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lundi 18 août 2014

Les fovéoles ? Oui ! Avec du lard et de la tomate ! Quoique...


Aahhh, les fovéoles ! Je sais pas pour vous, mais moi, ça me fait penser à une cocotte de fayots au lard et à la tomate.
Et les fayots au lard et à la tomate, c'est le genre de plat que j'adore cuisiner. Oui, je sais, vous pensez à une plâtrée plombée comme une enclume ou au déclenchement de mouvements telluriques titanesques dans votre conduit digestif. Boah ! Les clichés !
C'est parce que vous z'en avez pas goûté des bons depuis des lustres. Certes, c'est largement roboratif, parfait pour le mois de novembre de l'été actuel. Mais quand on met tout son cœur dans la préparation, ça surprend les plus blasés. Et quand vos gosses qui vous ont cassé les pieds toute la semaine pour manger trois haricots verts et une blette (le meilleur avec ce légume, c'est la sauce, faut le dire ! Je les comprends un peu. Mais avec du cœur, je devrais...),  vous décochent spontanément un grand "Mmmhhh ! Popa, chont bons tes haricots !". Je vous jure, ça touche. La larme perle. Genou à terre. Recueillement.
...
...

Je ne sais pas si le fait de vous donner la recette vous sera utile car ce qu'il faut mettre en œuvre pour la réussir ne s'écrit pas en ces termes. Application, patience, amour.

Évidemment, il faut aussi de bons produits, sains et de saison.
Haricots à écosser (voire secs). Aucune idée de la quantité nécessaire. Séance mathématique : à la fin, faut avoir un volume de haricots qui rentre dans une sphère de 12 cm de diamètre, au moins. Un producteur de légumes digne de ce nom saura vous aider.
1 kg de tomates fraîches (ou conserves au naturel maison selon la saison) type olivettes.
2 ou 3 gros oignons jaunes.
Céleri branche selon la saison.
2 tranches de lard ou de poitrine de 1 cm d'épaisseur.
Gousses d'ail, beaucoup voire plus selon les goûts.
Thym, sauge, romarin.
Bicarbonate de soude.
Sel, poivre.


Quelques jours avant, invitez vos meilleurs amis.

Quelques heures avant, ouvrez une bouteille de vin rouge du sud-ouest un peu assouplie (pas trop cher : un Cahors un peu vieux).

Pour la technique, de l'ultra-basique et feu doux, tout le temps ! Voici :
écosser les haricots. Avec les petits, c'est rigolo (surtout pour eux) mais faut presque le faire dans la baignoire si on veut pas passer la soirée à en récupérer partout sous les meubles.
Couper les oignons comme vous voulez et le céleri branche en rondelles. Tranchez les tomates en deux, épépinez avec l'index. C'est important pour ôter un peu d'acidité et un peu d'eau, pour avoir une sauce plus concentrée.
Sortez votre cocotte en fonte fétiche de votre cuisine. Oui, la magique, celle que vous êtes le seul à avoir pu soulever après le roi Arthur. D'ailleurs, vous seul comprenez comment on peut cuisiner dedans. Un outil important, en effet mais si vous n'en avez pas, vous pouvez compenser avec une double dose d'amour.
Faites y fondre deux belles cuillères à soupe de graisse de canard. Et si. Ah et puis zut, hein ! Chuis du sud-ouest ! Balancez-y en souplesse d'un geste parabolique les oignons et le céleri. Puis une minute après, le lard ou la poitrine. A feu doux, laisser colorer.
Quand c'est le cas, ajoutez quelques feuilles de sauge, un brin de romarin, un peu de thym. Cuire encore pour caraméliser les tranches de lard. Faut donc bien surveiller et retourner doucement de temps en temps !
Quand la couenne du lard est brune et brillante, un peu croustillante, déglacez en jetant les tomates dans le feu avec l'ail (gousses écrasées). Leur eau va interrompre la cuisson et liquéfier les sucs dans le fond. Puis ajouter les haricots. Verser de l'eau afin de recouvrir tout juste les haricots. Saler au gros sel (deux cuillères à café environ mais si vous avez peur une seule et vous rectifierez plus tard). Ajouter une bonne pincée de bicarbonate de soude (c'est pour casser le deuxième cliché). Couvrir et laisser cuire à feu doux une bonne demi-heure.
Puis ôtez, le couvercle et goûtez. Rectifiez l'assaisonnement par petites touches jusqu'à ce qu'il soit presque parfait mais pas complètement car la fin de la cuisson va se faire sans couvercle pour que l'eau s'évapore. La sauce va donc se concentrer. Poivrez plutôt copieusement.

Laissez cuire encore le temps nécessaire pour que les haricots soient fondants (faut goûter). Surveillez. Si vous sentez que cela risque d’accrocher, remettez deux cuillères à soupe d'eau. Mais il faut qu'à la fin, la sauce se soit un peu épaissie. Ni collante et épaisse, ni liquide : onctueuse. Vérifiez une dernière fois, l'assaisonnement.

Partagez le plaisir.

Bon sinon, les fovéoles, c'est pas du tout ça, en réalité.
Si par hasard, certains d'entre vous venaient à passer par chez moi goûter des fayots, pensez à vérifier que j'ai pas confondu avec les fovéoles. Parce que c'est un organe de criquets. C'est plein de protéines mais tout de même...  J'ai beau avoir le nez enfoncé jusqu'au cou dans le monde des criquets, en ce moment et être un peu étourdi, tout le temps, vous vous fâcheriez.

Le dessin ci-dessous devrait vous aider à savoir de quoi il s'agit. Une cocotte de fovéoles au premier qui trouve ?

Guillaume.




lundi 24 février 2014

Les tritons, c'est maintenant !

Aussi méconnus que fascinants, fantasmagoriques, l'imaginaire les transfigure en créatures lointaines et gigantesques. Mais quand les dragons miniatures sont déposés, chétifs et intimidés, dans le creux de la main, l’attendrissement, l'émotion et la magie désarment les plus endurcis. Symboles d'une humanité surpuissante face à une nature fragile.


La palme de la trognonitude (Mais si, voyons ! La trop mignonitude !!) revient au couple suivant :
- Triton palmé (Lissotriton helveticus),
- Triton ponctué (Lissotriton vulgaris).

Mesurant le plus souvent moins de 10 cm de long, ces deux espèces sidèrent par leur si petite taille qui les rend finalement adorables. Si un œil averti distinguera rapidement les mâles, les femelles sont plus difficiles à différencier. Il y a les critères habituels de coloration faciles à trouver un peu partout : les tâches sous le ventre et la gorge varient beaucoup allant de ponctuations nettes à des décolorations.

Vous pouvez préférer la présence de 2 tubercules orange clair au revers des pattes postérieures. Ils sont petits (une loupe peut être utile) mais quand on les a vus une fois, on les revoit facilement. Leur présence caractérise avec efficacité les femelles de Triton palmé. Leur absence (ou un seul tubercule peu marqué et pas vraiment coloré) et c'est la femelle de Triton ponctué.



Ces bêtes sont déjà parties à l'assaut des mares avec l'hiver très doux et pluvieux que nous connaissons cette année. L'idéal pour les voir est une excursion nocturne.

A la rencontre des dragons, de nuit, ça, c'est l'aventure !

Guillaume

PS : si cela peut servir, sachez que cette image est libre de droits.



mardi 1 octobre 2013

Les choses vraies - épisode 7

Lien vers l'épisode précédent

Enfin ! Nous y voilà :
La Sierra de la Culebra, autrement dit le "massif de la Couleuvre". Bien sûr, ce n'est pas la couleuvre que nous sommes venus traquer (voir les épisodes précédents). Le site est connu pour abriter une bonne population de loups. Ce n'est pas vraiment la période idéale pour les observer, mais nous sommes malgré tout emplis d'espoir.

Nous nous sommes installés en début de soirée. Nous formons une belle ligne sur un versant de colline et nous avons sorti longues-vues et jumelles pour scruter la plaine qui s'étire devant nous sur des kilomètres.


C'est parti. Une dizaine de paires d'yeux balaient le site en simultané. Chaque mouvement nous fait tressauter, espérer... Ici, un renard tout absorbé par les petits mouvements de l'herbe. Là, un oiseau qui rentre se coucher après une dure journée. Là encore, un chevreuil qui hume le vent d'un air inquiet. Tout au fond, un chat en maraude.

Quand tout à coup... Il est là : un long hurlement se fait entendre. Un autre suit, puis des jappements ! Le concert dure quelques secondes pendant lesquelles nous restons pétrifiés, extatiques. Le son s'arrête. Il est près de 21h30. Nous nous regardons tous, les yeux brillants, un sourire béat sur le visage.
On ne le voit pas mais il est là, sous nos yeux, dans cette plaine, caché dans un bosquet d'arbres, dans des fourrés. Il est là, à seulement quelques kilomètres !

La nuit tombe doucement. Nous restons encore quelques minutes, jusqu'à ce que nos yeux n'y voient plus goutte, le temps d'observer une famille de sangliers en pique-nique.


Il est désormais temps de lever le camp. Nous rangeons notre matériel optique et nous nous promettons de revenir le lendemain à l'aube...



Les dessins originaux, tirés du carnet de croquis


mercredi 31 juillet 2013

Les choses vraies - épisode 6

Dans le dernier article de la série "les choses vraies", qui relate mon voyage naturaliste en Espagne, j'évoquais le sublime et discret faucon kobez.
J'ai découvert la bête au plumage gris bleuté et aux yeux de braise à cette occasion et je ne pouvais pas en parler sans lui dédier un croquis...
Faucon kobez (Falco vespertinus). Photo : Ivan L.

A présent, procédons à un zoom arrière pour embrasser une vue d'ensemble des lagunes de Villafàfila. Régalons-nous de cet espace peu anthropisé (seuls quelques moutons et leur berger y poussent par-ci par-là) abritant toutes les ressources nécessaires au gîte et au couvert d'innombrables espèces d'oiseaux d'eau tels qu'avocettes, échasses, courlis, chevaliers, sternes, canards divers et variés... Ils se pavanent, se dandinent, ondulent, dérivent tels des badauds faisant leur marché, rien que pour le plaisir de nos yeux émerveillés. Nous y passerons plusieurs jours avant de gagner le site de la Sierra de la Culebra où nous attend le loup !


Le dessin original issu du carnet de croquis.

Mais pour l'heure, je crois que je vais m'arrêter sur ces images afin de ménager encore un peu le suspense !

samedi 29 juin 2013

Les choses vraies - épisode 4

Souvenez vous : nous sommes en Espagne, c'est le printemps et nous sommes sur la piste de nos plus grands carnivores européens : l'ours et le loup.
Après une traque humide et froide, mais ô combien récompensée, nous venons d'apercevoir le premier.
Les yeux emplis d'étoiles et le cœur léger, nous reprenons notre route afin de nous diriger sur le "spot" à loups espagnol : la Sierra de la Culebra.
Cependant, je suis accompagné d'insatiables ornithologues et notre chemin est ponctué de haltes au cours desquelles on déballe jumelles, longues-vues, et copieux casse-croûtes à base de jambon et de saucisson espagnol.

Première pause : nous avons quitté la montagne, et pour la première fois depuis notre arrivée, il fait beau. Voici enfin une occasion de sortir carnet et crayon du fond de mon sac pour un crobard en direct live !

Passage au dessus du Rio Esla, en direction de Villafàfila

La version en couleur

Quelques minutes plus tard, nous remontons en voiture et nous prenons la direction des Lagunes de Villafàfila, haut-lieu ornithologique où nous espérons croiser de splendides volatiles.
Serons-nous récompensés ? Vous le saurez sans doute, si vous repassez sur ce blog d'ici quelques jours.

mardi 21 mai 2013

Les choses vraies


Le dessin d'aujourd'hui possède une longue histoire, et celle-ci s'est déroulée en plusieurs étapes.
La vue que vous avez devant les yeux date d'environ un an. A ce moment, j'ai rejoint un vieil ami (je veux dire un ami de longue date, et non pas un ami âgé ;) dans les Pyrénées où nous avons passé trois jours à pister les ours bruns français.
Même si l'on n'a vu que des indices de présence, je garde un souvenir émerveillé de ces trois jours durant lesquels j'ai éprouvé un sentiment de totale liberté, chose qui ne m'était pas arrivée depuis des années. Imaginez-vous : un espace infiniment grand, cerné de montagnes grandioses. Aucune contrainte horaire autre que celle de manger quand vient la faim, de dormir lorsque la nuit tombe. Et surtout, l'impression d'avoir du temps à ne plus savoir qu'en faire. Le sentiment de renouer avec l'essentiel, avec ce qu'ont pu vivre nos aïeux. Pas de superflu, pas d'électricité, pas d'eau courante en dehors de celle de la source qui coule derrière la minuscule cabane de berger que vous apercevez au milieu de l'image, pas de réseau téléphonique, pas de messagerie électronique ! Juste des activités vraies, vitales : manger, dormir, marcher, rêver, partager, et l'impression d'un temps bien utilisé, le sentiment d'appartenir à un univers aux rouages millénaires bien huilés.

A ce stade de mon récit, vous souriez peut-être de me voir vanter avec nostalgie la simplicité de la vie tout en rédigeant un article pour un blog sur internet ! Mais c'est là qu'intervient la deuxième étape de cette histoire. En septembre dernier, j'ai assisté à une conférence de Pierre Rabhi, un agriculteur-penseur reconnu pour ses positions en faveur d'une agriculture humaniste et plus respectueuse de l'environnement. Cette conférence abordait la notion de "sobriété heureuse", de dénuement, de simplicité, ce qui a évidemment fait résonner en moi les souvenirs de mon voyage pyrénéen. A cet instant, j'avoue que j'ai un peu culpabilisé d'être aussi dépendant d'internet dans ma vie de tous les jours... jusqu'au moment où Pierre Rabhi nous a raconté qu'il ne lui semblait pas pertinent de dénoncer en bloc le progrès et les écrans, parce que ceux-ci pouvaient être mobilisés pour se rebeller contre un système trop inégalitaire, ou encore pour faire découvrir au plus grand nombre la beauté de notre monde. Et je crois qu'en effet, c'est bien ce que Guillaume et moi essayons de faire avec ce blog.

Me voilà donc réconcilié avec internet et je peux donc vous conter la dernière étape de mon histoire, celle qui a abouti au dessin d'aujourd'hui. Je reviens d'une semaine de vacances en Espagne avec une bande de potes, semaine au cours de laquelle :
- nous avons pu voir des ours en vrai,
- nous avons entendu une meute de loups pour de vrai,
- j'ai à nouveau pris le temps d'apprécier des choses devant lesquelles je passe le plus souvent à toute vitesse : des paysages simples ou sublimes, des instants de partage, des bons repas... Bref, des choses vraies. Et cette fois-ci, j'ai aussi pris le temps de les dessiner.

Le dessin qui illustre cet article est donc le premier d'une petite série, qui je l'espère, me permettra de vous transmettre une partie de la magie que je ressens lorsque je quitte notre monde de fous pour retourner dans le vrai monde !

A très bientôt !

jeudi 14 février 2013

Et pour quelques gros-becs de plus...

Esquisses de préparation - Grosbecs casse-noyaux
On se demande toujours si l'esquisse n'est pas plus intéressante que la peinture soi-disant finie. Je me demande aussi...
En tous cas, voilà de quoi admirer encore un peu le gros bec de ce superbe oiseau, briseur de graines devant l'éternel (enfin, je me comprends !). Bec dans lequel il ne doit pas faire bon glisser un doigt.

Guillaume.

jeudi 22 novembre 2012

Lierre mélomane...



Le groupe Kiss lui doit tout !!

Je l'entends toujours...

Durant les années 80, le heavy-métal,  nuance très (trop ?) subtile du hard-rock, va se vautrer dans une grotesque orgie de mauvais goût et presque jeter le discrédit sur un courant musical qui avait pourtant engendré des groupes de légende : Led Zeppelin, AC/DC, Deep Purple, Black Sabbath, Blue Oyster Cult, etc.

A l'image du son tout à la fois super-pompier, boursoufflé, artificiel et archi-toc, les guitar-héros moulés dans des combinaisons de strip-teaseuses aux couleurs criardes, affublés de gigantesques tignasses permanentées gaspillent une technique guitaristique affolante dans des compositions en dessous de tout.
Tout n'est qu’esbroufe et spectacle grand-guignolesque, les poses lascives et provocantes tenant lieu de chorégraphie. Le tout baigné dans une débauche technique et une escalade aux décibels absurde.

Cette agression esthétique couplée à l'utilisation généralisée du baladeur (et surtout du casque) au cours de mon enfance aurait bien pu venir à bout de mes tympans.

Je remercie mes oreilles de fonctionner encore correctement. Grâce à elles, je profite toujours des prodiges d'un petit artiste, lui aussi adepte de la virtuosité technique. Le Roitelet triple-bandeau, Regulus ignicapilla, émet un chant vraiment typique avec son crescendo véloce dans le sur-aigu. Je concède qu'il n'est pas fanatique des variations et digressions de certaines cousines (Alouette des champs, Fauvettes, Rousseroles, etc.). Lui, son truc, c'est le solo roquette : droit au but, pas de gras, efficacité totale, tout à fond live.
Et au niveau de la gestuelle, quelle énergie !! Le suivre aux jumelles est exténuant. C'est bien simple, il ne tient pas en place. Surexcité, les doigts (des pattes) fichés en permanence dans la prise.
Le tout pour moins de 10 grammes et une trogne adorable de micropunk à crête fluo à faire craquer la plus glaciale des marâtres. Chapeau bas...

Les guitar-héros et leurs tifs-choucroutes peuvent aller se rhabiller.

Les chants et cris des Roitelets (il y a aussi le huppé) font d'ailleurs office de test auditif. Leurs tonalités si aigües ne sont plus perçues en cas de baisse des facultés auditives, avec l'âge notamment...

Ouf, donc, car je l'entends toujours...

Bien. Mais je voulais en venir à un autre point. Ne dois-je remercier que mes oreilles ? Non.

Il est temps de poursuivre mon entreprise de réhabilitation de la star de ce blog, par ailleurs souvent malaimée hors ces pages. J'ai nommé Hedera helix alias Mister Lierre (1).

Oui, cette plante qui ne tue ni ne parasite les arbres, crée autour des troncs un manchon feuillu protecteur pour de nombreuses espèces animales. Le feuillage persistant assure une régulation thermique roborative aussi bien en été qu'en hiver. Des arthropodes aux oiseaux en passant par les mammifères, ça grouille de vie, là-dedans. Quant à notre Roitelet triple-bandeau, qui y trouve le gîte et le couvert, le lierre est même une condition essentielle de sa survie en hiver.

Concernant les oiseaux qui bénéficient de l'hospitalité du lierre, il serait d'ailleurs vain de vouloir en établir une liste exhaustive tant elle serait longue. Mais comme je suis très prétentieux, je vais tout de même la démarrer (à vous de la compléter dans les commentaires. Mais non, vous n'êtes pas prétentieux !) : les merles et les grives musicienne, litorne, draine, mauvis, qui se nourrissent en hiver des baies comme les pigeons ramier et colombin, la fauvette à tête noire, l'aigle botté qui adore les arbres à lierre pour nicher. Les grimpereaux et la sittelle qui chassent à proximité, les moineaux qui s'y cachent, etc.

Et encore un dernier, réponse à l'énigme du deuxième article sur le lierre : le Troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes). Dans le genre guitar-héro surexcité, record battu ! Là encore, pour moins de 10 grammes, nous tenons là une série de rafales, que dis-je, une explosion de notes enchaînées avec des ruptures mélodiques aussi brutales qu'acrobatiques. Et vas-y que je trépigne et que je maltraite mes cordes vocales (euh, ma syrinx en fait). Un solo balancé avec une puissance sonore phénoménale et les pattes traversant l'accélérateur.

Bon, après, si vous préférez l'analogie avec Niccolò Paganini, elle marche aussi...


Le Lierre est donc un mélomane qui favorise l'avifaune chantante en général.
Si vous ne l'épargnez pas pour la Nature, faites le pour la musique !


Guillaume

(1) Les articles concernant le Lierre sont les plus lus du blog, à notre grande surprise, Olivier et moi. Apparemment, la plante occupe l'esprit des hommes.

Les articles sur le Lierre
1- Le Lierre est une plante très utile.
2- Le Lierre n'est pas une plante parasite et s'avère encore plus utile que prévu.
3- Les autres lianes et le romantisme du Lierre.
4- Le Lierre riche en nectar... en novembre !

PS : Merci et bravo à Messieurs A. Audevard et J. Fouarge dont les photos trouvées sur le Net m'ont inspiré pour réaliser ces desssins.

lundi 27 février 2012

Gros pif amphibie.

Croquis...
La bête est méconnue. Elle est assez peu fréquente, souvent localisée même si un manque de prospection conduit peut-être à une sous-estimation de ses effectifs.
En tous cas, c'est une bestiole dont les populations méritent une attention particulière.

Ses milieux de vie sont assez variés mais elle préfère tout de même ceux qui sont ouverts.
Elle est globalement plus fréquente dans le sud de la France même si on en trouve aussi au-dessus de la Loire, comme par exemple en Ile-de-France.

Ce qui est certain, c'est que le Pélodyte ponctué (Pelodytes punctatus) est une charmante petite créature.
La première fois que je l'ai vue, sa tronche impayable à gros pif, digne de Gaston Lagaffe ou d'Achille Talon m'a amusé et attendri. Sa pupille présente une larme, à l'envers, comme si elle ne coulait pas. Ce doit être un message d'espoir, non?
L'envie d'en faire le portrait voire de le caricaturer m'a tout de suite saisi. Je ne suis pas vraiment satisfait du résultat mais enfin mon collègue spécialiste en herpétologie a reconnu de suite le Pélodyte sur chacun de ces croquis.
En plus, la saison des amphibiens débute. Alors, vous y avez droit...

Guillaume

Caricature 1





Caricature 2
 

vendredi 4 novembre 2011

Piafs : pour quelques bouquins de plus...

Fuligule milouin -croquis de terrain - 27-10-2011 - Comparaison radicalement impossible avec une aquarelle de Lars Jonsson.
Il manquait assurément quelque chose à l'article nostalgique sur l’ornithologie : quelques références. Mais bon, on sait comment ça se passe, si l'article dépasse trop en dessous de l'écran du moniteur, on se dit qu'on le lira un peu plus tard... Et là, certains n'y seraient pas revenus car il était déjà bien (trop?) long.
Alors voilà, on vous le découpe en morceaux plus digestes...

N'étant pas un pro de l'ornithologie, mes choix pourront surement être critiqués et c'est tant mieux. J'invite les volontaires à écrire des commentaires!

Bref, le meilleur guide pour la reconnaissance des oiseaux est, à mon avis, "le guide ornitho". Oui, il se nomme ainsi. Il est le plus complet grâce aux nombreux dessins (c'est mieux que les photos) des différents plumages (nuptiaux, immatures, femelles, internuptiaux, juvéniles, etc.) quand c'est nécessaire (laridés, limicoles, anatidés, etc.). Les critères discriminants sont indiqués par des flèches annotées directement sur les dessins (pratique et pas souvent le cas dans les autres guides). Il y a même des pages de dessins d'hybrides de fuligules pour les acharnés... Si, si. Les dessins sont précis, le nombre des espèces exhaustif sauf bien sûr, si vous faites partie des pros qui recherchent les oiseaux perdus d'Amérique du nord à Ouessant (mais bon, pour ceux-là, mon article est obsolète !).
Pourtant, le livre reste compact comme un vrai guide de terrain. Les auteurs : Lars Svensson , Killian Mullarney , Dan Zetterstrom , Guilhem Lesaffre , Benoît Paepegaey . Il existe aussi dans une magnifique version légèrement augmentée en grand format. Il est édité par Delachaux et Niestlé.

Quant au plus beau selon moi, si vous avez lu l'article précédent, vous savez : encore un Lars...

Concernant les chants d'oiseaux, je recommande pour débuter (et même plus) le livre suivant accompagné de deux CD (180 espèces, c'est déjà pas mal), toujours aux éditions Delachaux et Niestlé : "Guide des chants d'oiseaux d'Europe Occidentale". Une page est consacrée à chaque espèce avec les risques de confusion, un sonogramme, le milieu le plus probable, etc. Une introduction générale sur l'écoute des chants et même une clé de détermination simple sont proposées. Quand ce bouquin et ses disques n'auront plus de secrets pour vous, je vous garantis que peu d'oreilles d'ornithologues seront meilleures que vous.

Pour celles et ceux qui voudraient encore approfondir, il y a aussi les enregistrements de Jean Roché, "Tous les oiseaux d'Europe" en 4 CD auxquels je faisais référence. Il n'y a que les CD avec une ou deux lignes par espèce dans les jaquettes. C'est le plus complet concernant les espèces mais il reste un peu austère. C'est tout de même un classique.

Enfin, pour vous achever et faire de vous un vrai pro, il faudra jeter un oeil sur ce dernier bouquin :
"Guide des traces et indices des oiseaux" par R Brown (Auteur), John Ferguson (Auteur), M Lawrence (Auteur), David Lees (Auteur), encore chez Delachaux et Niestlé. Il présente des dessins de plumes, de coquilles d’œufs, de crânes, etc. Très souvent utile, même si on l'a rarement sur soi au bon moment !

Il reste encore pas mal de livres fantastiques à acquérir (et surtout potasser !) sur des groupes tels que les limicoles, les passereaux, les pies grièches, les rapaces (etc.), des auteurs comme Géroudet à lire, etc. Mais on va encore me dire que c'est trop long.

Allez, c'est déjà pas mal. Au boulot maintenant ! A vous de découvrir la biodiversité ornithologique.

Guillaume

dimanche 26 juin 2011

Le blog consacré à Broadway !

Si cela vous fait penser à du liquide dégraissant, lisez-donc la suite avant de faire votre vaisselle avec...


Voici, en exclusivité mondiale, un extrait de la future pièce de théâtre narrant l'épopée de notre blog qui se jouera à Broadway en septembre prochain. Grandeur mais aussi petits travers quotidiens : le scénario n'élude pas les vicissitudes liées à la vie du blog.
En effet, la co-conception exige une bonne entente et nécessite d'être sur la même longueur d'onde. Mais si vous croyez que tout roule entre nous, sachez que nous connaissons aussi les affres de la scène de ménage. L'extrait suivant, bientôt culte, relate donc l'une de ces disputes.

ACTE 2, scène 4 :
Guillaume, exaspéré : Quels goujats ! Non mais sans blagues ! Ah non mais j'y crois pas !
On se décarcasse pour eux et tout ce qu'ils trouvent à faire c'est de se planquer dans les branches pour vous cracher dessus ! Bande d'archicuistres !


Olivier, paternel : Boh, tu sais, c'est normal... Les enfants cherchent régulièrement à tester les limites ! Ce sont des phases qui passent comme elles sont arrivées. Te bile pas !

Guillaume, remonté : Quoi ? Non, je ne parle pas de nos enfants mais des Cercopes. Tu sais, ces bestioles ressemblant à un croisement miniaturisé de coccinelle et cigale aux couleurs diaboliques! Tu vas vite constater l'incapacité de nos propres petits diables de chérubins à rivaliser dans l'art de susciter des regards torves.

Olivier, surpris : Holà ! Je te trouve bien remonté ! Qu'ont-ils donc fait de si grave ?

Guillaume, rageur : Ce sont des ingrats ! Comment vais-je pouvoir les défendre auprès du grand public, maintenant ? Ils sabrent tout notre boulot ! On rame pour réhabiliter la cause des insectes, on rédige avec assiduité un blog qui leur fait la part belle et voilà comment certains nous remercient !
Ça commence bien : les Cercopes se nourrissent en suçant la sève de nombreux végétaux sauvages ! Ils sont fréquents sur les saules et osiers.


Olivier, rassurant : Oui mais ce n'est pas grave. Nous savons tous les deux que la plupart s'en accommode sans soucis. Les plus vieux saules nourrissant largement 250 autres espèces d'arthropodes pour la plus grande joie de prédateurs tels que les oiseaux.

Guillaume, gêné aux entournures : Oui, c'est vrai ! Mais regarde un peu ces couleurs ! Les fourbes veulent surement se faire passer pour des créatures toxiques !



Olivier, inquisiteur : Eh ! Attention ! Et la présomption d'innocence ! Tu ferais pas un délit de sale tronche, là ?
Il est peut-être vraiment toxique et le signaler serait un moyen de se défendre en affichant le danger de façon franche et honnête.

Guillaume, déstabilisé : Mouais, bon, soit ! Il a quand même pris soin de se doter de fortes capacités à sauter pour fuir au moindre dérangement. (Avec emphase !) Quel courage !
Fuir. C'est d'ailleurs bien ce qu'il fait devant ses responsabilités parentales. Il abandonne carrément ses enfants. Tu trouves ça bien ? Les insectes sociaux s'occupent bien de leurs larves. Même les araignées fabriquent des cocons pour leur progéniture et vont jusqu'à les trimballer avec elles.

Olivier, philosophe : qu'ont à faire les notions de bien ou de mal dans la nature ? Tu sais bien que la plupart des arthropodes agissent ainsi. Ils adoptent une stratégie qui joue sur le nombre important d'individus pondus, voilà tout !

Guillaume, surjouant l'émotion : Oui mais tout de même ! Les larves, elles, sont incapables de sauter et auraient pu se retrouver sans défense ! (Reprenant un ton péremptoire) Loin de moi l'idée de les absoudre cependant ! Car elles mettent en œuvre, pour se protéger, un procédé confinant au grotesque ! En effet, pour se mettre à l'abri des regards, elles fabriquent une mousse très spéciale.

Olivier, curieux : Ah ? Et de quel genre ?

Guillaume, pudibond : Ah, je n'ose le dire ! C'est répugnant ! Figure-toi qu'elles se laissent aller aux flatulences les plus intenses et abjectes pour faire mousser leurs déjections. Il en résulte cette émulsion dans laquelle elles se cachent pour siroter la sève des arbres. (Outré) Et c'est cela qui me goutte dessus lorsque, ces derniers temps, je fais des photos pour le blog !

Olivier, s'esclaffant : Mais Guillaume, ces déjections n'ont rien à voir avec ce que tu imagines ! (Docte) Rappelle-toi le miellat. Il s'agit des excréments sucrés produits par les pucerons. Les fourmis le récoltent ainsi que les abeilles qui l'intègrent même au miel.

Guillaume, désemparé : D'accord mais alors pourquoi les Cercopes n'assument-ils pas leur comportement ? En nommant la mousse "crachat de Coucou", ils désignent le coupable idéal, bien connu pour ses mœurs de parasite déjà pas très reluisantes. C'est trop facile ! Je te ressors la présomption d'innocence !

Le metteur en scène, consterné : STOP ! Guillaume, ton numéro d'avocat du diable anthropomorphique ne convainc personne. L'argumentation est affligeante, réécris-moi ce texte ! Tu retournes bosser l'affaire et on la refait dans une heure. Allez, on enchaîne ! PFF ! Y'a du boulot, mes amis !



PS : Vente exclusive de places en avant-première !
Tarifs préférentiels pour la première représentation à New York:
Places standards : 45 dollars
Premiers rangs : 75 dollars
Loges :  115 dollars

Envoyez vos chèques à :
Guillaume et Olivier
3° sauge derrière la fourmilière
Parcelle aux orobanches et salsifis sauvages
15 sentier du gros chêne pourri aux capricornes
33,5 190 Bourg-les-Belles-Scabieuses

PPS : Dernière minute ! Olivier me prévient que Dark Maul, dont il a tiré le portrait ci-après, aurait collé un procès au Cercope. Il accuse la sale bête de lui avoir volé sont style. Bien fait !

mardi 25 janvier 2011

C'est arrivé près de chez vous...




J'ai photographié cette guêpe de la famille des chrysides sur une autre ombellifère que la berce, la tout aussi commune carotte sauvage. S'agit-il d'une des plus jolies guêpes de France? Vue sa livrée arc-en-ciel, la question est légitimement posée.

Compte tenu de la ressemblance des deux plantes, j'aurais pu tricher un tantinet, céder à la tentation et l'intégrer à la série sur les berces pour l'enrichir. Ainsi j'aurais perfidement détourné à mon profit le capital de sympathie qu'une aussi charmante bestiole dégage afin d'achever de vous convaincre que décidément, oui, c'était fait avéré : les berces étaient vraiment des plantes fabuleuses.
Vous alliez les semer et les laisser pousser dans vos jardins et convaincre encore le maire et les services techniques d'en faire autant sur les plates-bandes communales puis organiser des sorties nature dans la cour de l'école pour observer les guêpes sur les ombelles... Ne riez pas ! J'en connais dont c'est le boulot quotidien. J'ai les noms mais ne comptez pas sur moi pour les dénoncer !

Mais un petit mensonge reste un mensonge ! Et point de cela ici.
Toutefois, il est vrai qu'elle aurait très bien pu être observée sur une berce. Mais non, ce jour-là, Madame n'a pas daigné. Ou je n'ai pas été au rendez-vous quand le fait s'est éventuellement produit.

Il ne me reste plus qu'à commencer une série sur les carottes sauvages, très attractives. Puis une autre sur la foule des butineurs de chardons (plantes éminemment riches en nectar fort appréciées des abeilles). Sans oublier les bourdons sur les vipérines, les papillons sur les scabieuses, etc. Y a de quoi faire, sans aucun doute !

Bref, revenons-en à notre guêpe, notre chryside superbe, en habit céleste. Sous ses airs de star de la mode charmeuse et ensorcelante de beauté se cache une perfide créature. Ne nous y fions pas ! La fainéante ne daigne pas (décidément !) élever ses petits elle-même. La mère indigne va rechercher les nids de certaines abeilles ou guêpes solitaires (par exemple, ici, les guêpes du genre Oedynerus pour les passionnés), attendre qu'elles aillent quérir pitance, délaissant alors leur édifice de terre, pour s'y introduire subrepticement.
Et là, c'est le drame. Via un procédé fourbement ourdi, certes dicté par ce qui lui reste d'instinct maternel, la chryside pique la larve présente pour y pondre son œuf. La malheureuse Oedynerus nourrira désormais à son insu, une autre larve, parasite, qui dévorera vivante la sienne.

L'interruption suivante est indépendante de notre volonté. Le Comité Officiel des Scientifiques Annihilateurs de Controverses (COSAC) tient à préciser ceci : "en délaissant ces sentiments anthropomorphiques n'ayant d'autre but que de vous faire maladroitement sourire, il faut considérer que les parasites jouent un important rôle régulateur. La chryside n'a donc pas d'effets négatifs sur son écosystème, bien au contraire !"

Hum ! Mmmhm ! Merci, tout puissant et vénéré COSAC !

Fin de la parenthèse. Je reprends.
Voici, maintenant, une reconstitution de l'horrible forfait. Bien entendu, les images violentes pouvant heurter la sensibilité des personnes les plus fragiles ont été retirées de cette publication. Pas de "nature-réalité" ici.

Voici notre brave et honnête femelle d'Oedynerus s'échinant à la tâche, mère consciencieuse et minutieuse en train d'élaborer un fier tube de terre pour accéder glorieusement à la chambre de sa progéniture. Elle va jusqu'à offrir sa salive pour amalgamer la terre constituant l'édifice.




A quelques décimètres de là, la chryside attend son heure, froidement et implacablement.




Hélas, l'occasion ne survient que trop tôt! Mère courage s'est déjà absentée, non pour abandonner sa tâche mais pour quérir quelque indispensable matériau !



Sans tarder, l'odieuse criminelle pénètre dans la chambre larvaire sans rencontrer d'obstacles. Je tairai alors la scène qui suit par égard pour les lecteurs tant elle pourrait choquer les âmes sensibles.



Vous croyez que cela se passe toujours chez les autres, n'est ce pas? Et bien regardez un peu ce beau terrain de chasse...



L'interruption suivante est indépendante de notre volonté.
Le COSAC tient à préciser ceci : "le COSAC ne cautionne pas le ton sentimentaliste adopté par le rédacteur pouvant laisser croire à de mauvaises intentions de la part d'insectes agissant dans le but d'assurer légitimement leur reproduction.
Par ailleurs, il dénonce l'hypocrisie du rédacteur qui prétend ne pas faire de "nature-réalité" alors même qu'il tente par des effets de dramatisation outrancières d'exacerber les émotions du lecteur. Ce ne sont pa
s là des procédés scientifiques et convenables à la hauteur des aspirations de sensibilisation et d'information affichées par ce blog."

Aïe! Pas sur la tête ! Certes, certes, vous n'avez que trop raison, savantissime COSAC ! Je suis indigne, je suis infâme !

Pfff! Si on peut plus rigoler...

Aïe ! Mais AIEUH !

dimanche 2 janvier 2011

Libergot ou escarbellule?


Mon petit garçon a choisi escarbellule... et vous?
Personnellement, je déconseillerai le médicamenteux escargellule...
On attend vos propositions via les commentaires...

Pour les curieux, il s'agit d'un agrion, une famille de petites libellules : les demoiselles. L'écartement entre les extrémités de ses yeux, vus de face, atteint à peine 3 mm... L'insecte mesure environ 35 mm de long et se pare d'une robe d'ensemble bleutée parsemée de dessins noirs.

Pour briller en société, sachez que l'on "confond" souvent deux termes : odonates et libellules.
Si l'on veut être rigoureux : l'ordre des odonates regroupe deux sous-ordres en Europe.

1. Les zygoptères ("demoiselles") souvent grêles dont les ailes sont toutes rassemblées au dessus du corps et de forme semblable. Les yeux sont aussi nettement séparés. On y trouve différents groupes tels que demoiselles vraies, lestes, agrions, etc.

2. Les anisoptères (dont les "libellules vraies" d'où confusion d'une partie pour le tout), souvent de bonne taille, étalant leurs ailes à plat au repos, en croix. Ailes avant et arrière sont souvent différentes. De plus, à l'exception du groupe des gomphes, les yeux se touchent. Quelques groupes de ce sous-ordre : cordulégastres, aeschnidés, libellules vraies, gomphes, cordulies, etc.

Voilà pour les détails taxonomiques (de classification).

Enfin à l'occasion de ce premier article de l'année, c'est avec plaisir que nous nous plierons à la tradition des vœux.
Nous vous souhaitons une très bonne année 2011 à tous !!

Mais surtout, merci à vous tous, les lecteurs de France, Belgique, Nigéria, Suisse, Ukraine, Canada, Chine, Algérie, Allemagne, Etats-Unis, Croatie, Russie, Tunisie, Maroc, Espagne et de quelques autres pays (que nous ne pouvons plus citer faute de statistiques assez précises) pour votre fidélité ! N'hésitez pas à nous critiquer, nous encourager et nous faire connaître si cela vous plaît.

vendredi 29 octobre 2010

Auprès de ma Berce, qu'il fait bon, fait bon, fait bon... 4ème



Sur mes chères berces, je n'ai pas photographié (ou parfois mal) tout ce que j'ai pu voir. La sélection des fantastiques créatures ne sera jamais exhaustive mais peu importe après tout.

Voici pour l'instant un représentant d'une famille de guêpe, les Sphecidae, qui ont des mœurs pour le moins radicales ! Les adultes capturent des insectes (souvent des orthoptères et des chenilles de papillons) mais aussi des araignées qu'ils paralysent. Les infortunées proies sont ensuite introduites dans un nid dont les formes sont des plus diverses : terrier creusé dans un sol de sable ou de terre battue, nid confectionné à l'aide de brindilles, petites urnes de terre mélangée à de la salive, etc. Des œufs sont pondus dans les proies ; les larves qui en sortent les dévoreront encore vivantes à l'abri, dans le refuge conçu par leurs parents. Ces derniers se nourrissent quant à eux souvent sur les fleurs en y sirotant le nectar.
La bestiole du jour se nomme plus précisément Isodontia mexicana.
Sa spécialité semble être les orthoptères et son nid est constitué de brindilles agencées dans des failles et anfractuosités allongées. Cette espèce exotique provient d'Amérique et se propage petit à petit dans toute la France. Elle se distingue par sa livrée entièrement noire alors que la plupart de ses cousines autochtones allient le rouge et le noir. Sa taille est assez remarquable puisqu'elle doit bien approcher les 3 cm de long.
Elle s'adapte visiblement à de nombreux milieux et on peut la rencontrer dans les jardins. On ne sait pas si elle posera les graves problèmes de certaines autres espèces envahissantes (souvent qualifiées d'invasives) animales ou végétales. De toutes façons, il est probablement trop tard pour entreprendre quoi que ce soit contre elle et il faut bien avouer que la voir promener son impressionnante carcasse sur les ombellifères est un spectacle fascinant.


PS: Je continue à vous recommander très chaudement le numéro 84 de la célèbre revue naturaliste La Hulotte, intitulé "Frissons d'ombelles" qui m'a donné envie d'observer la faune des berces.



lundi 18 octobre 2010

Auprès de ma Berce, qu'il fait bon, fait bon, fait bon... 3ème partie.

ACTE I, SCENE I:

Le rédacteur sentencieux : « La vie sur les Berces n'est pas un long fleuve tranquille et la mort se tapit souvent en embuscade parmi leurs blanches fleurs à la pureté cruellement trompeuse. Loin de chercher les sombres recoins, les voiles d’ombres portées déroutantes, elle frappe au grand jour, par une implacable attaque puissamment illuminée, n’épargnant aucun détail. Son nom : Thomise ! »

Le lecteur s’esclaffant : « Hein ? Quoi ? Denise ? Mais quel nom ridicule ! La mort s’appelle Denise ! Je suffoque de rire ! ».

Le rédacteur consterné : « Mais non ! Thomise ! Avec un T, un H, un O et un M ! C’est beaucoup plus effrayant ! C’est une araignée crabe qui capture des proies parfois beaucoup grosses qu’elle : guêpes, abeilles, coléoptères, tout y passe ! Son efficacité est surprenante ! Mais bon, là, l’effet est retombé comme un soufflet ! Magnifique ! Merci ! Espérons au moins que les gens auront moins peur de ces pauvres araignées si utiles pour réguler les populations d’arthropodes.»

Le lecteur perplexe : « Mouais, bof…De toutes les façons, les araignées ne sont pas réputées pour être des reines de beauté, difficile de les apprécier malgré les services rendus ».

Le rédacteur remonté : « Que nenni ! Certaines de ces araignées sont souvent camouflées en ayant la même couleur que la fleur sur laquelle elles attendent. On en trouve ainsi des jaunes citrons, des vertes, des pas mûres, des blanches, des brunes, des blondes et même des roses. La mort en rose, cela ne vous sied-il toujours pas? »

Le lecteur songeur : « Mmmh, alors, va pour la mort en rose… »

Le rédacteur revigoré : « Bien ! Bien ! Permettez moi-donc de vous la présenter. Il me faut pour cela procéder à quelque licence. M'autorisez-vous? »

Le lecteur lassé des manières : « Certes, oui. Mais allez au fait ! »

Le rédacteur obséquieux : « Je dois pour cela faire un écart à la procédure. La créature qui nous intéresse n'est point postée sur une Berce. Mais sur un chardon ! »

Le lecteur enragé: « AH! Non, parbleu ! D'abord d'horribles araignées en costumes roses puis d'infâmes chardons ! Non mais qui voulez-vous intéresser ? Avez-vous perdu la raison ? »

Le rédacteur tourmenté : « Mais bon sang ! De quelle infamie parlez-vous? L'araignée tire sa beauté de celle de la plante, en quelque sorte. Regardez-y mieux avant de juger. Et la bête et la fleur. »




Le lecteur désarçonné : « Oh ! La belle ! Oh! Quelle élégance ! Je n'en crois pas mes yeux... »

Le rédacteur apaisé : « En effet. Mais ne vous y trompez pas. Toute guêpe de passage sera promptement paralysée et digérée. Quant à sa couleur, nulle guêpe n'a témoigné : on ne sait si elle rend la mort plus douce. »


Auprès de ma Berce, qu'il fait bon, fait bon, fait bon... 2ème

Voici présentées dans un joyeux désordre, quelques-unes de ces fameuses petites merveilles miniatures visibles sur les berces.


Gasteruption jaculator. Quel nom, mes amis !! Les larves sont des parasites de certaines abeilles solitaires et les adultes se nourrissent de nectar.

Cette gracile cousine des guêpes ne dépasse guère 15 mm.











Magritte aurait pu dire: "Ceci n'est pas une guêpe!". Ben oui, pardi ! C'est une mouche ! Enfin, l'image d'une mouche pour ne pas froisser le fameux peintre. Une image qui se prendrait pour une guêpe...

Nom: Stratiomys potamida en latin. Stratiomys potamida en français vernaculaire. Et Stratiomys potamida pour les intimes.




Voici maintenant Oedemera nobilis dont les mâles présentent la caractéristique d'avoir d'épais cuissoux, à peine insuffisants pour réaliser de décents confits. Ce petit coléoptère est très commun sur toutes sortes de fleurs. Retenir son nom vous offrira à coup sûr moult occasions de briller en société pour des efforts réduits au strict minimum. C'est un peu fourbe, certes... Mais rien ne vous empêche de le retenir pour le plaisir du partage de la découverte avec vos amis. Et nommer les êtres vivants, c'est aussi une façon de leur reconnaître une existence, une réalité. Or, il est difficile de protéger ce qu'on ne connaît pas encore. Révéler cet animal aux yeux du monde, c'est déjà faciliter sa préservation et celle des fleurs qu'il visite. A bon entendeur...



Auprès de ma Berce, qu'il fait bon, fait bon, fait bon... 1ère partie.

Ah ! La Berce. Ma chère Berce...


Plutôt qu'une simple plante à fleurs, il s'agit d'un bouillonnant complexe de pistes d'atterrissage. Un véritable aéroport à insectes et son lot d'encombrement, de frénésie, sa multitude en transit. Il n'est pas rare d'observer sur un seul de ses pieds, plus d'une dizaine d'espèces d'arthropodes (dont quelques araignées crabes) en même temps.

La diversité des bestioles y est si foisonnante que la célèbre revue "La Hulotte" a consacré un numéro spécial à cette impératrice de la biodiversité et à ses sbires arthropodes. Je vous recommande d'ailleurs très chaudement ce numéro 84, intitulé "Frissons d'ombelles".


Personnellement, au risque de passer pour un vrai taré, je confesse attendre avec impatience la floraison de la plante (qui se fait attendre : fin juin à juillet selon les saisons) pour observer cette foule de bestioles merveilleusement étranges, bizarres ou simplement magnifiques.


Comestible, alimentaire, refuge pour les insectes hivernants (par exemple, des coccinelles dans sa tige creuse), elle a aussi de quoi séduire les humains qui feraient bien d'en épargner quelques pieds dans leurs jardins si le destin a bien voulu leur offrir les conditions de sa croissance (sol riche et plutôt frais).

Les graines ci-contre de la plante se récoltent aisément et peuvent être resemées dans un sol plutôt riche
et frais.

Néanmoins et pour être parfaitement honnête, il faut préciser que la plante fraîche peut occasionner des brûlures par photosensibilisation : les parties de peau nues s’étant frottées (pas juste effleurées occasionnellement comme l’ortie) à la belle puis exposées au soleil se transforment en plaques plus (parfois sévèrement) ou moins (certains chanceux sont insensibles) douloureuses. Porter un pantalon et des manches longues suffit à s’en protéger. Quand vient le temps de la couper, si vous pratiquez le fauchage tardif en particulier, la plante sèche n’est plus guère virulente.


Dernière précision, sa cousine la Berce géante du Caucase (Heracleum mantegazzianum) est une plante considérée comme invasive (envahissante en provenance du Caucase, donc). Elle tente actuellement de reconquérir le territoire qu’elle occupait avant les glaciations. Ses blessures sont beaucoup plus dangereuses et redoutées. Elle fait souvent l’objet d’éradications.


La Berce commune (Heracleum sphondylium) est une plante bisannuelle de la famille des ombellifères, désormais appelées apiacées. Il ne sera question que de la Berce commune dans ce blog sauf précision explicite.

De futurs articles détailleront la diversité des observations possibles sur cette plante fabuleuse.