La tradition du "jardin à la française" s'est imposée au XVIIème siècle. Cette tradition avait pour objectif de corriger et de domestiquer une nature que nos lointains ancêtres trouvaient hostile. Pourtant, en y regardant de plus près, il faut bien avouer que cette nature hostile fait souvent bien les choses et qu'il n'est pas inintéressant de la regarder ou de l'écouter s'exprimer. Que diriez vous de faire un petit "retour aux sources" avec nous ?
dimanche 8 janvier 2012
Qu'il est difficile de se perdre en forêt...
Sauf à prendre un peu d'altitude, il devient difficile de se perdre dans la nature, même en forêt, dans nos contrées soi-disant civilisées.
Comme je l'ai déjà évoqué dans un article antérieur, l'acquisition d'une paire de jumelles, alors que j'étais adolescent, a changé ma vie. Cet objet formidable rend visible des mondes inaccessibles à nos sens habituels. Il nous offre des yeux de rapace pour discerner des sujets hors de portée. Utilisé à l'envers, c'est encore une loupe efficace qui porte à notre connaissance l'exotique monde miniature. Un outil capable de vous doper à l'émerveillement induit par la découverte de la diversité et la beauté de la nature. 20 ans plus tard, j'y suis toujours accro !
Accessoirement, les jumelles ont aussi contribué à me pousser hors les murs pour explorer les recoins les plus secrets de la campagne environnante. Seul et sans téléphone portable (encore une réalité à cette époque !). Risque inouï, pure imprudence ? Ou mise en danger hypothétique et fantasmée par un adolescent timoré ?
Oh ! Rien de bien extraordinaire. Peut-être un compromis de tout cela... J'ai conscience de ce qu'a pu signifier un jour le terme "explorateur". Celui qualifiant des têtes brûlées en progression sur des terres vierges à la faune réellement dangereuse, au climat particulièrement hostile. Un goût du risque certain, quoi. Rien à voir avec les escapades solitaires d'un adolescent lambda.
Mais bon, je me rappelle tout de même avoir senti mon cœur battre plus fort.
Certaines fois où j'avais atteint une zone inconnue d'une parcelle de forêt au cadastre flou, distant de plusieurs centaines de mètres (au mieux d'un demi-kilomètre !) de toute habitation... Perdu le temps d'un quart d'heure.
D'autres, alors que je me retrouvais au fond d'un vallon très encaissé, franchement assombri par une végétation étrangement luxuriante, sous un enchevêtrement de troncs malades et obliques, fragiles et instables, à devoir traverser un ru rempli de dépôts de sables quasi mouvants, à la profondeur incertaine.
Dans le silence des hommes, juste assez caché pour qu'on puisse me trouver trop tard en cas d'incident.
Certes, j'aurais pu contourner, longer, rebrousser chemin. Mais au bout du compte, c'est cette pointe d'angoisse, cette pulsation aux tempes, cette sensation de danger improbable que j'étais venu chercher là. Il fallait dépasser tout cela pour se sentir plus vivant que jamais. Ma version du saut en parachute, je suppose.
Même si je ne suis pas sûr qu'on trouverait raisonnable, de nos jours, de partir seul en forêt sans téléphone, d'aucuns riront de la petitesse des aventures. Ma foi, c'est peut-être justifié. M'en fallait-il peu, à l'aune d'une témérité réduite ?
Peu importe car ce qui me laisse perplexe aujourd'hui, alors que l'âge, et je l'espère un peu de raison, m'ont rendu moins craintif, c'est la rareté du phénomène. Je ne cherche plus le sentiment de danger en lui-même, si mince soit-il, mais plutôt l'idée qu'il puisse exister à courte portée. Surtout sans avoir besoin de prendre un avion voire même à moins de 10 km de chez moi.
On ne sait même plus ce que veut dire le terme "perdu". On pourrait croire l'être parfois en forêt mais marcher tout droit ou longer une rivière durant plus de 20 minutes convainc généralement du contraire.
Quant à la faune, nulle créature ne représente un véritable danger : ni les sangliers, ni les araignées, ni même les serpents (quelques précisions ici).
En revanche, rien de plus simple que de se perdre au milieu des innombrables bretelles autoroutières d'une quelconque conurbation. Bon, j'avoue, je n'ai pas de GPS mais on a tous en tête des récits de certains de leurs conseils étriqués...
Et le seul animal réellement dangereux croisé en forêt, c'est l'homme qui y commet même des crimes.
C'est la réflexion qui tournait en boucle dans mon crâne l'autre jour en forêt, alors que, seul à nouveau, je croquais ces champignons, des Armillaires couleur de miel (Armillaria mellea), dans une forêt de plaine vaste et bien connue. Je la ressentais tellement hospitalière et inoffensive que cela en devenait étrange et troublant.
Guillaume.
PS : au fait, bonne année à tous !
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dimanche 18 décembre 2011
Rappel de saison !
Après tout, si on écrit des trucs sur un blog, c'est pour qu'ils soient lus.
Donc là, on a un beau marronnier tout prêt, comme disent les journalistes, à lire ou à relire. L'article de saison idéal.
L'arbre de Noël anti-cancer et autres joyeusetés et astuces de décoration écologique.
Donc là, on a un beau marronnier tout prêt, comme disent les journalistes, à lire ou à relire. L'article de saison idéal.
L'arbre de Noël anti-cancer et autres joyeusetés et astuces de décoration écologique.
samedi 17 décembre 2011
Rose : la couleur de la révolte ! - épisode 4 (témoin 1 : le papillon)
Épisode 1
Chers auditeurs! Bonjour ! Ici, Sarah Plicq pour Verte Inter, la radio française pour la biodiversité. En direct du grand auditorium de Paris-Bercy ! Tous les médias sont dans la place pour couvrir l'événement de la semaine. L'opinion publique est en train de se forger une nouvelle icône. La cause que défend Robin des champs dépasse largement celle des seuls chardons ou de quelque autre fleur. Il s'agit du droit à la naturalité des espaces anthropiques ! Rien de moins ! Une façon radicalement différente d'envisager, d'aborder ces espaces, qui consisterait à cesser de regarder de travers toute plante sauvage qui aurait décidé de pousser sans notre permission.
Mais on peut douter de l'imminence d'une telle sagesse à la vue de cette scène, chers auditeurs : voici Robin des champs, le chef des chardons rebelles (1), menotté et encadré de près par les forces de l'ordre qui s'engouffre dans l'arène surchauffée de l'auditorium. Le tribunal initial était décidément devenu trop exigu pour contenir la foule des citoyens désireux d'assister à ce moment qu'on espère historique. Les nombreux membres des SAPIC (soutiens assemblés pour la protection internationale des chardons) témoignent d'ailleurs leur réprobation vis à vis d'un tel traitement ; la tension monte d'un cran et les voici brandissant une représentation volontairement enragée de leur héraut, scandant son nom en une transe percutante. "Robin ! Robin ! "
Alors que le juge peine à ramener le silence, j'aperçois le procureur que l'on dit affecté par les précédentes séances. En effet, sa stratégie superficiellement élaborée, par excès de confiance, est en cours de démembrement par la défense, certes un peu roublarde et railleuse, de Robin des champs ! On accuse aussi le procureur de conflit d'intérêt puisqu'il préside, comme vous le savez, l'organe de censure bien connu sous le nom de COSAC (Comité Officiel des Scientifiques Annihilateurs de Controverses)...
Mais attention, le procès va reprendre ; je vous laisse écouter les débats !
Le juge, pour la forme :
Monsieur le procureur, avez-vous une quelconque raison de vous opposer à l'écoute des témoins sollicités par la défense ? "
Le procureur, las, affalé dans son fauteuil, l'air absent, montrant la barre d'une main renversée :
" Allez, qu'on en finisse ! "
Le juge, surpris du manque de morgue :
"Bien. Droit au but ! M. Robin, vous avez la parole ! "
Robin des champs, mine ravie :
" J'appelle à la barre M. Gérard Blanchart. Pieris rapae pour l'état civil."
Gérard Blanchart, volète un temps de droite et de gauche puis se pose, hésitant, sur la barre :
"B... Bon... Bonjour, Gé... Gérard Blanchart, avec un "t", rep... représentant syndical de l'AILE : Ass... Association inter-espèces des lépidoptères européens. Je... Je suis un peu impressionné, excusez-moi. Grande inspiration.
Malgré mon grand âge, c'est la première fois que j'ai l'occasion de parler au nom de mes congénères. La première fois qu'on nous en donne l'occasion, d'ailleurs. En effet, je suis né le 16 mars 2011 à Choisy-les-près ! Oooh ! Ma mère n'a pas vraiment choisi cette bourgade pour son charme bucolique.
Le paysage dans lequel elle évolua à peu près toute sa vie ne fut constitué que d'une petite poignée de cultures différentes. Parmi celles-ci, une seule plante à fleur : le colza. A perte de vue, une seule culture nourricière pour ma butineuse de mère !"
Le procureur, sursautant, pensant tenir un filon inespéré :
" Alors, quoi ! D'aucuns se plaignent ici de ne pas avoir assez de fleurs à butiner. Et voilà que vous venez geindre alors qu'on vous en offre des hectares entiers. Qu'est ce, si ce n'est de l'ingratitude? "
Gérard Blanchart, humble :
"Monsieur le procureur, avec tout le respect que je vous dois, c'est un cadeau empoisonné. Au premier sens du terme comme au second. Je n'insisterai pas sur la teneur des produits habituellement vaporisés. Mais pour répondre précisément à votre allusion : de quoi imaginez-vous que nous nous sustentions en dehors de la période de floraison ? D'air pur ? D'eau fraîche. D'amour peut-être ? En certaines régions, il n'y a alors sur ces parcelles, plus une seule fleur sur des kilomètres à la ronde !"
Le procureur, vexé :
" Ah ! Qu'en sais-je, moi ? Vous êtes bien en vie aujourd'hui pour témoigner, non ? Et puis si ! Je sais ! Vous faites partie d'une infâme famille de papillons, les piérides, dont les chenilles croquent volontiers certaines de nos plantes cultivées parmi les crucifères : choux, colza, moutarde, etc."Gérard Blanchart, la voix claire et assurée :
"Certes mais cela ne concerne que nos larves qui sont en général tuées par les insecticides des parcelles cultivées." Et tournant la tête vers le public : "comme celles de certains jardins ! Heureusement qu'elles arrivent encore à croquer des crucifères sauvages et saines !Je concède aussi que certaines piérides ne sont pas des plus à plaindre mais je parle au nom de tous les papillons. Et peu nombreux sont mes congénères à même de venir témoigner ici ! Selon l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), je cite : "les populations de près du tiers (31%) des 435 espèces de papillons d’Europe sont en déclin et 9% sont déjà menacées d’extinction". Et les estimations sont probablement sous-estimées.
Monsieur le procureur, c'est justement la santé ruinée par toutes les toxines qu'elle a pu ingurgiter sur les dernières fleurs d'un champ de colza, à bout de force, affamée, que ma mère a fini par pondre l’œuf qui me contenait. La pauvre a erré des jours entiers sans trouver le moindre coin un peu diversifié où se nourrir. Parce que, consciencieuse et dévouée, elle voulait m'épargner cette plante à fleurs jaunes. Finalement, elle a échoué sur une oasis du pauvre. Une maigrelette bande enherbée régulièrement ratiboisée bordant une route communale. Rien de bien glorieux ! Par chance, quelques pieds d'une crucifère, la Cardamine hirsute (Cardamine hirsuta) poussant par là, j'ai pu, à l'état de chenille, m'y développer. En effet, les feuilles basales de cette plante comestible, même pour vous, M. le procureur, sont les plus charnues et échappent aux lames de vos machines qui décapitent ses fleurs. Cette cardamine étant commune, j'ai trouvé l'énergie pour me métamorphoser."
Le procureur, irrité :
" Épargnez-nous vos digressions mélodramatiques. Ne nous mystifiez pas avec votre récit tire-larmes hors-sujet !" Beuglant : "Hors sujet ! Les chardons ne semblent donc pas vous être d'une quelconque utilité !" Gérard Blanchart, laissant poindre une once d'exaspération :
"Bien, bien, M. le Procureur, je ne faisais que répondre à vos remarques sur les plantes hôtes des larves de piérides... Si vous tenez tant à entendre la partie de mon témoignage qui vous portera tort... Qu'il en soit ainsi.Après ma métamorphose, j'émergeai miraculeusement au sein d'un vaste carnage de végétaux méconnaissables : hachés voire pulvérisés par des lames rotatives surpuissantes. Pas la moindre goutte de nectar à siroter. Fort de l'enthousiasme de ma jeunesse, je ne me démontai pas ! J'entrepris d'explorer ce monde à la recherche de quelque moyen de me sustenter. Et là, j'avoue que moi même n'aurai ni le courage ni la patience de vous narrer le détail de toutes mes déconvenues et déceptions.
Tondues, rasées, broyées, fauchées, ratiboisées... Les parcelles enherbées s'apparentaient toutes à des tapis de billard sans grand intérêt nourricier.
Et combien d'espoirs déçus ! Parfois, à la faveur d'un heureux relâchement, du trèfle riche en nectar tentait une sortie. Bah ! Douche froide. A peine la ruée des abeilles y barrait l'accès par une impénétrable cohue qu'un coup de lame plongeait tous les insectes dans les affres de la famine.
Parfois aussi, mes stigmates battirent la chamade à la vue de grosses fleurs horticoles aux couleurs exubérantes. M'y précipitant, j'imaginai me lover dans des torrents de nectar. Ah ! Le plus souvent, de maigres gouttelettes affreusement inaccessibles à ma trompe pourtant longue ou des fleurs au comportement de pimbêche négligeant leur rôle nourricier au profit de couteuses tenues d’apparat...
Une journée d'été, affamé et à bout de force comme ma mère en son temps, j'avais négligé la recherche d'un abri afin de passer la nuit. Le souffle d'un orage me surprit. Arraché en un éclair, je passais la nuit emporté dans les airs. A demi-conscient.
Je me réveillai le lendemain dans de l'herbe plus haute qu'à l'accoutumée, au pied d'un poteau de bois. Curieux, j'y grimpai pour lire au sommet sur un panonceau : "Refuge de nature". Je voyais autour de moi un espace vert dans lequel un tiers des parties enherbées avait échappé à la tonte depuis au moins ma naissance !! Incroyable ! Je repérai tout de suite les chevelures hirsutes des chardons: des Cirses lancéolés (Cirsium vulgare) et des chardons des champs (Cirsium arvense). Et pour une fois, il n'y avait pas tromperie sur la marchandise : une belle fleur tape-à-l'œil mais aux multiples corolles gorgées de nectar ! J'étais sauvé ! Oh, certes, vue l'attractivité des fleurs, il y avait quelques petites altercations avec des bourdons, des abeilles, des congénères voire même quelques prédateurs.
Mais je ne me plaindrai pas. Les chardons furent les oasis de nectar ponctuant mon périple ! J'y ai même rencontré ma femme. D'ailleurs, je dois partir, elle va bientôt pondre ! Je vais encore être Papa et je ne veux pas rater cela ! Bref, les chardons ont changé et sauvé ma vie ! Au revoir "
Sarah Plicq, pour Verte Inter ! Alors que Gérard Blanchart s'éloigne la défense de Robin des Champs en profite pour exhiber quelques preuves photographiques. Je reconnais une photo de Gérard Blanchart lui-même, dans son habit blanc et jaune. Il y a aussi un demi-deuil en noir et blanc et un grand nacré. Et puis le procureur se prend la tête entre les mains. Il demande une pause. Je rends l'antenne. A vous, Paris !
Guillaume
PS : merci à Olivier pour le portrait du Chardon en furie nectarifère !
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samedi 10 décembre 2011
Interruption dépendante de notre volonté...
L'irruption attendue d'une petite d'homme dans le quotidien d'un des rédacteurs pourrait expliquer un certain ralentissement du rythme des publications...
Difficile de faire des câlins ou de changer une couche tout en tapant sur un clavier...
Difficile de faire des câlins ou de changer une couche tout en tapant sur un clavier...
lundi 28 novembre 2011
Lisière d'automne...
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| Aquarelle - 10 x 13 cm - 28-11-2011 |
Ces derniers temps, j'ai adopté l'usage régulier d'un site permettant de mettre en ligne directement les observations naturalistes, en l’occurrence et pour l'instant, les oiseaux.
Il s'avère que toute mention compte. Du banal merle noir à la rareté la plus affolante, susceptible de déplacer sur des centaines de kilomètres des hordes de longue-vues. Les oiseaux communs peuvent connaître des fluctuations de leurs populations riches d'enseignement. Cela est effrayant et dramatique mais ceux-là aussi peuvent voir leurs effectifs chuter... On ne l'aurait pas soupçonné sinon mais le suivi collectif des populations en apporte la preuve.
Suivre quelques sites régulièrement devient alors très intéressant.
Personnellement, je préfère observer la nature dans les milieux ouverts à semi-ouverts. Même lorsque je vais en forêt, je recherche ces zones qui ne ressemblent finalement pas à la forêt au sens commun.
Le paysage représenté dans la croûte associée à cet article est l'un de ces sites que je visite régulièrement depuis quelques temps. Un friche parsemée de quelques bouleaux et épineux délimitée par une une lisière de chênes et pins sylvestres mêlés. Rien d'extraordinaire, surtout en hiver mais il a l'avantage d'être accessible en vélo depuis chez moi en 10 mn.
Hier, je n'y ai vu (et plutôt entendu) que peu d'oiseaux. Il faut dire que je n'étais pas des plus attentifs puisque j'ai pondu l’aquarelle en question en me hâtant et voyant la nuit tomber. Mais de toutes façons, cela fait partie du truc. On n'a pas toujours une liste longue comme le bras d'un Titan.
En l'occurrence :
3 Corneilles noires
2 Rougegorges
2 Mésanges huppées
2 Mésanges à longue queue
4 Pinsons des arbres
1 Pic noir
1 Pic épeiche
Pour participer, quelques exemples d'un réseau de sites. L'adresse Internet est bâtie sur le même principe à chaque fois :
http://www.faune-aquitaine.org/
http://www.faune-iledefrance.org/
http://www.faune-auvergne.org/
...
Il y a aussi d'autres sites ne fonctionnant pas aux mêmes échelles. Mais je pose la question : à quand le site intergalactique, valable pour l'éternité ?
Guillaume.
PS : les autres créatures doivent aussi avoir le droit d'être recensées mais cela arrive petit-à-petit.
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dimanche 13 novembre 2011
Rose : la couleur de la révolte ! - épisode 3
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| Apollon (Parnassius apollon) sur Chardon des champs (Cirsium arvense). |
Épisode 2
Les membres du tribunal entrent et prennent place sous un tohu-bohu digne d'un carnaval de hooligans brésiliens.
Le juge, irrité :
"Bien, commençons : ce procès a pour objet de juger les faits relatifs à la plainte pour diffamation déposée par le responsable du COSAC (Comité Officiel des Scientifiques Annihilateurs de Controverses), procureur en l’occurrence, à l'encontre de Robin des champs, généralement reconnu comme meneur de la troupe des Chardons rebelles. Le COSAC reproche à ce Robin ses allégations quant à sa prétendue utilité en faveur de la biodiversité. La parole est à l'accusation !"
Procureur du COSAC, condescendant :
"Alors comme ça, Môssieur prétend que les Chardons, ces infâmes détrousseurs d'engrais, ces horreurs angoissantes qui résistent à nos meilleures armes chimiques seraient des plus utiles à la biodiversité ! Balivernes ! Quelle abeille, quel insecte accorderait la moindre importance à si répugnantes plantes. Et fi de vos belles paroles, nous voulons des preuves !"
Robin des champs, feignant le dépit :
"Ah, mais que n'ai-je donc pas accompli pour ne mériter que ces pitres atrabilaires, ces adversaires inaptes à toute attaque dotée d'une once de finesse, ces ignorants incapables de constater l'évidence... A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ! Je..."
Procureur du COSAC, enragé, les yeux dilatés :
"Assez ! Obsolète arrogant ! Répondez si vous le pouvez !"
Le juge, déjà lassé de la débauche de rhétorique :
"Oui, au fait ! Arrêtez vos digressions et allez droit au but. Et cela vaut aussi pour les rédacteurs de ce blog !"
Robin des champs, comme si de rien n'était :
"Comme je le disais, donc, M. le Juge, s'il est bien une évidence, c'est que mes corolles sont gorgées de nectar. Il n'y a qu'à se poster devant ma chevelure sans trop s'agiter : les butineurs en tous genres s'y précipitent. Les plus beaux papillons, les abeilles de ruches ou les solitaires, les élégantes guêpes, les syrphes bariolées, les coléoptères aux reflets irisés, la liste est trop longue."
Procureur du COSAC, les muscles du visage tordus de grimaces moqueuses et outrées :
"Ça déblatère, ça jacte, ça baragouine ! Mais les preuves, hein? Vous en avez, oui ou non?"
Robin des champs, brandissant une image :
" Voici ma première preuve : une abondante iconographie photographique. Le tuyau est bien connu des photographes qui ne se privent pas de nous shooter en pleine offrande. Oh ! Rassurez-vous, nous ne cherchons pas la gloriole ni la chaleur des flashes.
D'ailleurs, nous savons bien que nous ne sommes pas le sujet visé. Il s'agit plutôt de l'insecte qui sirote le nectar que nous dispensons généreusement, tous les jours. Bien plus, en tous cas, que certaines de ces fleurs "civilisées", ces horticoles issues de croisements, d'hybridations ou tout simplement exotiques. Ces mijaurées ne pensent qu'à paraître, qu'à s'occuper de leur apparence extérieure.
Mais tout cela est vain : bien souvent, elles dépensent toute leur énergie à produire des pétales plus grands ou à les doubler, les tripler voire plus. Tout cela afin d'attirer et charmer le plus grand nombre d'insectes comme autant de trophées. Malheureusement pour ces derniers, l'énergie manque pour la fabrication du nectar et ils repartent souvent déçus et frustrés, au mieux le ventre vide ! Quelle vacuité, on en met plein la vue mais c'est pour cacher le manque de sens, de matière, de sincérité. Un peu comme à la télévision ou en politique. Alors que..."
Procureur du COSAC, ravi de son intervention :
"Objection, votre honneur ! Hors sujet ! Ce n'est pas le procès des horticoles ! Qu'il nous montre plutôt cette photographie !
Le juge, acquiesçant:
"Certes, arrêtez de gesticuler et montrez-nous cela calmement."
Robin des champs ; coup de taille :
"Avec plaisir ! Voyez-donc : ceux qui gouttent notre breuvage y reviennent et le bouche-à-oreilles fait son œuvre. Pas moins de 4 hyménoptères simultanément sur un cousin à moi, Carduus nutans, dont la taille et la beauté de la fleur n'ont rien à envier aux horticoles précitées, soit dit en passant !"
Le public atteste par quelques murmures empressés.
Procureur du COSAC, sentant monter la pression :
"Mystification ! Manipulations grossières ! C'est un trucage !"
Robin des champs ; coup d'estoc :
"Regardez-y bien M. le Juge, ces insectes affairés sont totalement indifférents aux sirènes de la célébrité et se détournent complètement des flashes et projecteurs. Pas de temps pour la figuration. La récolte est inespérée pour ces modestes et honnêtes ouvrières sans le sou, surtout en zone de cultures intensives ou de parc horticole minimaliste ! Seul leur importe de vider les corolles de mon cousin. C'est parfaitement crédible et véridique.
J'ai d'ailleurs ici le rapport d'un expert photographique qui estime la distance maximale entre le photographe et son sujet à 30 cm ! Si les corolles n'avaient pas été attractives, vous pouvez être sûrs que les insectes auraient remarqué le gêneur et (pointant subitement les deux index vers le procureur) décampé dard-dard. Euh, pardon, dare-dare !"
La salle et le juge se fendent de rire.
Procureur du COSAC, désarçonné :
"M'enfin ! Je... Non ! Vous ne pouvez pas..."
Robin des champs ; coup de grâce :
"Et pour anticiper la remarque que vous peinez à formuler, cher M. le Procureur, voici bien d'autres constatations photographiques qui permettront de lever l’ambiguïté. Il ne s'agit pas d'un cas isolé. Voyez plutôt..."
Procureur du COSAC, feignant un malaise:
"Ahhh ! Mon cœur s'emballe, je m'évanouis !"
Le procureur s'effondre avec ostentation. La houle de la colère publique défrise les perruques de tous les membres du jury.
Le juge, tapant sur la table :
"Silence ! La séance est levée ; nous reprendrons dans une semaine et vous nous montrerez ces preuves supplémentaires !"
A suivre...
Guillaume.
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samedi 5 novembre 2011
Ça butine encore sur le lierre...
Samedi 5 novembre 2011 à 13h00, à la faveur d'un rayon de soleil et d'une douceur remarquable, j'ai constaté l'incroyable bourdonnement des butineurs sur les fleurs de lierre surement encore très riches en nectar.
La densité des insectes dont de nombreuses abeilles s'élevait facilement à une cinquantaine par mètre cube !
Encore une preuve que cette plante mérite mieux que notre mépris ou notre maltraitance.
Je tiens à le rappeler car j'ai aussi constaté aujourd'hui une section systématique et méthodique des branches de lierre au pied des troncs d'arbres d'un ensemble de parcelles. Quelle perte de temps...
Non, le lierre ne doit pas être éradiqué sur les troncs ! Ce n'est pas un parasite. Pour vous en convaincre, il y a toujours en ligne sur notre blog un lot de 3 articles sur ce sujet. Allez, révision gratuite !
Article 1 (intérêts du lierre)
Article 2 (les travaux pratiques de tonton Olivier !)
Article 3 (les idées reçues et les amoureux, ma partie préférée, très romantique !)
Petite consolation, ces trois articles sont parmi les plus lus de tout le blog notamment le premier qui détient le record absolu. Il en restera peut-être quelque-chose...
Guillaume
La densité des insectes dont de nombreuses abeilles s'élevait facilement à une cinquantaine par mètre cube !
Encore une preuve que cette plante mérite mieux que notre mépris ou notre maltraitance.
Je tiens à le rappeler car j'ai aussi constaté aujourd'hui une section systématique et méthodique des branches de lierre au pied des troncs d'arbres d'un ensemble de parcelles. Quelle perte de temps...
Non, le lierre ne doit pas être éradiqué sur les troncs ! Ce n'est pas un parasite. Pour vous en convaincre, il y a toujours en ligne sur notre blog un lot de 3 articles sur ce sujet. Allez, révision gratuite !
Article 1 (intérêts du lierre)
Article 2 (les travaux pratiques de tonton Olivier !)
Article 3 (les idées reçues et les amoureux, ma partie préférée, très romantique !)
Petite consolation, ces trois articles sont parmi les plus lus de tout le blog notamment le premier qui détient le record absolu. Il en restera peut-être quelque-chose...
Guillaume
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vendredi 4 novembre 2011
Piafs : pour quelques bouquins de plus...
![]() | |
| Fuligule milouin -croquis de terrain - 27-10-2011 - Comparaison radicalement impossible avec une aquarelle de Lars Jonsson. |
Alors voilà, on vous le découpe en morceaux plus digestes...
N'étant pas un pro de l'ornithologie, mes choix pourront surement être critiqués et c'est tant mieux. J'invite les volontaires à écrire des commentaires!
Bref, le meilleur guide pour la reconnaissance des oiseaux est, à mon avis, "le guide ornitho". Oui, il se nomme ainsi. Il est le plus complet grâce aux nombreux dessins (c'est mieux que les photos) des différents plumages (nuptiaux, immatures, femelles, internuptiaux, juvéniles, etc.) quand c'est nécessaire (laridés, limicoles, anatidés, etc.). Les critères discriminants sont indiqués par des flèches annotées directement sur les dessins (pratique et pas souvent le cas dans les autres guides). Il y a même des pages de dessins d'hybrides de fuligules pour les acharnés... Si, si. Les dessins sont précis, le nombre des espèces exhaustif sauf bien sûr, si vous faites partie des pros qui recherchent les oiseaux perdus d'Amérique du nord à Ouessant (mais bon, pour ceux-là, mon article est obsolète !).
Pourtant, le livre reste compact comme un vrai guide de terrain. Les auteurs : Lars Svensson (Auteur), Killian Mullarney (Illustrations), Dan Zetterstrom (Illustrations), Guilhem Lesaffre (Traduction), Benoît Paepegaey (Traduction). Il existe aussi dans une magnifique version légèrement augmentée en grand format. Il est édité par Delachaux et Niestlé.
Quant au plus beau selon moi, si vous avez lu l'article précédent, vous savez : encore un Lars...
Concernant les chants d'oiseaux, je recommande pour débuter (et même plus) le livre suivant accompagné de deux CD (180 espèces, c'est déjà pas mal), toujours aux éditions Delachaux et Niestlé : "Guide des chants d'oiseaux d'Europe Occidentale". Une page est consacrée à chaque espèce avec les risques de confusion, un sonogramme, le milieu le plus probable, etc. Une introduction générale sur l'écoute des chants et même une clé de détermination simple sont proposées. Quand ce bouquin et ses disques n'auront plus de secrets pour vous, je vous garantis que peu d'oreilles d'ornithologues seront meilleures que vous.
Pour celles et ceux qui voudraient encore approfondir, il y a aussi les enregistrements de Jean Roché, "Tous les oiseaux d'Europe" en 4 CD auxquels je faisais référence. Il n'y a que les CD avec une ou deux lignes par espèce dans les jaquettes. C'est le plus complet concernant les espèces mais il reste un peu austère. C'est tout de même un classique.
Enfin, pour vous achever et faire de vous un vrai pro, il faudra jeter un oeil sur ce dernier bouquin :
"Guide des traces et indices des oiseaux" par R Brown (Auteur), John Ferguson (Auteur), M Lawrence (Auteur), David Lees (Auteur), encore chez Delachaux et Niestlé. Il présente des dessins de plumes, de coquilles d’œufs, de crânes, etc. Très souvent utile, même si on l'a rarement sur soi au bon moment !
Il reste encore pas mal de livres fantastiques à acquérir (et surtout potasser !) sur des groupes tels que les limicoles, les passereaux, les pies grièches, les rapaces (etc.), des auteurs comme Géroudet à lire, etc. Mais on va encore me dire que c'est trop long.
Allez, c'est déjà pas mal. Au boulot maintenant ! A vous de découvrir la biodiversité ornithologique.
Guillaume
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