samedi 29 juin 2013

Les choses vraies - épisode 4

Souvenez vous : nous sommes en Espagne, c'est le printemps et nous sommes sur la piste de nos plus grands carnivores européens : l'ours et le loup.
Après une traque humide et froide, mais ô combien récompensée, nous venons d'apercevoir le premier.
Les yeux emplis d'étoiles et le cœur léger, nous reprenons notre route afin de nous diriger sur le "spot" à loups espagnol : la Sierra de la Culebra.
Cependant, je suis accompagné d'insatiables ornithologues et notre chemin est ponctué de haltes au cours desquelles on déballe jumelles, longues-vues, et copieux casse-croûtes à base de jambon et de saucisson espagnol.

Première pause : nous avons quitté la montagne, et pour la première fois depuis notre arrivée, il fait beau. Voici enfin une occasion de sortir carnet et crayon du fond de mon sac pour un crobard en direct live !

Passage au dessus du Rio Esla, en direction de Villafàfila

La version en couleur

Quelques minutes plus tard, nous remontons en voiture et nous prenons la direction des Lagunes de Villafàfila, haut-lieu ornithologique où nous espérons croiser de splendides volatiles.
Serons-nous récompensés ? Vous le saurez sans doute, si vous repassez sur ce blog d'ici quelques jours.

dimanche 16 juin 2013

Croqui'histoire - 4

Aujourd'hui, je fais une petite pause dans la série des choses vraies pour vous raconter l'histoire du dessin des ours.
Comme vous le savez désormais, les conditions météo du début de notre semaine en Espagne ne m'ont pas permis d'ouvrir mon carnet de croquis.
Le dessin de l'article précédent a donc été fait tranquillement, bien au chaud à la maison.

Ce qui est original, c'est que c'est mon premier crobard entièrement réalisé à la tablette graphique, du crayonné jusqu'à la mise en couleur.
Voici ce que l'on peut voir lorsque l'on rend invisibles les différents calques de couleur.
J'ai utilisé pour cela le programme Gimp dont vous noterez au passage le réalisme de la brosse "crayon".
















dimanche 9 juin 2013

Les choses vraies - épisode 3

Dans l'épisode précédent, je vous racontais ma rencontre avec l'Espagne et son étonnant climat.
Une fois la surprise passée, nous avons rayonné durant quatre jours autour de notre camp de base situé à Pola de Somiedo - dans les Asturies - à la recherche des ours bruns, dont la population locale est beaucoup plus importante que celle de nos ours pyrénéens.
Notre temps s'écoulait entre :
- séances patientes, silencieuses et attentives d'observation - aux jumelles et à la longue-vue - d'un paysage cotonneux, percé ici et là d'une pointe de verdure cherchant désespérément à exprimer sa vigueur printanière.
Orchidée ayant réussi sa sortie. Photo : Bruno H.
 - échanges d'information enthousiastes avec des autochtones très ouverts et très désireux de nous faire découvrir leurs plantigrades favoris.
- casse-croûtes réconfortants et chaleureux, à base de saucisson, chorizo et jambon du pays.

Je n'ai pas eu beaucoup d'occasions d'ouvrir mon carnet à dessins durant ces quatre jours, en raison d'une météo capricieuse oscillant entre neige, grêle ou encore pluie (et même, parfois, un peu des trois en même temps). Le dessin qui suit est donc une reconstitution d'après les photos que nous avons prises.
"OURS !" (SMS et photos : Bruno H.)
Eh oui ! On l'a vu ! Ou plutôt on les a vus. Un gros mâle et une femelle qui se faisaient la cour, et que nous avons observés six heures durant (Antoine vous dira plutôt 5h30, parce qu'il est beaucoup plus rigoureux qu'Ivan et moi). Le mâle suivait la femelle, à quelques mètres de distance, et la paire s'arrêtait de temps en temps pour grignoter ou faire une petite sieste. Quel régal, juste avant de lever le camp pour la Sierra de la Culebra, "spot à loups" espagnol renommé !

Mais évidemment, ceci est une autre histoire...

samedi 1 juin 2013

Les choses vraies - épisode 2 (l'arrivée)

Chose promise, chose due : voici le deuxième épisode de mon voyage à la rencontre de la faune sauvage, la vraie. Celle qui possède des crocs tranchants et des griffes acérées.
Ce voyage, comme je le disais dans le message précédent, m'a conduit à découvrir l'Espagne, un pays que je ne connaissais pas, mais à propos duquel j'avais des préjugés en matière de climat. Préjugés qui - comme tout préjugé qui se respecte - se sont révélés inexacts.
On m'avait dit qu'il faisait beau et chaud en Espagne, parce que c'est le sud. J'avoue avoir été un peu surpris en découvrant cette vue au mois de Mai... J'ai même douté un moment, m'imaginant que nous avions fait 1200 km dans la mauvaise direction...

L’Espagne au mois de Mai - cliquez pour agrandir














Vous allez me dire que j'exagère. Que l'on peut faire dire n'importe quoi à un dessin. Vous voulez une preuve, c'est ça ?

Les aventures d'Olivier en Espagne (cliché : Bruno H.)














Mais qu'à cela ne tienne ! Maintenant que nous étions là, plus rien ne pouvait nous arrêter ! Ours et loups n'avaient plus qu'à bien se tenir !

La suite au prochain épisode, bien sûr !

mardi 21 mai 2013

Les choses vraies


Le dessin d'aujourd'hui possède une longue histoire, et celle-ci s'est déroulée en plusieurs étapes.
La vue que vous avez devant les yeux date d'environ un an. A ce moment, j'ai rejoint un vieil ami (je veux dire un ami de longue date, et non pas un ami âgé ;) dans les Pyrénées où nous avons passé trois jours à pister les ours bruns français.
Même si l'on n'a vu que des indices de présence, je garde un souvenir émerveillé de ces trois jours durant lesquels j'ai éprouvé un sentiment de totale liberté, chose qui ne m'était pas arrivée depuis des années. Imaginez-vous : un espace infiniment grand, cerné de montagnes grandioses. Aucune contrainte horaire autre que celle de manger quand vient la faim, de dormir lorsque la nuit tombe. Et surtout, l'impression d'avoir du temps à ne plus savoir qu'en faire. Le sentiment de renouer avec l'essentiel, avec ce qu'ont pu vivre nos aïeux. Pas de superflu, pas d'électricité, pas d'eau courante en dehors de celle de la source qui coule derrière la minuscule cabane de berger que vous apercevez au milieu de l'image, pas de réseau téléphonique, pas de messagerie électronique ! Juste des activités vraies, vitales : manger, dormir, marcher, rêver, partager, et l'impression d'un temps bien utilisé, le sentiment d'appartenir à un univers aux rouages millénaires bien huilés.

A ce stade de mon récit, vous souriez peut-être de me voir vanter avec nostalgie la simplicité de la vie tout en rédigeant un article pour un blog sur internet ! Mais c'est là qu'intervient la deuxième étape de cette histoire. En septembre dernier, j'ai assisté à une conférence de Pierre Rabhi, un agriculteur-penseur reconnu pour ses positions en faveur d'une agriculture humaniste et plus respectueuse de l'environnement. Cette conférence abordait la notion de "sobriété heureuse", de dénuement, de simplicité, ce qui a évidemment fait résonner en moi les souvenirs de mon voyage pyrénéen. A cet instant, j'avoue que j'ai un peu culpabilisé d'être aussi dépendant d'internet dans ma vie de tous les jours... jusqu'au moment où Pierre Rabhi nous a raconté qu'il ne lui semblait pas pertinent de dénoncer en bloc le progrès et les écrans, parce que ceux-ci pouvaient être mobilisés pour se rebeller contre un système trop inégalitaire, ou encore pour faire découvrir au plus grand nombre la beauté de notre monde. Et je crois qu'en effet, c'est bien ce que Guillaume et moi essayons de faire avec ce blog.

Me voilà donc réconcilié avec internet et je peux donc vous conter la dernière étape de mon histoire, celle qui a abouti au dessin d'aujourd'hui. Je reviens d'une semaine de vacances en Espagne avec une bande de potes, semaine au cours de laquelle :
- nous avons pu voir des ours en vrai,
- nous avons entendu une meute de loups pour de vrai,
- j'ai à nouveau pris le temps d'apprécier des choses devant lesquelles je passe le plus souvent à toute vitesse : des paysages simples ou sublimes, des instants de partage, des bons repas... Bref, des choses vraies. Et cette fois-ci, j'ai aussi pris le temps de les dessiner.

Le dessin qui illustre cet article est donc le premier d'une petite série, qui je l'espère, me permettra de vous transmettre une partie de la magie que je ressens lorsque je quitte notre monde de fous pour retourner dans le vrai monde !

A très bientôt !

vendredi 5 avril 2013

Un zizi pour patienter...

Merci à tous d'être si nombreux (selon nos modestes échelles, certes : 800 consultations par mois en moyenne) à consulter ce blog régulièrement malgré le manque récent d'assiduité des rédacteurs.
Une période un peu chargée a ralenti notre production habituelle mais n'allez pas penser que l'affaire est close.
Que nenni, il en reste encore dans la besace...
Le thème des friches et des haies nous taraude, en ce moment.
Pour patienter, voici un croquis d'après nature d'un adepte de ces milieux, le Bruant zizi, Emberiza cirlus.



Vous l'aurez remarqué, notamment pour ceux qui connaissent ce joli piaf, le résultat n'est pas fameux. Le bec, en particulier, pourtant typique chez les bruants, est raté.
Dans ma lunette ornithologique, je l'ai vu très long. Trop visiblement...
L'attitude est raide et manque de naturel.
Bref, c'est là toute la difficulté qui consiste à dessiner sur le terrain. Mais les erreurs sont salutaires et je recommencerai...

Bizarrement, je préfère, malgré des tas de petites erreurs, ces croquis que j'ai faits de tête quelques jours plus tard. Peut-être que l'observation a payé, finalement ?









Guillaume.

jeudi 14 février 2013

Et pour quelques gros-becs de plus...

Esquisses de préparation - Grosbecs casse-noyaux
On se demande toujours si l'esquisse n'est pas plus intéressante que la peinture soi-disant finie. Je me demande aussi...
En tous cas, voilà de quoi admirer encore un peu le gros bec de ce superbe oiseau, briseur de graines devant l'éternel (enfin, je me comprends !). Bec dans lequel il ne doit pas faire bon glisser un doigt.

Guillaume.

mercredi 2 janvier 2013

Rose : la couleur de la révolte ! - épisode 7 (témoin 4 : la Tachinaire)

Épisodes précédents :
1- Le Chardon est-il aussi abominable qu'on voudrait nous le faire croire ?
2- Quelles forces permettent au Chardon de subsister malgré les conditions hostiles que nous instaurons à son encontre ?
3- A qui profite le Chardon ? Les butineurs pour commencer !
4- A qui profite le Chardon ? Aux papillons !
5- Le témoignage du Morosphinx en faveur du Chardon et des fleurs qui lui ressemblent.
6- Le taon blanc



Chère Maman, cher Papa,

Voilà maintenant plusieurs semaines que vous n'aviez plus de nouvelles de ma part. Depuis le 28 septembre 2012 pour être exact, date de mon premier et dernier reportage au sujet du chardon pour la télévision.
Mes chers parents, excusez-moi et ne m'en veuillez pas ! Il se peut que vous ayez du mal à l'accepter mais je vis une histoire incroyable ! L'amour ! L'amour était dans le pré !
Oui, mes chers aïeux, je suis tombé amoureux ! Le mieux pour vous en convaincre, c'est encore de vous présenter la belle. Je suis sûr que vous me pardonnerez en constatant sa beauté sans pareilles :

Tachinaire sur chardon.


Son nom sonne comme une douce mélodie : Tachinaire...
Coup de foudre dès la première rencontre. Sous son air bougon et ses soies grossières, se cache une inoffensive petite bête presque pacifique : mon aimée ne se nourrit que de nectar. Certes, sa progéniture qui s'accroche à la première larve de passage, la dévore vivante, de l'intérieur. Mais elle a abandonné depuis déjà plusieurs semaines ces pratiques un tantinet cruelles mais si utiles au maintien des équilibres naturels (1). Ses lèvres proéminentes (en réalité, son péristome !) sont garanties sans botox ajouté ! Et lorsqu'elle me lance un regard amoureux, ce ne sont pas deux mais bien des centaines d'yeux (ommatidies) qui m'admirent passionnément.


Je n'ai pu risquer de vous la présenter avant son témoignage en faveur du Chardon rebelle, Robin des champs, de peur de compromettre sa présence au procès. C'est l'un de ses amis qui a généreusement pourvu à son alimentation, un indispensable à sa survie.
Mais surtout, oui, je dois l'avouer, j'ai peur des préjugés que notre relation pourrait provoquer. Si notre amour ne peut que se vivre, pour d'évidentes raisons d'incompatibilité physiologique, selon un mode platonique, je ne compte pas pour autant revenir en arrière au risque de vous déplaire. Elle m'a ouvert les yeux sur un nouveau mode de vie. Pour moi, il n'y a plus de mauvaises herbes (et pas plus d'insectes inutiles) mais des plantes hôtes pour les arthropodes. Et le Chardon en fait partie.

Papa, je te suis reconnaissant d'avoir fait ton possible, à ta façon, en me pistonnant à la télévision mais si tu veux vraiment aider ton fiston, utilise tes relations afin d'offrir une meilleure image des espèces sauvages qui tentent de vivre au plus près des hommes.

Et puis tu sais, si tu veux investir dans une communication rentable, sache que ma dulcinée est une vraie vedette ! Une double page lui a même été consacrée dans l'extraordinaire numéro 84 "Frissons d'ombelle" de la célèbre revue La Hulotte, la plus lue dans les terriers.

Je quitte mon poste de reporter et m'apprête à changer de vie. Je vais me consacrer à protéger cette vie sauvage que je découvre émerveillé. SNIF ! Je me sens déjà mieux de vous avoir dit tout cela et j'espère que vous l'accepterez...

Bises,

Philistin de Jolibourg.

(1) rôle d'auxiliaire du jardinier