alimentation vers leurs sites de reproduction.
Et c'est ainsi que la route entretenue par le méticuleux agent d'entretien passa du statut d'horrible élément fragmentant le paysage au statut de corridor écologique pour la faune et la flore.
Et pour ne rien gâter, les bords de route égayaient le paysage monotone de la campagne environnante, pour le plus grand plaisir des automobilistes. Quel surprenant coup de théâtre !
Et que devint l'agent d'entretien ? On dit qu'il continua de travailler avec la nature et qu'il eut encore de nombreuses idées pour faire de la route un mariage de sécurité et d'enchantement pour l'œil. Mais ceci est une autre histoire...


(*) pour savoir à quoi correspondent ces noms barbares, allez flâner dans les articles de Guillaume, sur ce même blog !  ;-)