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jeudi 12 janvier 2017

Faut-il nourrir les animaux en hiver ? - 1ère partie.



Faut-il nourrir les animaux sauvages en hiver?

C'est le genre de question que l'on ne se pose plus tellement la réponse semble aller de soi. Le "oui" raflerait tous les suffrages en cas d'enquête publique.

Et pourtant, la réponse est loin d'être aussi évidente...

Sans détours, ma réponse sera un franc et direct : "mouais"... Allez, je concède un "oui" sous conditions.

Tout d'abord, pourquoi nourririons-nous les oiseaux sur notre balcon?
1) Parce qu'ils sont trop mignons tout plein et qu'il fait atrocement froid dehors et que c'est décidément trop cruel de les laisser se débrouiller seuls?
Cela me serre le cœur aussi mais (allez, je vais endosser le costume du rigoriste et inflexible scientifique) il faut savoir reconnaître avec pragmatisme que la sélection naturelle, opérée de façon certes implacable en hiver, joue un rôle écologique essentiel pour la santé des populations animales sur le long terme. Elle élimine les individus les plus faibles au cours d'une d'hécatombe dramatique (on estime parfois à 75% la mortalité chez les mésanges en hiver !) permettant aux plus résistants de transmettre leurs gènes.
De plus, les espèces venant aux mangeoires sont en majorité des espèces généralistes (certaines mésanges bleues et charbonnières, des pinsons des arbres, des merles noirs, des moineaux domestiques, etc.) par ailleurs souvent déjà aidées par l'homme et adaptées à son environnement modifié. Ce ne sont pas vraiment celles (les spécialistes, un plus grand nombre d'espèces concernées) qui ont justement besoin d'aide. Je nuancerai ci-après ce constat.

2) Pour faire de belles photographies depuis sa fenêtre?
Si cela peut servir à émerveiller les gens et à les sensibiliser, pourquoi pas, effectivement. Et pour être honnête, j'ai moi-même utilisé une photo d'un ami pour le dessin de cet article. Cela ne peut pas constituer l'argument principal même s'il ne faut pas sous-estimer son importance. Et il serait assez stupide de reprocher à quiconque de vouloir admirer des animaux sauvages dans son jardin...

3) Parce que nous sommes fautifs d'avoir détruit les environnements naturels qui permettaient la subsistance de ces oiseaux? Oui !! Et re-oui ! Voilà à mon avis, un argument convaincant. Car même certaines espèces généralistes ont du mal à se nourrir dans les environnements les plus bétonnés. Nourrir les mésanges avec des graines apparaît alors comme une compensation digne du minimum syndical. Si on en profite pour les admirer au passage, tant mieux !
Mais l'idéal serait encore de recréer les conditions de leur survie en autonomie. Replanter des espèces sauvages locales d'arbres et arbustes (faudra qu'on ponde un article là-dessus!!), laisser quelques coins en friche ou en fauche tardive, des tas de bois mort, des troncs creux, tailler des arbres en têtards, restaurer les mares, etc.
Dans ces conditions-ci, nous n'aurions presque plus besoin de nourrir les piafs!

De plus, les milieux riches et diversifiés attireront beaucoup d'autres espèces qui viendront parfois aux mangeoires. Certaines un peu plus spécialisées (chardonnerets sur les chardons et cardères, pics en présence d'arbres et de bois mort), des granivores migrateurs moins fréquents (gros-becs, pinsons du nord, tarins des aulnes, sizerins sur les bouleaux, etc.), d'autres grives (litorne, mauvis), d'autres mésanges (nonnette, boréale, huppée dessinée pour cet article).


Encore faut-il aussi que la restauration des milieux ait une certaine ampleur. Par exemple, les perdrix grises ont vu leurs effectifs s'effondrer depuis que l'agriculture industrielle s'est mise en place en détruisant les bordures enherbées, les haies et autres prairies fleuries naturelles. Elles sont actuellement nourries par les chasseurs (souvent sous des installations en taule recouvertes de branchages).
C'est un palliatif artificiel compréhensible à condition qu'il ne soit que temporaire. Il serait judicieux de replanter les haies avec des aubépines, des sureaux, des rosiers sauvages, des cornouillers, du lierre, des ronces même !
Cependant, on sait que si les surfaces restaurées sont restreintes ou isolées au milieu d'un vaste paysage d'agriculture intensive, elles vont constituer un puits à prédateurs qui auront vite détecté la profusion localisée des proies. Ainsi, les perdrix n'auront pas forcément la possibilité d'augmenter leurs effectifs de façon notable (SOURCES: "La Revue Durable", septembre/octobre 2010). Le problème s'estompe ou disparait quand les superficies de milieux favorables augmentent.

La morale de cette histoire ? Et bien, c'est que la question posée n'était pas la bonne !!
Il aurait peut-être fallu demander que faire pour que les animaux se nourrissent seuls en hiver à proximité des hommes.
Disons que pour protéger la nature en général, la restauration de milieux les plus naturels et sauvages primera toujours sur le fait de nourrir les survivants. Soigner la cause du mal plutôt que ses symptômes. Et cela ne concerne pas que les réserves naturelles mais aussi, et on le voit de plus en plus souvent, tous les espaces verts occupés par l'homme : parcs, jardins, talus et bords de routes, etc.
Cela dit, ce n'est pas demain la veille qu'une gestion des espaces verts en faveur de la biodiversité sera généralisée. Puissiez-vous faire en sorte que je me trompe !
Du coup, les mangeoires ont légitimement de beaux jours devant elles pour compenser nos puissants dégâts.


PS : à suivre dans la deuxième partie : quels animaux nourrir ? Que leur donner ?

lundi 9 janvier 2017

Faut-il nourrir les animaux en hiver ? - 3ème partie, les principes.


Dans les deux cas mentionnés dans le précédent article, vous serez amenés à nourrir la faune. Il vous faut alors retenir quelques principes :

1. Evitez le pain (ou alors exceptionnellement !). Il est particulièrement à proscrire pour les oiseaux d'eau : canards colverts, oies bernaches du Canada et cygnes tuberculés. Houlà !! Je ne vais pas me faire des amis, là ! Tout d'abord, ces trois espèces ont déjà été fortement favorisées par l'homme, chacune ayant été plus ou moins domestiquée. Elles peuvent proliférer comme les bernaches du Canada et parfois les cygnes tuberculés puis entrer en compétition avec d'autres oiseaux d'eau nécessitant, eux, une réelle protection. La question même de nourrir ces oiseaux se pose...
Mais si l'on y tient, il faut savoir que le pain qui se mouille avant ingestion a tendance à fermenter dans leur système digestif entrainant des troubles de santé (qui ne nous sont pas forcément perceptibles, la difficulté est là).
En outre et c'est alors valable pour tous les animaux, le pain apporté de façon régulière peut être comparé à une alimentation de type fast-food : tout à la fois trop riche et déséquilibrée. Pas bon pour l'espérance de vie !!

2. Préférez les graines et fruits au pain. Beaucoup d'animaux sont granivores, d'autres le sont en partie ou occasionnellement. Quoiqu'il en soit une graine renferme un cocktail énergisant mais aussi très complet et équilibré. C'est beaucoup plus sain pour les animaux à long terme.
Vous pouvez choisir des graines de céréales cultivées mais aussi et pourquoi pas, encore une fois, des graines de fleurs des champs très prisées puisque parfaitement adaptées. Amusez-vous à en récolter au fil de vos promenades resemez-en quelques unes dans les jardinières ou ailleurs.
De la même façon, des trognons de pomme, poire et bien d'autres restes de fruits seront très appréciés et légitimes. Offrez-aussi ceux qui sont un peu vieux ou gâtés. Ils ne rendront pas les animaux malades. Ces derniers adorent d'ailleurs souvent attendre que certains fruits sauvages soient devenus blets pour les consommer (cynorhodons des rosiers sauvages, nèfles, etc...).

3. Privilégiez des graines issues de l'agriculture bio si vous achetez des céréales. Puisque que les produits chimiques (appelons-les biocides !) constituent un autre facteur largement responsable de l'érosion de biodiversité en causant la mort de monceaux d'êtres vivants chaque seconde qui passe, pourquoi donc les nourririons-nous avec des graines en contenant ? Et malheureusement, le standard agricole actuel implique l'usage de biocides. En gros, si rien n'est précisé sur un emballage de graines, c'est très probablement qu'elles ont été éclaboussées de produits peu recommandables. Donc, pour être sûr de votre achat, prenez du bio.

4. Fournissez de la matière grasse. L'apport calorique du gras qui torture tant nos esprits occidentaux par ses conséquences sur nos silhouettes s'avère vital pour les animaux sauvages. Eux, ne peuvent pas se soustraire aux rigueurs du froid et il leur faut consommer beaucoup d'énergie pour maintenir leur température interne constante. Avaler un aliment aussi riche est une véritable aubaine pour eux au cœur de l'hiver.

5. Fournissez de l'eau non gelée. Là aussi, certains jours, c'est chose ardue d'en trouver dans la nature. Des animaux variés vous remercieront et viendront en profiter comme aux mangeoires laissant augurer de fameux spectacles.

6. Évitez de nourrir en été. C'est un moment de l'année où il y a des ressources en plus grande quantité et les animaux doivent en profiter pour apprendre à se nourrir de façon autonome. Leur survie en dépendra quand ils se retrouveront seuls dans la froidure et sans vous. Parce qu'ils auront pu voyager et que vous ne serez pas partout !!

7. Si vos commencez, n'arrêtez pas en hiver ! Mettez-vous à la place d'une mésange. Elle a tôt fait de s'habituer à votre cruciale pitance. Elle modifie son comportement et ses déplacements en fonction de cet apport et bâtit une stratégie de survie autour. Si par mégarde, vous oubliez d'abonder en ressources, elle s'en trouvera probablement perturbée et déroutée. Le plan B, n'existe pas toujours...
Puis, dès le début du printemps, réduisez petit à petit les apports journaliers jusqu'à les arrêter.

La solution idéale ressemble donc à une boule de graisse (beurre un peu rance ou autre matière grasse un peu passée) roulée dans des graines à proximité d'eau tiédie de temps en temps, le tout sans interruption en hiver.
Si vous êtes un passionné d'oiseaux, mieux vaut suspendre à bonne hauteur les boules dans des filets pour éviter une sur-prédation (par les chats, notamment).

Concernant la viande... Je crois qu'il y a un moment où il ne faut pas trop exagérer... Si nourrir la faune sauvage n'est qu'une solution de transition ou de complément, comme nous l'avons expliqué ci-avant, il ne semble alors pas raisonnable de donner un aliment aussi cher et dont beaucoup d'hommes manquent. Ou alors, à titre exceptionnel, des restes périmés évidemment...
De plus, cela pourrait attirer en quantité des rats qui ne sont pas du tout en voie de disparition, c'est un euphémisme. Mais faut-il en rire ou en pleurer, on constate souvent que les hérissons viennent finir les restes des croquettes dans les gamelles de chiens laissées dehors...
Mieux vaut les laisser vous débarrasser des limaces et escargots !

Moins légitime est le nourrissage des sangliers en forêt ou à la campagne. On le fait souvent pour les attirer loin des cultures (c'est du moins ce qu'on prétend) mais en hiver, cela permet à des jeunes de résister plus facilement. Cette moindre mortalité hivernale va accentuer une caractéristique utilisée pour justifier la chasse : la surpopulation. Je ne suis pas contre la chasse a priori mais dans ce cas précis, autant ne pas les nourrir ; si c'est pour mieux les tirer après...

Nourrir les animaux sauvages s'avère être une action souvent judicieuse mais qui se doit d'être réfléchie. Nul besoin de pondre un traité de 7 tomes chaque automne. Il faut juste se dire que dans certains cas, cela ne va peut-être pas de soi. Et que cela ne se fait pas n'importe comment.

Écrire un article, c'est du boulot ! Ça creuse, vous savez ? Tiens, j'me casserais bien une petite graine, moi...
Hum ! Mouais, bof... Désolé.

mardi 3 janvier 2017

Ça bouge encore.

An 2017. Le futur.
 

2 cyber-régulateurs méta-numériques proto-explorent le post-Net à la recherche de sites, de blogs oubliés. Leur objectif selon leurs termes : purger la toile de toutes les scories paléo-fantaisistes obsolètes de l'ère techno-hippie, dernière tentation arrogante et vaine d'un pan de l'humanité, désormais réduit à un quasi neuro-songe, de concilier méca-chèvre et digi-chou.

ROBERT X22 :

Hey, t'es sûr, qu'on devrait aller fouiner par là-bas ? On dit que le site est bio-hanté. Que, durant l'ère bio pré "techno-techno", les blogueurs y créaient, y louaient même, des représentations de créatures biologiques toutes plus effrayantes les unes que les autres. Pire, on parle aussi de quelques créatures imaginaires électro-cauchemardesques. T'imagines ? Des croquis faits à la main sur du paléo-papier, tout droit sortis de l'imagination de vrais bio-humains !! J'en grillerais mes supra-conducteurs de peur...

ROBERT B52 :

Oh ! Tu me brises les algorithmes ! Y a belle lurette que tout a été nettoyé. Je te parie 1 000 millions de Terabytes d'espace de stockage que le site est vide de toute paléo-vie.

ROBERT X22 :

Écoute, fais attention ! On y aurait même lu des textes foutraques, promouvant l'écologie, la protection du vivant, avec de l'humour et des dessins partout. Même des traces cyber-infinitésimales pourraient contaminer nos programmes !

ROBERT B52 :

Synthé-purée ! Arrête un peu ou je t'arrache tes poly-condensateurs.

ROBERT X22 :

Attends, y a un truc qui bouge, là ! Hé-Ho ? Y a quelqu'un ?

ROBERT B52 :

Mais c'est pas vrai ! Tu vas te taire à la fin ! Y rien du t... AAHHHH !!



ROBERT X22 :
Ah ! Quelle horreur ! Quelle monstruosité !! Robert X22, réponds moi ! Nom de Net, il a grillé une diode ! Vite fuyons !

ROBERT B52 :
Bip... Bibip... Bip... Bip...


Guillaume.

PS
nota bene : la lecture régulière de certaines bandes dessinées de la bande à Jodo peut avoir des effets indésirables sur l'inconscient et se manifester par des troubles de l'expression orale ou écrite. Ne pas dépasser la dose prescrite. Ne pas proposer à un enfant. En cas de troubles constatés, consulter un libraire de toute urgence.

lundi 18 novembre 2013

Fantaisies anatomiques - 4

Guillaume : "Dessiner un truc ressemblant procure un certain plaisir mais demande aussi une concentration susceptible de fatiguer un peu. Ah, quelle vie difficile que la nôtre, dessinateurs du dimanche !
Bref, se laisser aller à dessiner tout simplement ce qui vient, ça détend. Dans mon cas, ce qui sort instinctivement et naturellement de mon crayon n'est que rarement de ce monde.
Du coup, impossible de pratiquer mon activité favorite : mettre un nom sur des êtres vivants. Les clés d'identification habituelles ne fonctionnent pas... Déjà que parfois, c'est pas facile avec les clés ! Et encore faut-il qu'elles existent... D'ailleurs, j'en profite pour interpeller (Hé ! Ho ! On peut rêver, non ?) les vénérés hommes politiques qui dirigent notre pays depuis des décennies avec une infinie sagesse bienveillante et un désintérêt personnel exemplaire : "c'est quand vous voulez pour investir dans la mise à disposition d'outils de détermination naturaliste. Il existe une Fédération Française des Sociétés de Sciences Naturelles qui se charge d'éditer des ouvrages sur la faune de France. Pourquoi ne pas lui donner un gros coup de pouce ? Il y a des tonnes de tomes qui attendent d'être réactualisés, des hordes (peut-être pas, tout de même...) de spécialistes qu'on pourrait aider à terminer leurs recherches, leurs ouvrages. On pourrait aussi faire en sorte de rendre les prix des tomes publiés plus accessibles.
On parle là de toutes les bestioles ignorées, méprisées, confondues : punaises, syrphes, coléoptères xylophages, hyménoptères solitaires, etc. Et je vous passe les noms des sous-ordres, familles, tribus...
Mais le gros avantage, c'est qu'ensuite, de nombreux passionnés feraient le travail gratuitement ainsi équipés d'outils idoines !"

Olivier : "Hé, Guillaume, tu t'es endormi sur ton clavier d'ordinateur ! T'as la trace sur la joue. Je savais pas que tu parlais en dormant ! En tous cas, t'as bien déliré ! Waouw, t'es allé imaginer de ces trucs, carrément invraisemblables !"

Guillaume : "Ah, bon ? Mince. Il est trop tard, je vais encore être décalqué demain matin ! Je voulais juste mettre en ligne quelques vieux dessins pour le blog. Tu sais, la série "Fantaisies anatomiques" pour laquelle on demande aux lecteurs de nommer des bêtes imaginaires. Là, j'ai de quoi illustrer un thème aquatique."

Olivier : "Va-z-y ! Balance, ça tombe bien. Je suis un peu à la bourre sur les croquis des prochains articles. Comme toi d'ailleurs !"


Guillaume : "OK, chers lecteurs, à vous de jouer, donc ! De 1 à 3 points par réponse, selon la note scientifico-artistico-poétique que nous attribuerons en toute impartialité.
Vous pouvez répondre dans les commentaires ou par mail (cliquez sur la boite au lettres de notre page d’accueil)."


Ici, j'ai tenté le coup mais c'est p't-être pas très convaincant.





Plus de créatures et encore plus de points à gagner, ici :
Fantaisies anatomiques - 1
Fantaisies anatomiques - 2
Fantaisies anatomiques - 3


vendredi 1 novembre 2013

Buissonnons - 2 - Une vraie friche dans le jardin.

Huppe fasciée. Vous voulez l'accueillir ? Lâchez un peu vos outils de jardinage !

Aujourd'hui, je vous propose de jouer à un petit jeu qui risque de vous occuper durant des années. Un bien foutraque.
Le but est de développer une friche dans votre jardin. Balcons avec jardinières s’abstenir ! Je sais, c'est cruel mais c'est mon cas en ce moment alors je n'hésite pas à remuer le couteau dans la plaie...

Une vraie friche, c'est en gros un milieu contenant des petits buissons par-ci, par-là. Pas juste de l'herbe haute, donc. Par conséquent, il faut bien attendre deux ou trois ans sans la moindre coupe avant de les voir se développer dans une pelouse.
Par la suite, l'idée est de couper un tiers de votre jardin à un intervalle de temps régulier en fin d'année, lorsque toutes les plantes et animaux qui en dépendent ont terminé leur cycle de vie. Les deux autres tiers qui continuent à se développer assurent une zone refuge idéale pour tous ceux qui ont choisi de passer l'hiver accrochés dans les branches ou sur les tiges. Et il faut préciser que la friche attire des animaux spécifiques qui ne se plaisent ni dans les prés ni dans la forêt.
Libre à chacun de choisir son pas de temps préféré. Pour de la friche basse à tendance herbacée : tous les deux ans. Pour les procrastinateurs, on peut pousser jusqu'à 3 voire 5 ans. Il est à parier que dans le dernier cas, le troisième tiers fournira du bois de chauffage ! Il faudra sortir la hache...

Oui, c'est un fait oublié tant l'homme marque au fer rouge de son empreinte dominatrice la nature (1) mais rappelons que la forêt pousse toute seule. N'en déplaise à son orgueil hypertrophié.
Une variante amusante consiste d'ailleurs à choisir comme pas de temps une éternité. A n'en pas douter, vous (ou vos enfants) verrez grandir une forêt dans votre jardin fût-il au départ, engazonné et rasé de près.

Mmmhh... Je vous sens enthousiaste.

Allez, je suis bon prince, divisez plutôt le tout en 4 et entretenez l'un des quarts un peu plus souvent, histoire de pouvoir pique-niquer face à l'Hypolaïs polyglotte, la Pie-grièche écorcheur, au Tarier pâtre, la Fauvette grisette, la Huppe fasciée, au Flambé, aux Théclas, l'Azuré des Nerpruns, au Citron, au Gazé, etc.

Guillaume.

(1) Enfin, c'est ce qu'il se plaît à croire. Mais plus il tire sur l'élastique, plus il se le prend violemment dans la gueule...



A lire aussi : Buissonnons - 1 - Le jardin rêvé...

vendredi 5 avril 2013

Un zizi pour patienter...

Merci à tous d'être si nombreux (selon nos modestes échelles, certes : 800 consultations par mois en moyenne) à consulter ce blog régulièrement malgré le manque récent d'assiduité des rédacteurs.
Une période un peu chargée a ralenti notre production habituelle mais n'allez pas penser que l'affaire est close.
Que nenni, il en reste encore dans la besace...
Le thème des friches et des haies nous taraude, en ce moment.
Pour patienter, voici un croquis d'après nature d'un adepte de ces milieux, le Bruant zizi, Emberiza cirlus.



Vous l'aurez remarqué, notamment pour ceux qui connaissent ce joli piaf, le résultat n'est pas fameux. Le bec, en particulier, pourtant typique chez les bruants, est raté.
Dans ma lunette ornithologique, je l'ai vu très long. Trop visiblement...
L'attitude est raide et manque de naturel.
Bref, c'est là toute la difficulté qui consiste à dessiner sur le terrain. Mais les erreurs sont salutaires et je recommencerai...

Bizarrement, je préfère, malgré des tas de petites erreurs, ces croquis que j'ai faits de tête quelques jours plus tard. Peut-être que l'observation a payé, finalement ?









Guillaume.

jeudi 25 octobre 2012

Aujourd'hui, on réinvente l'eau chaude.

Vieil arbre, Étang de la Mer Rouge, Brenne, 2011.


Il existe des mécaniciens de la nature. Ils essayent de restaurer ce que d'autres ont détruit ou ils détournent à leur profit certaines propriétés des écosystèmes. Les plus sages d'entre eux se contentent souvent de laisser la nature agir ou se réparer toute seule. Parfois, ils se servent d'elle pour des tâches que la technologie tente imparfaitement d'accomplir (épurer l'eau, par exemple). Leur discipline, c’est le génie écologique.
On peut mettre à leur crédit un certain nombre de réussites.

A condition de ne faucher qu'une fois l'an et de ramasser les fauches, on peut, au bout de quelques années (oui, tout de même), récupérer une prairie relativement diversifiée (Y compris dans les jardins. OUI ! MÊME LE VÔTRE !) là où les tontes hebdomadaires avaient régné durant trop longtemps.

On peut replanter des haies (AVEC DES VÉGÉTAUX SAUVAGES LOCAUX ! Y compris dans les jardins. OUI ! MÊME LE VÔTRE !) Même si une haie poussera toute seule sur une bande jamais entretenue...

Grâce au pâturage mais aussi avec de puissants engins mécaniques, on restaure des zones humides que les végétaux en développement avaient asséchées. On peut encore re-profiler les berges, re-creuser des mares comblées, etc. Y compris dans les jardins. Mais pas forcément tous... On réhabilite même des carrières !!

Bref, on peut restaurer des tas d'écosystèmes variés favorables à une riche biodiversité... Le résultat n'est pas toujours à la hauteur de la situation antérieure aux dégradations mais ne broyons pas du noir, c'est plutôt encourageant. Si on le lui permet, la Nature revient très vite. Il suffit de constater la vitesse de colonisation d'une terre nue par les végétaux sauvages...

Seulement parfois, ça coince. Il est désormais temps d'enfoncer une porte ouverte. Quand on abat un vieil arbre, les ingénieurs ont beau tourner le problème dans tous les sens, il n'y a pas de solution de remplacement.

Le chêne d'à peine 100 à 200 ans (car il y a bien plus vieux), celui qui présente à la fois un gros volume de bois sain et un gros volume de bois mort avec pour chaque catégorie un cortège de faune spécifique (probablement plus de 1000 espèces d'arthropodes sur les essences de chênes européens), celui-ci est irremplaçable.

On ne sait pas planter de vieux arbres. C'est ridicule à dire mais j'ose prétendre qu'il faut le rappeler.

Guillaume.

PS: une dernière porte ouverte enfoncée pour la route : le plus simple serait de ne pas détruire !
Dans la salle et derrière les écrans, des  "Oh !"  et des "Ah!" admiratifs. "Lumineux ! Oh, la belle bleue ! Époustouflant ! Quelle sagesse !"
Le rédacteur : "Merci, stop, n'en jetez plus !"

mardi 3 juillet 2012

Araignées voraces...

Votre blog favori n'a pas la réputation de faire bref. La faute à ses rédacteurs volubiles qui entravent le flux des informations par d'incessantes digressions burlesques dans le but avoué de distraire le lecteur.

Objectif atteint ? Derrière nos écrans, le doute nous assaille. Et si nous nous vautrions régulièrement ? Et si une poussée de lourditudite aigüe nous empêchait de voir la réalité en face ?
Du genre : "mmmh, mouais, moins drôle que la dernière fois." Ou alors : "bon, ils l'ont caché où, le crobard, cette-fois... Avant ou après le 4° tome ?" Ou pire : "pfff, du sous-La Hulotte indigeste !"

Bref, on doute et aujourd'hui, c'est bien pratique à la vue de notre production plus que clairsemée.

Voici donc le thème du jour qui s’avère être la synthèse d'un remarquable documentaire (1) sur les araignées que j'ai récemment vu et revu car dûment enregistré. Attention, pour une fois, cela va être concis.

1. Une prairie naturelle en bon état écologique abrite jusqu'à 200 araignées au mètre carré.
2. Les araignées mangent environ 400 millions d'insectes par hectare et par an.
3. Elles sont des régulateurs parmi les plus efficaces et d'une utilité absolue.

Si tout va bien le texte ne déborde pas du bas de votre ordinateur. Vous n'avez pas mérité votre dessin mais généreux comme nous sommes, on vous l'offre tout de même.

Guillaume.

PS : ne vous méprenez pas. Ce n'était qu'un répit. On vous imposera encore d'illisibles pavés bourrés de circonvolutions littéraires pseudo-amusantes.
PPS : pour quelques araignées de plus...

(1) "Le règne des araignées" sur Arte, avec Christine Rollard du Muséum national d'Histoire naturelle.

lundi 2 avril 2012

Amertume...

Chers amis et courageux lecteurs qui vous usez les yeux sur nos articles bavards et assurément trop longs pour ce média dont la règle est la concision anorexique...

Coup de massue et abattement. Des notes qui devaient servir de base aux sept ou huit prochains articles ont été définitivement dissoutes dans le néant numérique, le cimetière des bits inconnus...
Bref, un bug informatique qui ne va pas nous aider à produire sur un rythme stakhanoviste. Compte-tenu de la masse des informations accumulées puis perdues, cela fait mal au crâne et au moral.
Mais bon, on ne va pas abandonner... On va tout réécrire, extraire toutes ces notes, ces réflexions de nos cerveaux en surchauffe !
Pour patienter, une planche de dessins réalisés en Brenne, cette région idyllique pour les amoureux de nature. Une sorte de carnet de voyage miniature.
Pour ce qui est de la mise en page de la planche, je sais, c'est nul. Vous pouvez découper les dessins si vous voulez...



Et cette fois-ci, on vous épargne le baratin naturalistico-gnangnan-moralisateur !
Dans les travées :  "Wouais ! Cool !"
Hep ! Là ! J'ai les noms des meneurs... !

Guillaume.

mardi 7 février 2012

Rappel de saison !

Je reconnais bien volontiers que réhabiliter les vieux articles soulage le rédacteur du blog.

En même temps, il faut avouer que cette série d'articles tombe à pic par ces temps de grand froid. On s'était donné du mal pour les concevoir même si le ton est plus docte qu'à l'accoutumée.

Bref. Faut-il nourrir les animaux en hiver ? Eh bien, ce n'est pas si simple. La réponse ne coule pas de source et la question n'est peut-être même pas la bonne...


De quels animaux parle-t-on ?

Si on nourrit, comment fait-on ?

Vos commentaires sont les bienvenus. Bonnes lectures.

Guillaume.

lundi 28 novembre 2011

Lisière d'automne...

Aquarelle - 10 x 13 cm - 28-11-2011


Ces derniers temps, j'ai adopté l'usage régulier d'un site permettant de mettre en ligne directement les observations naturalistes, en l’occurrence et pour l'instant, les oiseaux.
Il s'avère que toute mention compte. Du banal merle noir à la rareté la plus affolante, susceptible de déplacer sur des centaines de kilomètres des hordes de longue-vues. Les oiseaux communs peuvent connaître des fluctuations de leurs populations riches d'enseignement. Cela est effrayant et dramatique mais ceux-là aussi peuvent voir leurs effectifs chuter... On ne l'aurait pas soupçonné sinon mais le suivi collectif des populations en apporte la preuve.
Suivre quelques sites régulièrement devient alors très intéressant.

Personnellement, je préfère observer la nature dans les milieux ouverts à semi-ouverts. Même lorsque je vais en forêt, je recherche ces zones qui ne ressemblent finalement pas à la forêt au sens commun.
Le paysage représenté dans la croûte associée à cet article est l'un de ces sites que je visite régulièrement depuis quelques temps. Un friche parsemée de quelques bouleaux et épineux délimitée par une une lisière de chênes et pins sylvestres mêlés. Rien d'extraordinaire, surtout en hiver mais il a l'avantage d'être accessible en vélo depuis chez moi en 10 mn.
Hier, je n'y ai vu (et plutôt entendu) que peu d'oiseaux. Il faut dire que je n'étais pas des plus attentifs puisque j'ai pondu l’aquarelle en question en me hâtant et voyant la nuit tomber. Mais de toutes façons, cela fait partie du truc. On n'a pas toujours une liste longue comme le bras d'un Titan.

En l'occurrence :
3 Corneilles noires
2 Rougegorges
2 Mésanges huppées
2 Mésanges à longue queue
4 Pinsons des arbres
1 Pic noir
1 Pic épeiche

Pour participer, quelques exemples d'un réseau de sites. L'adresse Internet est bâtie sur le même principe à chaque fois :
http://www.faune-aquitaine.org/
http://www.faune-iledefrance.org/
http://www.faune-auvergne.org/
...

Il y a aussi d'autres sites ne fonctionnant pas aux mêmes échelles. Mais je pose la question : à quand le site intergalactique, valable pour l'éternité ?

Guillaume.

PS : les autres créatures doivent aussi avoir le droit d'être recensées mais cela arrive petit-à-petit.

dimanche 13 novembre 2011

Rose : la couleur de la révolte ! - épisode 3

Apollon (Parnassius apollon) sur Chardon des champs (Cirsium arvense).
Épisode 1
Épisode 2

Les membres du tribunal entrent et prennent place sous un tohu-bohu digne d'un carnaval de hooligans brésiliens. 

Le juge, irrité :
"Bien, commençons : ce procès a pour objet de juger les faits relatifs à la plainte pour diffamation déposée par le responsable du COSAC (Comité Officiel des Scientifiques Annihilateurs de Controverses), procureur en l’occurrence, à l'encontre de Robin des champs, généralement reconnu comme meneur de la troupe des Chardons rebelles. Le COSAC reproche à ce Robin ses allégations quant à sa prétendue utilité en faveur de la biodiversité. La parole est à l'accusation !"

Procureur du COSAC, condescendant :
"Alors comme ça, Môssieur prétend que les Chardons, ces infâmes détrousseurs d'engrais, ces horreurs angoissantes qui résistent à nos meilleures armes chimiques seraient des plus utiles à la biodiversité ! Balivernes ! Quelle abeille, quel insecte accorderait la moindre importance à si répugnantes plantes. Et fi de vos belles paroles, nous voulons des preuves !"

Robin des champs, feignant le dépit :
"Ah, mais que n'ai-je donc pas accompli pour ne mériter que ces pitres atrabilaires, ces adversaires inaptes à toute attaque dotée d'une once de finesse, ces ignorants incapables de constater l'évidence... A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ! Je..."

Procureur du COSAC, enragé, les yeux dilatés :
"Assez ! Obsolète arrogant ! Répondez si vous le pouvez !"

Le juge, déjà lassé de la débauche de rhétorique :
"Oui, au fait ! Arrêtez vos digressions et allez droit au but. Et cela vaut aussi pour les rédacteurs de ce blog !"

Robin des champs, comme si de rien n'était :
"Comme je le disais, donc, M. le Juge, s'il est bien une évidence, c'est que mes corolles sont gorgées de nectar. Il n'y a qu'à se poster devant ma chevelure sans trop s'agiter : les butineurs en tous genres s'y précipitent. Les plus beaux papillons, les abeilles de ruches ou les solitaires, les élégantes guêpes, les syrphes bariolées, les coléoptères aux reflets irisés, la liste est trop longue."

Procureur du COSAC, les muscles du visage tordus de grimaces moqueuses et outrées :
"Ça déblatère, ça jacte, ça baragouine ! Mais les preuves, hein? Vous en avez, oui ou non?"

Robin des champs, brandissant une image :
" Voici ma première preuve : une abondante iconographie photographique. Le tuyau est bien connu des photographes qui ne se privent pas de nous shooter en pleine offrande. Oh ! Rassurez-vous, nous ne cherchons pas la gloriole ni la chaleur des flashes.
D'ailleurs, nous savons bien que nous ne sommes pas le sujet visé. Il s'agit plutôt de l'insecte qui sirote le nectar que nous dispensons généreusement, tous les jours. Bien plus, en tous cas, que certaines de ces fleurs "civilisées", ces horticoles issues de croisements, d'hybridations ou tout simplement exotiques. Ces mijaurées ne pensent qu'à paraître, qu'à s'occuper de leur apparence extérieure.
Mais tout cela est vain : bien souvent, elles dépensent toute leur énergie à produire des pétales plus grands ou à les doubler, les tripler voire plus. Tout cela afin d'attirer et charmer le plus grand nombre d'insectes comme autant de trophées. Malheureusement pour ces derniers, l'énergie manque pour la fabrication du nectar et ils repartent souvent déçus et frustrés, au mieux le ventre vide ! Quelle vacuité, on en met plein la vue mais c'est pour cacher le manque de sens, de matière, de sincérité. Un peu comme à la télévision ou en politique. Alors que..."

Procureur du COSAC, ravi de son intervention :
"Objection, votre honneur ! Hors sujet ! Ce n'est pas le procès des horticoles ! Qu'il nous montre plutôt  cette photographie !

Le juge, acquiesçant:
"Certes, arrêtez de gesticuler et montrez-nous cela calmement."



Robin des champs ; coup de taille :
"Avec plaisir ! Voyez-donc : ceux qui gouttent notre breuvage y reviennent et le bouche-à-oreilles fait son œuvre. Pas moins de 4 hyménoptères simultanément sur un cousin à moi, Carduus nutans, dont la taille et la beauté de la fleur n'ont rien à envier aux horticoles précitées, soit dit en passant !"

Le public atteste par quelques murmures empressés.

Procureur du COSAC, sentant monter la pression :
"Mystification ! Manipulations grossières ! C'est un trucage !"

Robin des champs ; coup d'estoc :
"Regardez-y bien M. le Juge, ces insectes affairés sont totalement indifférents aux sirènes de la célébrité et se détournent complètement des flashes et projecteurs. Pas de temps pour la figuration. La récolte est inespérée pour ces modestes et honnêtes ouvrières sans le sou, surtout en zone de cultures intensives ou de parc horticole minimaliste ! Seul leur importe de vider les corolles de mon cousin. C'est parfaitement crédible et véridique.
J'ai d'ailleurs ici le rapport d'un expert photographique qui estime la distance  maximale entre le photographe et son sujet à 30 cm ! Si les corolles n'avaient pas été attractives, vous pouvez être sûrs que les insectes auraient remarqué le gêneur et (pointant subitement les deux index vers le procureur) décampé dard-dard. Euh, pardon, dare-dare !"

La salle et le juge se fendent de rire.

Procureur du COSAC, désarçonné :
"M'enfin ! Je... Non ! Vous ne pouvez pas..."

Robin des champs ; coup de grâce :
"Et pour anticiper la remarque que vous peinez à formuler, cher M. le Procureur, voici bien d'autres constatations photographiques qui permettront de lever l’ambiguïté. Il ne s'agit pas d'un cas isolé. Voyez plutôt..."

Procureur du COSAC, feignant un malaise:
"Ahhh ! Mon cœur s'emballe, je m'évanouis !"

Le procureur s'effondre avec ostentation. La houle de la colère publique défrise les perruques de tous les membres du jury.

Le juge, tapant sur la table :
"Silence ! La séance est levée ; nous reprendrons dans une semaine et vous nous montrerez ces preuves supplémentaires !"

A suivre...

Guillaume.

vendredi 4 novembre 2011

Piafs : pour quelques bouquins de plus...

Fuligule milouin -croquis de terrain - 27-10-2011 - Comparaison radicalement impossible avec une aquarelle de Lars Jonsson.
Il manquait assurément quelque chose à l'article nostalgique sur l’ornithologie : quelques références. Mais bon, on sait comment ça se passe, si l'article dépasse trop en dessous de l'écran du moniteur, on se dit qu'on le lira un peu plus tard... Et là, certains n'y seraient pas revenus car il était déjà bien (trop?) long.
Alors voilà, on vous le découpe en morceaux plus digestes...

N'étant pas un pro de l'ornithologie, mes choix pourront surement être critiqués et c'est tant mieux. J'invite les volontaires à écrire des commentaires!

Bref, le meilleur guide pour la reconnaissance des oiseaux est, à mon avis, "le guide ornitho". Oui, il se nomme ainsi. Il est le plus complet grâce aux nombreux dessins (c'est mieux que les photos) des différents plumages (nuptiaux, immatures, femelles, internuptiaux, juvéniles, etc.) quand c'est nécessaire (laridés, limicoles, anatidés, etc.). Les critères discriminants sont indiqués par des flèches annotées directement sur les dessins (pratique et pas souvent le cas dans les autres guides). Il y a même des pages de dessins d'hybrides de fuligules pour les acharnés... Si, si. Les dessins sont précis, le nombre des espèces exhaustif sauf bien sûr, si vous faites partie des pros qui recherchent les oiseaux perdus d'Amérique du nord à Ouessant (mais bon, pour ceux-là, mon article est obsolète !).
Pourtant, le livre reste compact comme un vrai guide de terrain. Les auteurs : Lars Svensson , Killian Mullarney , Dan Zetterstrom , Guilhem Lesaffre , Benoît Paepegaey . Il existe aussi dans une magnifique version légèrement augmentée en grand format. Il est édité par Delachaux et Niestlé.

Quant au plus beau selon moi, si vous avez lu l'article précédent, vous savez : encore un Lars...

Concernant les chants d'oiseaux, je recommande pour débuter (et même plus) le livre suivant accompagné de deux CD (180 espèces, c'est déjà pas mal), toujours aux éditions Delachaux et Niestlé : "Guide des chants d'oiseaux d'Europe Occidentale". Une page est consacrée à chaque espèce avec les risques de confusion, un sonogramme, le milieu le plus probable, etc. Une introduction générale sur l'écoute des chants et même une clé de détermination simple sont proposées. Quand ce bouquin et ses disques n'auront plus de secrets pour vous, je vous garantis que peu d'oreilles d'ornithologues seront meilleures que vous.

Pour celles et ceux qui voudraient encore approfondir, il y a aussi les enregistrements de Jean Roché, "Tous les oiseaux d'Europe" en 4 CD auxquels je faisais référence. Il n'y a que les CD avec une ou deux lignes par espèce dans les jaquettes. C'est le plus complet concernant les espèces mais il reste un peu austère. C'est tout de même un classique.

Enfin, pour vous achever et faire de vous un vrai pro, il faudra jeter un oeil sur ce dernier bouquin :
"Guide des traces et indices des oiseaux" par R Brown (Auteur), John Ferguson (Auteur), M Lawrence (Auteur), David Lees (Auteur), encore chez Delachaux et Niestlé. Il présente des dessins de plumes, de coquilles d’œufs, de crânes, etc. Très souvent utile, même si on l'a rarement sur soi au bon moment !

Il reste encore pas mal de livres fantastiques à acquérir (et surtout potasser !) sur des groupes tels que les limicoles, les passereaux, les pies grièches, les rapaces (etc.), des auteurs comme Géroudet à lire, etc. Mais on va encore me dire que c'est trop long.

Allez, c'est déjà pas mal. Au boulot maintenant ! A vous de découvrir la biodiversité ornithologique.

Guillaume

dimanche 26 juin 2011

Le blog consacré à Broadway !

Si cela vous fait penser à du liquide dégraissant, lisez-donc la suite avant de faire votre vaisselle avec...


Voici, en exclusivité mondiale, un extrait de la future pièce de théâtre narrant l'épopée de notre blog qui se jouera à Broadway en septembre prochain. Grandeur mais aussi petits travers quotidiens : le scénario n'élude pas les vicissitudes liées à la vie du blog.
En effet, la co-conception exige une bonne entente et nécessite d'être sur la même longueur d'onde. Mais si vous croyez que tout roule entre nous, sachez que nous connaissons aussi les affres de la scène de ménage. L'extrait suivant, bientôt culte, relate donc l'une de ces disputes.

ACTE 2, scène 4 :
Guillaume, exaspéré : Quels goujats ! Non mais sans blagues ! Ah non mais j'y crois pas !
On se décarcasse pour eux et tout ce qu'ils trouvent à faire c'est de se planquer dans les branches pour vous cracher dessus ! Bande d'archicuistres !


Olivier, paternel : Boh, tu sais, c'est normal... Les enfants cherchent régulièrement à tester les limites ! Ce sont des phases qui passent comme elles sont arrivées. Te bile pas !

Guillaume, remonté : Quoi ? Non, je ne parle pas de nos enfants mais des Cercopes. Tu sais, ces bestioles ressemblant à un croisement miniaturisé de coccinelle et cigale aux couleurs diaboliques! Tu vas vite constater l'incapacité de nos propres petits diables de chérubins à rivaliser dans l'art de susciter des regards torves.

Olivier, surpris : Holà ! Je te trouve bien remonté ! Qu'ont-ils donc fait de si grave ?

Guillaume, rageur : Ce sont des ingrats ! Comment vais-je pouvoir les défendre auprès du grand public, maintenant ? Ils sabrent tout notre boulot ! On rame pour réhabiliter la cause des insectes, on rédige avec assiduité un blog qui leur fait la part belle et voilà comment certains nous remercient !
Ça commence bien : les Cercopes se nourrissent en suçant la sève de nombreux végétaux sauvages ! Ils sont fréquents sur les saules et osiers.


Olivier, rassurant : Oui mais ce n'est pas grave. Nous savons tous les deux que la plupart s'en accommode sans soucis. Les plus vieux saules nourrissant largement 250 autres espèces d'arthropodes pour la plus grande joie de prédateurs tels que les oiseaux.

Guillaume, gêné aux entournures : Oui, c'est vrai ! Mais regarde un peu ces couleurs ! Les fourbes veulent surement se faire passer pour des créatures toxiques !



Olivier, inquisiteur : Eh ! Attention ! Et la présomption d'innocence ! Tu ferais pas un délit de sale tronche, là ?
Il est peut-être vraiment toxique et le signaler serait un moyen de se défendre en affichant le danger de façon franche et honnête.

Guillaume, déstabilisé : Mouais, bon, soit ! Il a quand même pris soin de se doter de fortes capacités à sauter pour fuir au moindre dérangement. (Avec emphase !) Quel courage !
Fuir. C'est d'ailleurs bien ce qu'il fait devant ses responsabilités parentales. Il abandonne carrément ses enfants. Tu trouves ça bien ? Les insectes sociaux s'occupent bien de leurs larves. Même les araignées fabriquent des cocons pour leur progéniture et vont jusqu'à les trimballer avec elles.

Olivier, philosophe : qu'ont à faire les notions de bien ou de mal dans la nature ? Tu sais bien que la plupart des arthropodes agissent ainsi. Ils adoptent une stratégie qui joue sur le nombre important d'individus pondus, voilà tout !

Guillaume, surjouant l'émotion : Oui mais tout de même ! Les larves, elles, sont incapables de sauter et auraient pu se retrouver sans défense ! (Reprenant un ton péremptoire) Loin de moi l'idée de les absoudre cependant ! Car elles mettent en œuvre, pour se protéger, un procédé confinant au grotesque ! En effet, pour se mettre à l'abri des regards, elles fabriquent une mousse très spéciale.

Olivier, curieux : Ah ? Et de quel genre ?

Guillaume, pudibond : Ah, je n'ose le dire ! C'est répugnant ! Figure-toi qu'elles se laissent aller aux flatulences les plus intenses et abjectes pour faire mousser leurs déjections. Il en résulte cette émulsion dans laquelle elles se cachent pour siroter la sève des arbres. (Outré) Et c'est cela qui me goutte dessus lorsque, ces derniers temps, je fais des photos pour le blog !

Olivier, s'esclaffant : Mais Guillaume, ces déjections n'ont rien à voir avec ce que tu imagines ! (Docte) Rappelle-toi le miellat. Il s'agit des excréments sucrés produits par les pucerons. Les fourmis le récoltent ainsi que les abeilles qui l'intègrent même au miel.

Guillaume, désemparé : D'accord mais alors pourquoi les Cercopes n'assument-ils pas leur comportement ? En nommant la mousse "crachat de Coucou", ils désignent le coupable idéal, bien connu pour ses mœurs de parasite déjà pas très reluisantes. C'est trop facile ! Je te ressors la présomption d'innocence !

Le metteur en scène, consterné : STOP ! Guillaume, ton numéro d'avocat du diable anthropomorphique ne convainc personne. L'argumentation est affligeante, réécris-moi ce texte ! Tu retournes bosser l'affaire et on la refait dans une heure. Allez, on enchaîne ! PFF ! Y'a du boulot, mes amis !



PS : Vente exclusive de places en avant-première !
Tarifs préférentiels pour la première représentation à New York:
Places standards : 45 dollars
Premiers rangs : 75 dollars
Loges :  115 dollars

Envoyez vos chèques à :
Guillaume et Olivier
3° sauge derrière la fourmilière
Parcelle aux orobanches et salsifis sauvages
15 sentier du gros chêne pourri aux capricornes
33,5 190 Bourg-les-Belles-Scabieuses

PPS : Dernière minute ! Olivier me prévient que Dark Maul, dont il a tiré le portrait ci-après, aurait collé un procès au Cercope. Il accuse la sale bête de lui avoir volé sont style. Bien fait !

lundi 7 février 2011

Croquis'toire - Mésange huppée.



Parenthèse. Aujourd'hui, ni discours moralisateur ni apologie du patrimoine naturel local.
Simplement l'historiette de l'aquarelle (illustrant un précédent article) née à partir d'une photographie de Jean Paul Nouret. Les deux sont présentées ci-dessus grâce au judicieux montage de Jean Paul.

Il ne faut pas les rater ces précieuses images stimulantes, de celles qui accrochent l'œil du dessinateur et le sortent de son apathie créatrice.
En effet, il faut savoir que l'inspiration disparait souvent dans des profondeurs abyssales provoquant l'émission de maints gémissements geignards insupportables pour l'entourage, d'odieuses phases d'apitoiement piteux et de déprime plombant l'ambiance.
Non, il ne faut pas les rater...

Parce qu'un jour arrive une image qui vous file une irrépressible envie de crayonner... 
Finies les jérémiades sur le manque de temps chronique. Franchement, qui en a trop ? C'est pour tout le monde pareil...  On se dépêche de manger, on met le fiston au dodo fissa et on passe à l'action jusqu'à tard dans la soirée sans pouvoir s'arrêter ! Quitte à être un peu zombie le lendemain.
Terminées aussi les lamentations sur le manque de place ! On débarrasse la table du repas au pas de charge et on installe tout le matériel en une fraction de seconde. On s'était plaint la veille qu'il était éparpillé partout dans les placards des diverses pièces et qu'il était difficile de remettre la main dessus ! Non mais on croit rêver en entendant un argument aussi nul ! Un peu plus et il nous faudrait un atelier grand comme un hangar d'aéroport !

Le nœud du problème est délié quand l'inspiration est revenue. Et puis c'est tout.

Ensuite, les aspects de technique sont dérisoires même si on n'arrive pas toujours au niveau escompté. Mais peu importe, en voici quelques-uns :
Le but était pour cette fois-ci de réaliser plusieurs croquis de mésange huppée à partir d'images diverses afin de "se la mettre dans la main" et pouvoir la réinventer dans une posture choisie.

(1) Croquis rapide.


J'ai commencé par la belle photographie de Jean Paul même si j'avais rassemblé d'autres images du même oiseau. J'ai d'abord dessiné très vite de petits croquis afin d'identifier et d'assimiler les composantes essentielles de la mésange. Il s'agissait de simplifier tout en visant le naturel. Je suis arrivé à une image d'environ 4x4 cm qui me semblait convenir (1).

(2) Croquis pour aquarelle.







Cette base m'a ensuite donné envie de réaliser un croquis plus détaillé. Échaudé, j'ai pris soin de ne pas dessiner sur du papier de mauvaise qualité. On ne sait jamais, des fois que j'aurais envie de passer quelques lavis d'aquarelle (2).



(3) Le croquis précédent... colorisé.
Et justement, c'est ce qui s'est passé. Voyant que le crayonné était correct, je me suis dit : "un tiens vaut mieux que deux tu l'auras". Et j'ai finalement colorisé ma mésange jusqu'au bout (3). Après coup, je me dit que j'ai bien fait car je n'ai pas retrouvé l'occasion de dessiner d'autres mésanges...

Oublié le but original ! C'est l'inspiration qui décide.

Bonne semaine à tous.

mercredi 12 janvier 2011

Savoir regarder la nature - introduction.




Les très jeunes enfants, disons avant l'âge de 7 ans, portent un regard neuf et ouvert sur leur environnement parce que leur curiosité n'est pas encore dirigée vers ce que les adultes considèrent primordial. Parce que leur comportement n'est pas encore calé sur celui des stéréotypes que nous leur imposons plus ou moins.
De plus, leur petite taille leur donne accès à des dimensions et strates que nous avons tendance à ignorer. Du coup, ils détectent avant nous nombre de petites bestioles et de fleurs cachées dans une prairie naturelle là où nous nous ne voyons qu'une mer homogène verdâtre de mauvaises herbes. De l'araignée crabe en embuscade autour du capitule de marguerite, en passant par les lichens en forme de trompettes pour lutins des souches jusqu'aux fleurs délicates et minuscules des gaillets jaunes.

Cette manière de regarder largement, ouvertement, naïvement plutôt que de voir selon les normes préétablies manque cruellement aux adultes. Cette faible capacité à percevoir soustrait de notre champ de vision une foule de représentations de la biodiversité dont nous finissons par ne même plus soupçonner l'existence.
Ainsi, comment ne serait-ce que souhaiter protéger ce que nous ne connaissons pas encore ?

Loin de moi l'idée d'affirmer qu'il faudrait retrouver l'immaturité des enfants. Ils peuvent aussi se montrer cruels (sans en avoir conscience, souvent) mais franchement, il nous faudrait réapprendre à porter un regard neuf comme le leur sur la nature. Et c'est tout un monde féérique et bariolé qui s'offrirait à nous. Nous retrouverions cette à capacité à nous émerveiller le plus naturellement du monde, à nous émouvoir sans détours, à être fascinés devant la diversité des formes du vivant, le génie de la nature, sa beauté tout simplement.
Ceux que la nature aura charmés n'auront plus beaucoup d'efforts à faire pour la protéger. Ce ne sera plus qu'une question technique. Et les solutions existent...

La vraie difficulté est bien de surmonter les barrières psychologiques et culturelles qui nous conditionnent.


PS : nous ouvrons cette série d'articles intitulée "Savoir regarder la nature" par cette petite introduction. D'autres articles suivront autour d'images et illustrations insolites de petits mystères de la nature, glanés au fil de nos promenades...
PPS : Merci et bravo à Olivier pour son illustration, malicieuse et pertinente, comme d'hab!

vendredi 10 décembre 2010

Idées reçues sur le lierre - 3ème partie.

Suite de notre fervent plaidoyer en faveur de la liane la plus redoutée de France (voir épisode précédent).

Le lierre est une plante à l'anatomie assez fascinante: pouvant mesurer de 20 à 30 m, il est aussi long que la plupart des arbres même s'il n'atteint pas souvent les mêmes hauteurs.
Il possède aussi 2 types de rameaux parés de feuilles aux formes très variables. Ceux qui portent des fleurs sont munis de feuilles simples, ovales en général, les autres portent des feuilles lobées parfois presque en étoile.

Enfin, particularité non réservée aux plantes tropicales, il s'agit d'une liane. Ce n'est d'ailleurs pas la seule que l'on rencontre en France à l'état sauvage.
Citons la Clématite des haies (Clematis vitalba), la Vigne (rarissime à l'état sauvage), le Chèvrefeuille des bois (Lonicera periclymenum) et le Houblon (Humulus lupulus) pour les espèces les plus connues, mais aussi la Bryone dioïque (Bryonia dioica) , la Cucubale à baies (Cucubalus baccifer), la Morelle douce-amère (Solanum dulcamara), plusieurs espèces de Vesces (Vicia sp.) ou Gesses aux superbes fleurs (Lathyrus sp.), le Gaillet gratteron (Galium aparine), etc. Largement de quoi remplir un autre article.

Arrêtons nous un moment sur le cas de l'une de ces espèces. Il faut noter que le Chèvrefeuille des bois bénéficie d'une bonne réputation en raison du parfum de ses belles fleurs. Cependant, il est le seul à réellement étrangler les jeunes branches des arbres et arbustes. On remarque parfois dans les bois, les tiges vrillées de celles qui lui ont résisté... C'est lui le coupable !


Le dessin ci-après montre l'évolution conjointe d'une branche d'arbre sur laquelle une liane de chèvrefeuille grimpe.
La bataille est serrée, c'est le cas de le dire. L'étreinte de la liane sculpte la branche en spirale. Tantôt, la branche cède et finit étouffée : la sève ne peut plus passer. Tantôt elle l'emporte en parvenant littéralement à pincer et sectionner la liane (4). Malgré tout, la forme spiralée demeure visible longtemps après la décomposition du chèvrefeuille conférant un caractère féérique au végétal vrillé.

Ceux qui nous lisent depuis un petit bout de temps savent que nous ne rechignons pas à manier l'ironie. Certes, le lierre possède de nombreuses qualités. Pourtant, pour être honnête, il faut tout de même lui reconnaître un léger inconvénient.

S'il ne nuit pas aux arbres, il faut se méfier de lui sur les bâtiments, en particulier les vieux murs. Et le comble : c'est justement là qu'on le tolère le plus aisément ! Une réminiscence esthétique du romantisme ?
En effet, dès que le mur n'est plus lisse ou que le crépi est crevassé, le lierre risque de s'insinuer dans les failles et faire exploser ou disjoindre les pierres. Les vieux murs dont les pierres sont souvent liées avec des mélanges plus ou moins riches en terre lui fournissent en outre un substrat dans lequel il peut développer de nouvelles racines.
Il peut alors repousser plusieurs années de suite, même si on l'arrache tous les ans. Il faut dans ce cas veiller à couper tous les jeunes rameaux plusieurs fois par an pour ne pas en laisser grossir le diamètre. Mais pour n'avoir jamais cessé d'œuvrer sur les vieux murs de la maison de mes parents, je vous souhaite vraiment bon courage si c'est votre cas !

Vraiment, la plante mérite plus juste traitement que celui réservé jusqu'alors. Elle a tant à offrir à nos forêts, nos haies, nos jardins : richesses naturelles, poésie... Oserais-je même tendresse amoureuse ? Il faut la voir s'agripper aux arbres. Non. Que dis-je ! Elle les embrasse, les enlace, les choie, les caresse. Et quand vient pour eux le temps de la sénescence et de la décrépitude, elle redouble de ferveur et de passion exubérante déployant tous ses charmes en une croissance fougueuse.
Ce n'est pas exactement le traitement que nous réservons aux personnes âgées dans nos sociétés au regard de l'état de certaines maisons de retraite...

Mais pour terminer sur une note plus romantique dont j'assume parfaitement le côté fleur bleue, je connais bien deux amoureux dont les alliances sont ornées de feuilles de lierre. Leur devise est celle de la plante :

"Je meurs ou je m'attache."


samedi 27 novembre 2010

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle...

... mais c'est quand même bien plus simple au râteau...



Question : que faites-vous de vos feuilles mortes, lorsque l'hiver approchant les descelle de leur support pour les répandre en une couche épaisse sur votre belle pelouse fraîchement fauchée ? Laissez-moi deviner : vous vous saisissez de votre meilleur râteau, vous faites des gros tas bien égaux, vous allez chercher un grand sac poubelle d'au moins 150 litres dans lequel vous tassez ces vieux confettis décolorés et obsolètes, puis vous abandonnez le tout sur le trottoir, pour que les agents communaux les emmènent hors de votre vue. J'ai bon ?

Eh ben c'est pas bien ! Allez hop, au coin !
Nous, les français, sommes les champions du monde du sac poubelle : nous passons tout notre temps libre à couper et à jeter ce que la Nature met tant d'énergie à faire pousser. Et dès que brindilles et rameaux touchent le sol à nos pieds, ils se transforment immédiatement en quelque chose de peu ragoûtant qu'il faut vite évacuer : on appelle cela des déchets verts (vous avez vu, je n'invente rien) !

Pourtant, s'il y a bien une phrase à retenir de tous les articles de ce blog, c'est que Dame Nature fait très bien les choses, et qu'il n'est nul besoin de jeter ou de brûler ce qu'elle produit. Elle s'occupe de tout elle-même ! En effet, c'est Dame Nature qui est à l'origine de la maxime "rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme". Et en ce qui concerne les déchets verts, vous allez voir comme elle est super forte !

Si nous rétrécissions pour atteindre la taille d'une fourmi et que nous allions nous balader dans un jardin ou sous une haie, nous rencontrerions tout un tas de petites bestioles que l'on appelle les "détritivores" (bon, on les voit aussi si on se baisse au raz du sol et que l'on regarde attentivement, mais c'est moins poétique dit comme ça). Ces détritivores, vous en connaissez certains : vers de terre (lombrics, pour faire plus chic), cloportes, collemboles (non, pas Collargol !), acariens, mille-pattes, coléoptères... Toutes ces petites bêtes sont les agents d'entretien de la nature. Ils grignotent débris végétaux et animaux et les transforment en tout petits morceaux qui seront ensuite décomposés par les bactéries. Après leur passage le long de tous ces tubes digestifs, il ne restera de ces déchets qu'un tas de terreau de la plus belle qualité. Vous voyez où je veux en venir ?

Point de déchets verts dans nos jardins, non ! D'aucuns ont d'ailleurs parfaitement compris le truc et parlent même désormais d'or vert ! Vous vous fatiguiez à jeter chaque année les feuilles mortes qui recouvraient votre pelouse en automne ? Que diriez-vous de les stocker au pied de votre haie ? Vous feriez ainsi d'une pierre quatre coups, oui messieurs-dames ! (1) Vous offririez le gîte et le couvert pour l'armée des mini agents d'entretien de votre terrain tout au long de l'hiver, (2) vous offririez à votre haie un engrais 100 % naturel, (3) vous protégeriez les pieds de vos arbustes en cas de grand froid, et (4) vous feriez un geste pour la planète en économisant la dépense de carburant jusqu'à la déchetterie.

Et alors, ce qui est chouette, c'est que tout ceci fonctionne pour les feuilles, mais aussi les résidus de tonte et de taille, pour peu que l'on s'entoure de quelques précautions.
- pour les résidus de tonte : laissez sécher sur place l'herbe coupée en la retournant de temps pendant deux ou trois jours ;
- pour les résidus de taille : broyez les petites branches à l'aide de votre tondeuse à gazon.
Et ensuite, hop ! au pied de votre haie, de vos arbustes, et de vos massifs fleuris ! Miam ! C'est les détritivores qui vont être contents !

Allez, ne me dites pas que vous n'avez jamais entendu parler de ces techniques. Au moins, vous en connaissez le nom, non ? Si, si, rappelez vous : on appelle ça le compostage. Mais oui ! Vous connaissez ! Alors arrêtez d'acheter votre terreau en magasin et portez un regard neuf sur ces feuilles multicolores qui tapissent votre terrain !

Qu'est-ce qu'on dit ? Merci Dame Nature !

dimanche 21 novembre 2010

Idées reçues sur le lierre - 2ème partie.

Vous trouvez l'équation étrange? Pour la légende de l'illustration rusée d'Olivier, faut lire la suite !


Travaux pratiques de Tonton Olivier.
Pour les empereurs de la fainéantise, Olivier nous propose même une application exploitant divers avantages du lierre (voir épisode précédent) : feuillage persistant, bouturage, biodiversité associée. On pourrait ainsi énoncer la légende de son équation/illustration ci-dessus lumineusement pédagogique :

" Moche thuya tout malade voire même mort"
(remercions au passage l'avisé Bupreste,
coléoptère de son état,
pour sa judicieuse attaque)
+
"Boutures de lierre à 2 francs 25 la tonne"
=
"Totem de biodiversité à peu de frais pour fainéants notoires"


Idées reçues.
Le lierre n'est pas une plante parasite!
Non, non et re-non : elle ne suce pas, ne pique pas, ne vole pas, ne détourne pas la sève, ne serre pas, n'étouffe pas les branches et troncs ! Ceux que l'on nomme à tort suçoirs sont en réalité de simples ventouses.

L'apparition du lierre sur un tronc est même plutôt utile au forestier de par son rôle d'avertisseur. On peut la considérer comme un symptôme de faiblesse de l'arbre. Mais pas une cause de ses difficultés.
En effet, un arbre en bonne santé sait se défendre tout seul contre les parasites (arthropodes, bactéries, champignons, etc.) ou les plantes concurrentes en fabriquant et diffusant un arsenal de substances chimiques toxiques dans son écorce, son bois ou dans son environnement proche. Les raisons pouvant affaiblir les arbres sont nombreuses : sécheresse ou humidité excessive, tassement ou chamboulement du sol, tailles drastiques, pollutions diverses, etc.
Bref, lorsque l'arbre est faible ou malade, l'opacité et la vigueur de son feuillage déclinent. C'est lorsque l'accès à la lumière est facilité et que la concurrence chimique est réduite que le lierre peut croître plus vigoureusement sur les troncs et branches. Sa croissance est donc une conséquence de la faiblesse de son support mais n'en est pas la cause.

Au pire, il peut avoir pour effet d'accélérer la mort d'un arbre déjà bien dépouillé de ses feuilles en faisant un peu d'ombre aux dernières branches peu fournies. Mais le sort en était jeté à relativement court terme.

A suivre...

PS: toute notre reconnaissance émue et respectueuse à ceux qui donneront, dans les commentaires, le nom du piaf chantant dans la belle aquarelle d'Olivier.

Idées reçues sur le lierre - 1ère partie.

Le lierre (Hedera helix L.).
Voici bien l'une des plantes les plus malfamées !

Avec un pareil titre et sur un pareil blog, vous devez me voir arriver à des kilomètres avec mes gros sabots de plomb. Ben oui, j'arrive. Plutôt trois fois qu'une et même au pas de charge, lance à la main, la besace pleine d'arguments minutieusement affûtés et collectés, prêt à pourfendre le cliché avec autant d'ardeur que les fromages pasteurisés (et c'est peu dire que j'adore le lait cru).
Bref, il est temps de défendre l'infortuné végétal :

Intérêts du lierre.
1 - Ses fleurs sont extrêmement riches en nectar en fin d'été et début d'automne lorsque la pénurie de ce liquide est notable.
Si vous n'avez jamais vu la cohue invraisemblable de la foule des abeilles et autres butineurs sur ses fleurs, sachez que c'est un spectacle très impressionnant.
Qui se plaindra d'une plante si favorable à ces insectes sociaux ? Qui est prêt à clamer qu'il ne souhaite pas aider les abeilles m'enverra une déclaration sur l'honneur mentionnant qu'il refuse désormais de manger du miel ou tout autre produit en contenant !

2 - Ses fruits sont consommés par les oiseaux en hiver.
Les ennemis des oiseaux frigorifiés et affamés en hiver peuvent directement copier 100 fois : "j'avais bien conscience que la mortalité des passereaux était comprise entre 50 et 75 % durant l'hiver mais j'ai persisté à les priver davantage d'une nourriture saine et sans pesticides (comme c'est souvent le cas des graines achetées dans le commerce) parce que cela me procurait un grand plaisir. J'ai honte. Suis un vilain. Le ferai plus. Promis."

3 - Le feuillage du lierre forme un manchon de protection hébergeant un écosystème complexe, biologiquement très riche.
Toute l'année, insectes, araignées, mammifères, oiseaux, y trouvent refuge ou s'y chassent les uns les autres. Le lierre gardant ses feuilles en hiver, il protège d'autant mieux tout ce petit monde.
Pour enfoncer le clou, l'ONF classe même les sujets à lierre dans la catégorie des "arbres à haute valeur biologique". Et accrochez-vous bien à vos fauteuils : il est désormais obligatoire de maintenir à l'hectare un nombre minimum de ces arbres dans les forêts publiques. L'objectif étant de protéger la biodiversité. Allez-vous toujours sectionner le lierre au bas du tronc? Si oui, allez hop! Trois fois le tour du pâté de maison à cloche pied en marchant sur les mains.

4 - Ce manchon constitue un site de nidification idéal au printemps et/ou de protection contre le froid en hiver pour les oiseaux et même les chaleurs excessives en été.
Un grand nombre d'espèces doit commencer à construire le nid alors que les feuilles des arbres ne sont pas encore sorties. C'est pourquoi elles privilégient souvent les arbres couverts de lierre. C'est particulièrement vrai pour certains rapaces : l'aigle botté par exemple, peu fréquent et donc à soutenir.
Je sais, je sais, certains aiment l'idée de les voir patienter par -15°C sur les fils électriques avec un vent à décorner les bœufs. Mais bon, là, je ne peux plus rien pour eux, c'est sans espoir !

5 - Ses feuilles persistantes permettent au lierre de créer un masque visuel même en hiver dans une haie.
Il s'agit d'une opportunité avantageuse pour remplacer les thuyas qui abritent autant d'animaux que des arbustes en plastique, acidifient le sol et y stérilisent la vie. Le lierre s'avère robuste et sans exigence particulière d'entretien. Voilà comment concilier biodiversité et praticité. Si vous êtes fainéant, cette fois-ci, allez-y, manifestez-vous, cet argument, vous pouvez l'accepter sans honte !

6 - On peut l'utiliser comme plante couvre-sol.
En tant que plante autochtone un peu partout en France (et au-delà), elle est parfaitement adaptée à nos climats et sols. Elle se stabilisera donc aisément pour peu que vous n'apparteniez pas à cette catégorie de maniaques du rotofil qui ratiboisent l'herbe jusqu'à entamer les premières couches de terre. En relevant un peu la hauteur de coupe, non seulement vous épargnerez votre matériel mais en plus, le lierre vous aidera à lutter contre l'érosion, en particulier sur un talus. Si c'est pas merveilleux...

7 - Et enfin, cerise sur le gâteau, argument massue herculéenne, summum himalayen, le lierre est une plante que l'on peut bouturer aisément !!
Partagez-vous mon enthousiasme ? Non ? Hum ! Je ressens les ondes brouillées de cerveaux plongés dans quelque abîme de perplexité...
En gros, cela signifie que primo : même les pires jardiniers de balcon ont toutes leurs chances de le faire repousser (la preuve, j'y suis arrivé !) en pot ou en pleine terre. Secundo : la ressource est gratuite et ultra commune. Et je vous promets que personne ne vous dénoncera si vous prélevez seulement quelques-uns des plus jeunes rameaux !

A suivre...