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samedi 18 juillet 2015

Sur les traces du castor et des odonates (3)

Olivier, un peu las :
"Allez, encore un article que je vais me taper tout seul... Et Guillaume qui est encore aux abonnés absents... Ah, ça, dès que le printemps arrive, y a plus personne... J'te jure... Bon. Hum ! Hum !
Chers lecteurs, aujourd'hui, un nouveau dessin - deux, en fait - tiré de nos aventures ligériennes.
Le premier est simplement une mise en couleur du croquis de la semaine dernière, afin que vous puissiez mieux en cerner l'ambiance.

  

Le second dessin représente un habitant des lieux. Il s'agit d'une demoiselle... Mâle...
Je suis conscient que l'information peut être perturbante, mais laissez-moi dissiper cet apparent paradoxe. Les demoiselles sont...

Guillaume, entrant brusquement dans le bureau de rédaction :
"Houlà, attention, attention, Olivier !  Mon ami, je t'aime bien mais là excuse-moi avec tes histoires de demoiselles mâles, tu compliques tout, tu vas perdre nos chers lecteurs. Laisse faire le pro, ça va devenir trop technique, il va falloir vulgariser.
Tu vas voir comme je vais te faire ça, limpide et concis, comme d'hab, quoi.
Bien. Pour comprendre ce que l'on entend par demoiselle, il faut tout d'abord définir la synecdoque."

Olivier, inquiet :
"Synecdoque ? Mais Guillaume, t'es sûr de toi ? C'est pas un essai sur la rhétorique !"

Guillaume, plus sûr de lui qu'un général :
"La synecdoque, donc, est une figure de rhétorique. C'est une métonymie particulière qui s'appuie sur des rapports quantitatifs. Concrètement, elle consiste à exprimer le tout pour la partie (inclusive, généralisante) ou la partie pour le tout (restrictive, particularisante). L'expression bien connue à travers la France (mention spéciale à la Bretagne, selon les chiffres officiels) "boire un verre" est donc une synecdoque généralisante alors que "20 têtes de bétail" est particularisante.

Odonates est le terme scientifiquement approprié pour ce que l'on nomme généralement les libellules. Ce dernier terme s'applique en fait à un groupe d'odonates. Le commun des mortels use ainsi sans le savoir d'une synecdoque particularisante quant il utilise ce terme.
Ce qu'il ignore encore plus, c'est qu'il s'agit d'une synecdoque restrictive de deuxième degré. En effet, les libellules, vraies donc, constituent un groupe inclus lui-même dans un super groupe appelé "anisoptères".
Les anisoptères se caractérisent par le fait qu'ils étendent leurs ailes bien à plat lorsqu'ils se postent. Vous aurez remarqué au passage que le terme anisoptère s'emploie au masculin. Utiliser à la place le terme de libellule revient donc à user d'une synecdoque transsexualisante andromorphique (puisqu'on passe du genre féminin au masculin).
Enfin, petite particularité sympathique, les libellules vraies, plus rigoureusement nommées Libellulidae font souvent exception à la position des ailes en vigueur décrite ci-avant. Celles-ci sont souvent placées vers l'avant et vers le bas, en oblique et plus vraiment en croix."

Olivier, déconfit :
"Hein ? Mais tu rigoles ? Tu nous parles de synecdoque au carré pour finir par nous dire que les libellules vraies n'ont rien à faire parmi les anisoptères ! Ce qui est faux par dessus le marché ! Elles en font bien partie ! Tu trouves ça clair, toi ? Et ma définition de demoiselle, alors, je vais y avoir droit, à la fin ?"

Guillaume, déstabilisé :
"Oh, bon, dès qu'on élève un peu le niveau dans ce pays, on dirait qu'on va déclencher la chasse aux intellectuels".

Olivier, plié de rire :
"Dis, t'en rajoute pas un peu, non ?"

Guillaume, docte :
"Bon, en fait, anisoptère signifie ailes différentes. Les antérieures n'ont pas la même forme que les postérieures. C'est la vraie particularité de ce groupe qui inclut les libellules vraies."

Olivier, accommodant :
"Bien ! Les anisoptères ont les ailes avant différentes des ailes arrière. Tu vois, quand tu veux ! Et si tu faisais un effort de concision pour nous parler des autres odonates ?"

Guillaume, taquin :
"Tu veux dire que je dois évoquer rapidement le fait que les zygoptères referment souvent leurs ailes en arrière au dessus de leur abdomen, notamment parce qu'il existe là aussi des exceptions ?".

Olivier, suspicieux :
"Oui, c'est ça."

Guillaume, super-taquin :
"Pas la peine de préciser, donc, que l'exception concerne les lestes (lestidae) qui ont souvent les ailes placées en arrière mais écartées obliquement et non pas collées l'une contre l'autre, à l'opposé de la position particulière des libellules vraies ?"

Olivier, pas dupe :
"Voilà."

Guillaume, outrecuidant (cherchant la gifle ?) :
"J'imagine que je peux laisser tomber la rhétorique et passer sous silence le fait que le terme "demoiselles" est une synecdoque particularisante de premier degré quand il est utilisé pour parler des odonates puisqu'il ne concerne qu'une partie des zygoptères ?"

Olivier, bourrant le tromblon de ferraille et de clous rouillés :
"C'est ça, ouais, fous-toi de ma gueule..."

Guillaume, à reculons, mains en l'air :
"Faut-il laisser tomber le fait que les zygoptères comprennent plusieurs groupes d'odonates généralement petits, dont les agrions, les lestes, les pennipattes et donc les demoiselles ?"

Olivier, logeant le fût du canon dans la narine de son compère :
"Crache le morceau."

Guillaume, se rendant à l'évidence, pressé :
"Je sens bien que je n'ai pas le choix. Bien. Les zygoptères se caractérisent par le fait que les ailes antérieures sont identiques aux ailes postérieures. T'es content, là ?"

Olivier, large sourire satisfait, tromblon sur l'épaule :
"Je termine, tu permets ?"

Guillaume, résigné :
"Je t'en prie."

Olivier :
"Tu es trop aimable ! 
Pour les curieux, le zygoptère ci-dessous, croqué au bord de la Loire est une demoiselle appelée Calopteryx splendens. On devine que c'est un mâle à sa belle couleur bleu métallisé."

Guillaume, avec un petit rire maniaque par dessus l'épaule d'Olivier :
"Sinon, mon boucher qui a un cheveu sur la langue, quand il me propose son "zigot d'agneau", j'ai l'impression qu'il me parle de demoiselles."


Olivier :
"DEHORS !!! Ah mais c'est pas vrai ! Faut le faire soigner !"



Guillaume et Olivier.



samedi 23 mai 2015

Sur les traces du castor (2)

Dans le dernier post, nous nous promenions sur la Loire, à la recherche des castors.
La Loire est un fleuve franchement magnifique, dont les rives sont restées très sauvages par endroits. Sur le secteur que nous avons choisi, nous sommes à mille lieues des pauvres berges bétonnées, canalisées, colonisées par les sachets en plastique, les boites en polystyrène et les canettes de soda sucré.
Imaginez-vous un après-midi ensoleillé sur une grève de sable chaud. Vous fermez les yeux, mais vous ressentez tout de même la lumière rouge du soleil qui vous éblouit à travers vos paupières. Vous sentez aussi une fine brise sur la peau de votre visage et de vos bras. Vous êtes bien. Tellement bien que vous allez vous accorder une petite sieste. Après tout, vous vous êtes couchés bien tard pour épier les castors, la veille.
Au réveil, vous vous dites que le coin vaut bien un petit dessin. Alors, vous sortez votre petit carnet et votre crayon tandis que vos compagnons de voyage sortent leurs jumelles et leurs longues vues.
Et vous dessinez.
Ce qui donne à peu près ceci.














  Olivier

mercredi 6 mai 2015

Sur les traces du castor

Chose promise, chose due : dans mon dernier article, je me proposais de vous emmener une nouvelle fois en "balade nature".

Le décor du jour : la Loire sauvage.
La cible : le castor d'Europe (Castor fiber pour les latinistes).

Le castor est le plus gros rongeur autochtone de nos régions, d'où il a bien failli disparaître au siècle dernier à cause des activités humaines : chasse alimentaire ou vestimentaire (sa fourrure était utilisée pour fabriquer des toques et des manteaux), drainage des zones humides et pollution des rivières, construction de barrages, etc.
Aujourd'hui protégé, il voit à nouveau croître ses effectifs et recolonise petit à petit les cours d'eau où il était historiquement présent, et la Loire en fait partie.

Le canoë est le moyen idéal pour rencontrer l'animal dans son milieu naturel : il permet une approche silencieuse et non intrusive. Nous avons pour l'occasion un guide qui connait parfaitement cette section du fleuve.

Nous embarquons donc vers 19 heures, un peu avant le coucher du soleil et nous glissons discrètement sur l'onde. Seul le clapotis de nos pagaies et nos chuchotements troublent la paix imposée par le fleuve. Nous entendons également quelques chants d'oiseaux tardifs se souhaitant bonne nuit.


 

Le castor est beaucoup moins timide que le loup. De mœurs plutôt nocturnes, il vaque à ses occupations en début et en fin de nuit. Nous apercevons bientôt nos premiers individus dans les jumelles. Dès qu'ils nous repèrent, ils plongent sous l'eau pour nous fausser compagnie. La bête est capable de tenir plus de cinq minutes en apnée.
Bientôt, la nuit tombe et nous ne les apercevons plus qu'à la faveur d'un rayon de lune. Nous entendons parfois le clac ! de leur queue plate qu'ils utilisent à la surface de l'eau comme système d'alarme pour signaler les intrus.


La soirée se termine à deux heures du matin, plusieurs kilomètres en aval de notre point de départ.
Nous conserverons longtemps les souvenirs de ces observations noctambules, tout comme nous garderons un souvenir impérissable du pique-nique improvisé de nuit sur une petite crique autour d'un feu de bois sur lequel grésillaient de succulentes saucisses accompagnées d'un petit verre de vin.

  Olivier

samedi 28 mars 2015

Les choses vraies - épisode 8

Les fidèles lecteurs de ce blog reconnaîtront peut-être le titre de cette série à suspense qui relatait mes aventures en Espagne sur les traces du loup et de l'ours. Pour mémoire, un lien vers l'épisode 1.

En fouillant mes carnets de croquis récemment, j'ai retrouvé quelques dessins datant de cette odyssée. Là encore, ce sont des instantanés de moments simples mais de grande valeur pour moi : des repas entre amis, des observations complices... Des choses vraies encore une fois...

Souvenez-vous, à la fin de l'épisode 7, nous baignions dans l'euphorie, les oreilles résonnant encore des hurlements poussés par la meute (celle des loups, pas la nôtre).
Dès l'aube suivante, nous sommes retournés sur le site. Bien sûr, l'animal ne nous avait pas attendus, mais le lever du soleil qui s'est joué devant nos yeux ensommeillés a malgré tout constitué une magnifique récompense pour nos efforts. Seuls quelques ongulés traînaient encore sur le site.


C'était le dernier jour de notre voyage, mais nous n'étions pas mélancoliques.



Pour clore cette série espagnole, voici quelques images souvenirs mises en couleurs.
- La troupe des naturalistes vissés à leurs lunettes.



- Un vieil arbre qui m'a séduit lors d'une balade, sur fond de parc éolien.



- Le barbecue municipal de Sesnàndez de Tàbara où nous avons savouré des grillades arrosées d'un bon vin.



Depuis lors, j'ai fait quelques autres balades dont les dessins suivront un de ces jours. Stay tuned !  :)

Olivier

mardi 1 octobre 2013

Les choses vraies - épisode 7

Lien vers l'épisode précédent

Enfin ! Nous y voilà :
La Sierra de la Culebra, autrement dit le "massif de la Couleuvre". Bien sûr, ce n'est pas la couleuvre que nous sommes venus traquer (voir les épisodes précédents). Le site est connu pour abriter une bonne population de loups. Ce n'est pas vraiment la période idéale pour les observer, mais nous sommes malgré tout emplis d'espoir.

Nous nous sommes installés en début de soirée. Nous formons une belle ligne sur un versant de colline et nous avons sorti longues-vues et jumelles pour scruter la plaine qui s'étire devant nous sur des kilomètres.


C'est parti. Une dizaine de paires d'yeux balaient le site en simultané. Chaque mouvement nous fait tressauter, espérer... Ici, un renard tout absorbé par les petits mouvements de l'herbe. Là, un oiseau qui rentre se coucher après une dure journée. Là encore, un chevreuil qui hume le vent d'un air inquiet. Tout au fond, un chat en maraude.

Quand tout à coup... Il est là : un long hurlement se fait entendre. Un autre suit, puis des jappements ! Le concert dure quelques secondes pendant lesquelles nous restons pétrifiés, extatiques. Le son s'arrête. Il est près de 21h30. Nous nous regardons tous, les yeux brillants, un sourire béat sur le visage.
On ne le voit pas mais il est là, sous nos yeux, dans cette plaine, caché dans un bosquet d'arbres, dans des fourrés. Il est là, à seulement quelques kilomètres !

La nuit tombe doucement. Nous restons encore quelques minutes, jusqu'à ce que nos yeux n'y voient plus goutte, le temps d'observer une famille de sangliers en pique-nique.


Il est désormais temps de lever le camp. Nous rangeons notre matériel optique et nous nous promettons de revenir le lendemain à l'aube...



Les dessins originaux, tirés du carnet de croquis


mercredi 31 juillet 2013

Les choses vraies - épisode 6

Dans le dernier article de la série "les choses vraies", qui relate mon voyage naturaliste en Espagne, j'évoquais le sublime et discret faucon kobez.
J'ai découvert la bête au plumage gris bleuté et aux yeux de braise à cette occasion et je ne pouvais pas en parler sans lui dédier un croquis...
Faucon kobez (Falco vespertinus). Photo : Ivan L.

A présent, procédons à un zoom arrière pour embrasser une vue d'ensemble des lagunes de Villafàfila. Régalons-nous de cet espace peu anthropisé (seuls quelques moutons et leur berger y poussent par-ci par-là) abritant toutes les ressources nécessaires au gîte et au couvert d'innombrables espèces d'oiseaux d'eau tels qu'avocettes, échasses, courlis, chevaliers, sternes, canards divers et variés... Ils se pavanent, se dandinent, ondulent, dérivent tels des badauds faisant leur marché, rien que pour le plaisir de nos yeux émerveillés. Nous y passerons plusieurs jours avant de gagner le site de la Sierra de la Culebra où nous attend le loup !


Le dessin original issu du carnet de croquis.

Mais pour l'heure, je crois que je vais m'arrêter sur ces images afin de ménager encore un peu le suspense !

lundi 8 juillet 2013

Les choses vraies - épisode 5

Suite à la lecture des épisodes 1 à 4 des "choses vraies", vous voici tout haletants et avides de savoir si j'ai pu apercevoir le loup lors de mon voyage de printemps en Espagne.

Eh bien, sachez que ce n'est pas encore aujourd'hui que je vais dévoiler ce secret. Après tout, nous avons tout notre temps. Rappelez-vous que nous nous sommes momentanément affranchis de notre monde de fous pour ouvrir les yeux - et les oreilles - sur les choses vraies qui nous entourent.

La scène qui nous intéresse aujourd'hui est donc d'une banalité délirante : nous sommes sur un chemin de terre, à proximité de zones humides accueillant une communauté d'oiseaux limicoles d'une grande diversité : les lagunes de Villafàfila.
Pourtant, nous avons laissé de coté jumelles et longues-vues pour nous régaler d'un pique-nique entre amis. Le soleil est au rendez-vous, même si les nombreux nuages et une petite flaque d'eau en forme de cœur nous rappellent les intempéries des derniers jours. Une brise légère caresse nos visages et nos bras dénudés. Nous dégustons de délicieux sandwiches-maison, accompagnés d'un gobelet de vin. Nos oreilles sont remplies du chant des oiseaux mêlé aux voix graves et mélancoliques d'un troupeau de montons.
Comment ne pas sortir carnet et crayon dans de telles conditions !

Pause pique-nique, sous les ailes des milans et crécerellettes.
Le croquis original, en noir et blanc.

Évidemment nous sommes là pour observer les oiseaux et on ne s'en prive pas ! Mais cela ne nous empêche pas de faire une pause touristico-culturelle dans les ruines du petit village de La Tabla, situé à proximité. Village dans lequel nous aurons la chance d'observer le rare Faucon kobez...

Escale touristique.
Croquis original en noir et blanc.
Qui avait remarqué le nid de cigogne accroché au toit de l'église ?

Fichtre, encore un nouvel article-pavé ! Je m'arrête donc là pour aujourd'hui et je vous retrouve dans quelques jours, avec des dessins tout frais...

samedi 29 juin 2013

Les choses vraies - épisode 4

Souvenez vous : nous sommes en Espagne, c'est le printemps et nous sommes sur la piste de nos plus grands carnivores européens : l'ours et le loup.
Après une traque humide et froide, mais ô combien récompensée, nous venons d'apercevoir le premier.
Les yeux emplis d'étoiles et le cœur léger, nous reprenons notre route afin de nous diriger sur le "spot" à loups espagnol : la Sierra de la Culebra.
Cependant, je suis accompagné d'insatiables ornithologues et notre chemin est ponctué de haltes au cours desquelles on déballe jumelles, longues-vues, et copieux casse-croûtes à base de jambon et de saucisson espagnol.

Première pause : nous avons quitté la montagne, et pour la première fois depuis notre arrivée, il fait beau. Voici enfin une occasion de sortir carnet et crayon du fond de mon sac pour un crobard en direct live !

Passage au dessus du Rio Esla, en direction de Villafàfila

La version en couleur

Quelques minutes plus tard, nous remontons en voiture et nous prenons la direction des Lagunes de Villafàfila, haut-lieu ornithologique où nous espérons croiser de splendides volatiles.
Serons-nous récompensés ? Vous le saurez sans doute, si vous repassez sur ce blog d'ici quelques jours.

dimanche 9 juin 2013

Les choses vraies - épisode 3

Dans l'épisode précédent, je vous racontais ma rencontre avec l'Espagne et son étonnant climat.
Une fois la surprise passée, nous avons rayonné durant quatre jours autour de notre camp de base situé à Pola de Somiedo - dans les Asturies - à la recherche des ours bruns, dont la population locale est beaucoup plus importante que celle de nos ours pyrénéens.
Notre temps s'écoulait entre :
- séances patientes, silencieuses et attentives d'observation - aux jumelles et à la longue-vue - d'un paysage cotonneux, percé ici et là d'une pointe de verdure cherchant désespérément à exprimer sa vigueur printanière.
Orchidée ayant réussi sa sortie. Photo : Bruno H.
 - échanges d'information enthousiastes avec des autochtones très ouverts et très désireux de nous faire découvrir leurs plantigrades favoris.
- casse-croûtes réconfortants et chaleureux, à base de saucisson, chorizo et jambon du pays.

Je n'ai pas eu beaucoup d'occasions d'ouvrir mon carnet à dessins durant ces quatre jours, en raison d'une météo capricieuse oscillant entre neige, grêle ou encore pluie (et même, parfois, un peu des trois en même temps). Le dessin qui suit est donc une reconstitution d'après les photos que nous avons prises.
"OURS !" (SMS et photos : Bruno H.)
Eh oui ! On l'a vu ! Ou plutôt on les a vus. Un gros mâle et une femelle qui se faisaient la cour, et que nous avons observés six heures durant (Antoine vous dira plutôt 5h30, parce qu'il est beaucoup plus rigoureux qu'Ivan et moi). Le mâle suivait la femelle, à quelques mètres de distance, et la paire s'arrêtait de temps en temps pour grignoter ou faire une petite sieste. Quel régal, juste avant de lever le camp pour la Sierra de la Culebra, "spot à loups" espagnol renommé !

Mais évidemment, ceci est une autre histoire...

samedi 1 juin 2013

Les choses vraies - épisode 2 (l'arrivée)

Chose promise, chose due : voici le deuxième épisode de mon voyage à la rencontre de la faune sauvage, la vraie. Celle qui possède des crocs tranchants et des griffes acérées.
Ce voyage, comme je le disais dans le message précédent, m'a conduit à découvrir l'Espagne, un pays que je ne connaissais pas, mais à propos duquel j'avais des préjugés en matière de climat. Préjugés qui - comme tout préjugé qui se respecte - se sont révélés inexacts.
On m'avait dit qu'il faisait beau et chaud en Espagne, parce que c'est le sud. J'avoue avoir été un peu surpris en découvrant cette vue au mois de Mai... J'ai même douté un moment, m'imaginant que nous avions fait 1200 km dans la mauvaise direction...

L’Espagne au mois de Mai - cliquez pour agrandir














Vous allez me dire que j'exagère. Que l'on peut faire dire n'importe quoi à un dessin. Vous voulez une preuve, c'est ça ?

Les aventures d'Olivier en Espagne (cliché : Bruno H.)














Mais qu'à cela ne tienne ! Maintenant que nous étions là, plus rien ne pouvait nous arrêter ! Ours et loups n'avaient plus qu'à bien se tenir !

La suite au prochain épisode, bien sûr !

mardi 21 mai 2013

Les choses vraies


Le dessin d'aujourd'hui possède une longue histoire, et celle-ci s'est déroulée en plusieurs étapes.
La vue que vous avez devant les yeux date d'environ un an. A ce moment, j'ai rejoint un vieil ami (je veux dire un ami de longue date, et non pas un ami âgé ;) dans les Pyrénées où nous avons passé trois jours à pister les ours bruns français.
Même si l'on n'a vu que des indices de présence, je garde un souvenir émerveillé de ces trois jours durant lesquels j'ai éprouvé un sentiment de totale liberté, chose qui ne m'était pas arrivée depuis des années. Imaginez-vous : un espace infiniment grand, cerné de montagnes grandioses. Aucune contrainte horaire autre que celle de manger quand vient la faim, de dormir lorsque la nuit tombe. Et surtout, l'impression d'avoir du temps à ne plus savoir qu'en faire. Le sentiment de renouer avec l'essentiel, avec ce qu'ont pu vivre nos aïeux. Pas de superflu, pas d'électricité, pas d'eau courante en dehors de celle de la source qui coule derrière la minuscule cabane de berger que vous apercevez au milieu de l'image, pas de réseau téléphonique, pas de messagerie électronique ! Juste des activités vraies, vitales : manger, dormir, marcher, rêver, partager, et l'impression d'un temps bien utilisé, le sentiment d'appartenir à un univers aux rouages millénaires bien huilés.

A ce stade de mon récit, vous souriez peut-être de me voir vanter avec nostalgie la simplicité de la vie tout en rédigeant un article pour un blog sur internet ! Mais c'est là qu'intervient la deuxième étape de cette histoire. En septembre dernier, j'ai assisté à une conférence de Pierre Rabhi, un agriculteur-penseur reconnu pour ses positions en faveur d'une agriculture humaniste et plus respectueuse de l'environnement. Cette conférence abordait la notion de "sobriété heureuse", de dénuement, de simplicité, ce qui a évidemment fait résonner en moi les souvenirs de mon voyage pyrénéen. A cet instant, j'avoue que j'ai un peu culpabilisé d'être aussi dépendant d'internet dans ma vie de tous les jours... jusqu'au moment où Pierre Rabhi nous a raconté qu'il ne lui semblait pas pertinent de dénoncer en bloc le progrès et les écrans, parce que ceux-ci pouvaient être mobilisés pour se rebeller contre un système trop inégalitaire, ou encore pour faire découvrir au plus grand nombre la beauté de notre monde. Et je crois qu'en effet, c'est bien ce que Guillaume et moi essayons de faire avec ce blog.

Me voilà donc réconcilié avec internet et je peux donc vous conter la dernière étape de mon histoire, celle qui a abouti au dessin d'aujourd'hui. Je reviens d'une semaine de vacances en Espagne avec une bande de potes, semaine au cours de laquelle :
- nous avons pu voir des ours en vrai,
- nous avons entendu une meute de loups pour de vrai,
- j'ai à nouveau pris le temps d'apprécier des choses devant lesquelles je passe le plus souvent à toute vitesse : des paysages simples ou sublimes, des instants de partage, des bons repas... Bref, des choses vraies. Et cette fois-ci, j'ai aussi pris le temps de les dessiner.

Le dessin qui illustre cet article est donc le premier d'une petite série, qui je l'espère, me permettra de vous transmettre une partie de la magie que je ressens lorsque je quitte notre monde de fous pour retourner dans le vrai monde !

A très bientôt !