Affichage des articles dont le libellé est zones humides. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est zones humides. Afficher tous les articles

lundi 24 février 2014

Les tritons, c'est maintenant !

Aussi méconnus que fascinants, fantasmagoriques, l'imaginaire les transfigure en créatures lointaines et gigantesques. Mais quand les dragons miniatures sont déposés, chétifs et intimidés, dans le creux de la main, l’attendrissement, l'émotion et la magie désarment les plus endurcis. Symboles d'une humanité surpuissante face à une nature fragile.


La palme de la trognonitude (Mais si, voyons ! La trop mignonitude !!) revient au couple suivant :
- Triton palmé (Lissotriton helveticus),
- Triton ponctué (Lissotriton vulgaris).

Mesurant le plus souvent moins de 10 cm de long, ces deux espèces sidèrent par leur si petite taille qui les rend finalement adorables. Si un œil averti distinguera rapidement les mâles, les femelles sont plus difficiles à différencier. Il y a les critères habituels de coloration faciles à trouver un peu partout : les tâches sous le ventre et la gorge varient beaucoup allant de ponctuations nettes à des décolorations.

Vous pouvez préférer la présence de 2 tubercules orange clair au revers des pattes postérieures. Ils sont petits (une loupe peut être utile) mais quand on les a vus une fois, on les revoit facilement. Leur présence caractérise avec efficacité les femelles de Triton palmé. Leur absence (ou un seul tubercule peu marqué et pas vraiment coloré) et c'est la femelle de Triton ponctué.



Ces bêtes sont déjà parties à l'assaut des mares avec l'hiver très doux et pluvieux que nous connaissons cette année. L'idéal pour les voir est une excursion nocturne.

A la rencontre des dragons, de nuit, ça, c'est l'aventure !

Guillaume

PS : si cela peut servir, sachez que cette image est libre de droits.



mercredi 31 juillet 2013

Les choses vraies - épisode 6

Dans le dernier article de la série "les choses vraies", qui relate mon voyage naturaliste en Espagne, j'évoquais le sublime et discret faucon kobez.
J'ai découvert la bête au plumage gris bleuté et aux yeux de braise à cette occasion et je ne pouvais pas en parler sans lui dédier un croquis...
Faucon kobez (Falco vespertinus). Photo : Ivan L.

A présent, procédons à un zoom arrière pour embrasser une vue d'ensemble des lagunes de Villafàfila. Régalons-nous de cet espace peu anthropisé (seuls quelques moutons et leur berger y poussent par-ci par-là) abritant toutes les ressources nécessaires au gîte et au couvert d'innombrables espèces d'oiseaux d'eau tels qu'avocettes, échasses, courlis, chevaliers, sternes, canards divers et variés... Ils se pavanent, se dandinent, ondulent, dérivent tels des badauds faisant leur marché, rien que pour le plaisir de nos yeux émerveillés. Nous y passerons plusieurs jours avant de gagner le site de la Sierra de la Culebra où nous attend le loup !


Le dessin original issu du carnet de croquis.

Mais pour l'heure, je crois que je vais m'arrêter sur ces images afin de ménager encore un peu le suspense !

lundi 8 juillet 2013

Les choses vraies - épisode 5

Suite à la lecture des épisodes 1 à 4 des "choses vraies", vous voici tout haletants et avides de savoir si j'ai pu apercevoir le loup lors de mon voyage de printemps en Espagne.

Eh bien, sachez que ce n'est pas encore aujourd'hui que je vais dévoiler ce secret. Après tout, nous avons tout notre temps. Rappelez-vous que nous nous sommes momentanément affranchis de notre monde de fous pour ouvrir les yeux - et les oreilles - sur les choses vraies qui nous entourent.

La scène qui nous intéresse aujourd'hui est donc d'une banalité délirante : nous sommes sur un chemin de terre, à proximité de zones humides accueillant une communauté d'oiseaux limicoles d'une grande diversité : les lagunes de Villafàfila.
Pourtant, nous avons laissé de coté jumelles et longues-vues pour nous régaler d'un pique-nique entre amis. Le soleil est au rendez-vous, même si les nombreux nuages et une petite flaque d'eau en forme de cœur nous rappellent les intempéries des derniers jours. Une brise légère caresse nos visages et nos bras dénudés. Nous dégustons de délicieux sandwiches-maison, accompagnés d'un gobelet de vin. Nos oreilles sont remplies du chant des oiseaux mêlé aux voix graves et mélancoliques d'un troupeau de montons.
Comment ne pas sortir carnet et crayon dans de telles conditions !

Pause pique-nique, sous les ailes des milans et crécerellettes.
Le croquis original, en noir et blanc.

Évidemment nous sommes là pour observer les oiseaux et on ne s'en prive pas ! Mais cela ne nous empêche pas de faire une pause touristico-culturelle dans les ruines du petit village de La Tabla, situé à proximité. Village dans lequel nous aurons la chance d'observer le rare Faucon kobez...

Escale touristique.
Croquis original en noir et blanc.
Qui avait remarqué le nid de cigogne accroché au toit de l'église ?

Fichtre, encore un nouvel article-pavé ! Je m'arrête donc là pour aujourd'hui et je vous retrouve dans quelques jours, avec des dessins tout frais...

jeudi 25 octobre 2012

Aujourd'hui, on réinvente l'eau chaude.

Vieil arbre, Étang de la Mer Rouge, Brenne, 2011.


Il existe des mécaniciens de la nature. Ils essayent de restaurer ce que d'autres ont détruit ou ils détournent à leur profit certaines propriétés des écosystèmes. Les plus sages d'entre eux se contentent souvent de laisser la nature agir ou se réparer toute seule. Parfois, ils se servent d'elle pour des tâches que la technologie tente imparfaitement d'accomplir (épurer l'eau, par exemple). Leur discipline, c’est le génie écologique.
On peut mettre à leur crédit un certain nombre de réussites.

A condition de ne faucher qu'une fois l'an et de ramasser les fauches, on peut, au bout de quelques années (oui, tout de même), récupérer une prairie relativement diversifiée (Y compris dans les jardins. OUI ! MÊME LE VÔTRE !) là où les tontes hebdomadaires avaient régné durant trop longtemps.

On peut replanter des haies (AVEC DES VÉGÉTAUX SAUVAGES LOCAUX ! Y compris dans les jardins. OUI ! MÊME LE VÔTRE !) Même si une haie poussera toute seule sur une bande jamais entretenue...

Grâce au pâturage mais aussi avec de puissants engins mécaniques, on restaure des zones humides que les végétaux en développement avaient asséchées. On peut encore re-profiler les berges, re-creuser des mares comblées, etc. Y compris dans les jardins. Mais pas forcément tous... On réhabilite même des carrières !!

Bref, on peut restaurer des tas d'écosystèmes variés favorables à une riche biodiversité... Le résultat n'est pas toujours à la hauteur de la situation antérieure aux dégradations mais ne broyons pas du noir, c'est plutôt encourageant. Si on le lui permet, la Nature revient très vite. Il suffit de constater la vitesse de colonisation d'une terre nue par les végétaux sauvages...

Seulement parfois, ça coince. Il est désormais temps d'enfoncer une porte ouverte. Quand on abat un vieil arbre, les ingénieurs ont beau tourner le problème dans tous les sens, il n'y a pas de solution de remplacement.

Le chêne d'à peine 100 à 200 ans (car il y a bien plus vieux), celui qui présente à la fois un gros volume de bois sain et un gros volume de bois mort avec pour chaque catégorie un cortège de faune spécifique (probablement plus de 1000 espèces d'arthropodes sur les essences de chênes européens), celui-ci est irremplaçable.

On ne sait pas planter de vieux arbres. C'est ridicule à dire mais j'ose prétendre qu'il faut le rappeler.

Guillaume.

PS: une dernière porte ouverte enfoncée pour la route : le plus simple serait de ne pas détruire !
Dans la salle et derrière les écrans, des  "Oh !"  et des "Ah!" admiratifs. "Lumineux ! Oh, la belle bleue ! Époustouflant ! Quelle sagesse !"
Le rédacteur : "Merci, stop, n'en jetez plus !"

dimanche 16 septembre 2012

Balade en zone humide


C'est vrai, nous le reconnaissons, nous avons peu posté cet été. Ce n'est pas l'envie qui nous en manquait, mais plutôt le temps... Oui, même si c'est pour nous un véritable plaisir de déballer nos loufoqueries sur ce blog, ça prend quand même un peu de temps. Notamment pour les dessins... Mais cet été, on m'a offert un carnet de croquis que j'emmène désormais toujours avec moi. Et quand l'occasion se présente, hop ! Un crobard de gagné !
Celui-ci a été réalisé à l'occasion d'une soirée entre amis sur un marais qui constitue ni plus ni moins qu'un "hot-spot" régional de biodiversité. Pendant qu'ils zieutaient dans leurs jumelles et leurs longues-vues, j'ai sorti mon carnet et mon crayon et j'ai commencé à croquer la scène que j'avais sous les yeux. Je l'ai coloriée tranquillement à la maison, à l'aide de ma tablette graphique.

Les "zones humides" comme ce marais revêtent une importance considérable pour la biodiversité et pourtant, elles figurent parmi les milieux naturels les plus menacés de disparition dans le monde. Ce n'est pas pour rien qu'elles sont protégées par une convention internationale signée en 1971 à Ramsar (Iran).
En France, un rapport signé par le sénateur Paul Bernard en 1994 a montré que la surface des zones humides (marais, mares et étangs, tourbières, zones d'expansion de crues des cours d'eau, etc.) avait diminué de moitié entre 1940 et 1990, sous l'effet des politiques publiques. 50 % ! Alors qu'elles sont reconnues par tous les naturalistes comme les milieux les plus riches en matière de patrimoine naturel. A titre d'exemple, ces écosystèmes abriteraient 30 % des espèces végétales remarquables et/ou menacées, et auraient un rôle important dans la biologie de 50 % des espèces d'oiseaux.
S'il ne s'agissait que de petites fleurs et de petits zoziaux, ce ne serait pas vraiment perçu comme un problème par tous (malheureusement !) mais il faut aussi souligner que l'intérêt des zones humides va bien au delà du simple plaisir des yeux et des oreilles pour une poignée d'amateurs de nature : ces milieux fournissent avant tout d'importants services à l'ensemble de la population humaine. Jugez plutôt :
- épuration de l'eau par les hélophytes (comme les roseaux et les massettes ; on estime que cette propriété épuratrice permettrait une économie de traitement de l'eau potable à hauteur de 2000 euros/ha/an),
- écrétage des crues. Les zones humides fonctionnent exactement comme des éponges : elles absorbent l'eau quand il y en a trop, et elles la relarguent en période de sécheresse... Bye-bye les inondations !
- absorption de CO2, puits de chaleur,
- lieux de promenade, d'observation de la nature, de bien-être, d'activités récréatives comme la pêche...
... et ce, sur 5,5 % du territoire métropolitain !

Et malgré ça, ces milieux continuent de se réduire comme peau de chagrin sous l'effet des activités humaines : pollutions agricoles ou utilisation comme décharges publiques, remblaiement, drainage et mise en culture, urbanisation en zone inondable, plantation de peupleraies (les peupliers sont des arbres qui consomment beaucoup d'eau et qui sont donc utilisés pour assécher les zones humides), atterrissement et comblement naturel, prélèvements abusifs (industrie, eau potable, agriculture), j'en passe et des meilleures. Bref, il est urgent de faire changer les mentalités avant que ces écosystèmes et leurs fonctions ne soient irrémédiablement perdues.Si ce blog peut contribuer ne serait-ce qu'un peu à la sensibilisation de tous les acteurs du territoire, nous n'aurons pas tout perdu !

Cette morale vaut bien un dessin, sans doute.

Olivier