On n'a pas tout de suite compris ce qui nous arrivait. Tout ce que l'on pouvait voir, c'était un champs dévasté. J'apercevais bien quelques inflorescences rescapées par ci par là, mais tout le reste avait disparu. Une forêt de tiges étêtées, rien de plus. J'étais complètement désemparée devant ce spectacle de désolation. Je n'avais jamais vu ça de ma vie. Qu'est-ce qui avait bien pu se passer ? Quelle force surnaturelle avait bien pu engendrer un tel désastre ?
Je suis rentrée au radar, groggy. J'en ai immédiatement parlé à toutes celles que je croisais sur mon chemin. D'autres sont revenues, plus tard, avec des informations qui confirmaient mes dires. Ça aurait pu s'arrêter là, mais nous découvrîmes rapidement que le cauchemar ne faisait que commencer. Ce champs n'était pas le seul à avoir subi le même traitement. Plusieurs de nos parcelles n'étaient maintenant plus exploitables. Elles avaient toutes été rasées, semble-t-il par le même procédé.
Un certain nombre d'entre nous, les plus jeunes surtout, se mirent à s'agiter. Je pris la parole et demandai le silence. Il allait falloir nous organiser afin de savoir ce qui causait la perte de nos récoltes. Plusieurs groupes furent envoyés sur les parcelles supposées encore intactes. Les autres reprirent les tâches quotidiennes, s'occupant l'esprit pour éviter de réfléchir.
La journée était bien avancée lorsque je découvris, avec l'une de mes sœurs, l'origine de la catastrophe. C'était une créature gigantesque qui poussait devant elle un engin vrombissant, une machine infernale qui avalait peu à peu tous les fruits de nos efforts, ne laissant derrière elle que de malheureux brins coupés au ras du sol. Comment ne pas rester tétanisées devant cette vision d'apocalypse ? La machine était diablement efficace ! Il ne lui fallut que peu de temps pour saccager intégralement un champs que nous avions minutieusement récolté pendant de si longues journées.
Nous revînmes faire notre rapport aux autres, et nous prîmes la décision d'alerter la Matriarche.
Avec un air grave, celle-ci nous expliqua qu'il en était ainsi chaque année, à la même époque, et que dorénavant, nous allions devoir redoubler d'efforts pour ramener la ressource à la Ruche. Que les plus faibles d'entre nous allaient mourir d'épuisement. Que la période faste était terminée...
La tradition du "jardin à la française" s'est imposée au XVIIème siècle. Cette tradition avait pour objectif de corriger et de domestiquer une nature que nos lointains ancêtres trouvaient hostile. Pourtant, en y regardant de plus près, il faut bien avouer que cette nature hostile fait souvent bien les choses et qu'il n'est pas inintéressant de la regarder ou de l'écouter s'exprimer. Que diriez vous de faire un petit "retour aux sources" avec nous ?
dimanche 24 avril 2011
samedi 16 avril 2011
L'attaque qui tue pas trop, en fait ! Le retour...
Or, doncques, dans l'épisode précédent, nous nous trouvions dépourvus et tétanisés face à l'horreur verte en ordre de marche, prête à envahir à notre insu, nos magnifiques trottoirs et espaces verts "bien" entretenus. Sommes-nous donc condamnés ? Personne pour les arrêter ? Ni héros ? Ni champion ?
Ah ! Mais si ! Voyez cette silhouette rassurante se dresser face à la sournoise menace ! Rassurez-vous, les hordes de créatures vertes se font bien massacrer la tronche ! Contrairement aux films d'épouvante, la technologie humaine les décime avec une déprimante efficacité.
Même pas de suspense hitchcockien, c'est réalisé sans aucune finesse. Un vrai film de bucheron ! Sauf que le mec qui tient la tronçonneuse, là, il est censé nous défendre... Ce ne serait pas lui, cette fois-ci, le dangereux tueur ?
Invariablement, aux beaux jours, il procède à une régulation efficace des envahisseurs verts. Tout au plus, quelques placettes oubliées par miracle échappent au carnage.
Le truc, c'est que dans le lot, les orchidées sauvages morflent elles-aussi : plus de 35 espèces sauvages rien qu'en Ile-de-France ! Et beaucoup pourraient pousser si nous leur en laissions un peu le temps. Même sur des bords de route, dans nos jardins, etc. Mais si ! J'ai des preuves ! Cela n'arrive pas qu'aux autres.
Habituellement, le ton de ce blog n'est pas trop déprimant. Alors, non, je ne vais pas vous laisser assommés de désarroi paralysant. Je vais vous proposer encore une fois de passer à l'action.
Voici à quoi ressemble en ce moment (sortie d'hiver) une orchidée sauvage. Une rosette de feuilles basses et luisantes, aux nervures parallèles :


Mais cela peut devenir aussi cela :
![]() |
| Fleur d'Orchis militaris. |
Bon là, j'avoue que ça peut vraiment ficher les jetons. Je comprends le mec à la tronçonneuse. Nue et casquée comme un fier spartiate, la fleur de l'Orchis militaire en jette en combinaison moulante de strass rose. Si l'on ajoute à cela son imposante stature de plus de deux centimètres. Parbleu ! J'en frémis déjà.
Mais on franchit encore un palier dans l'horreur avec les fleurs de l'Ophrys Goldorak, ci-dessous, véritable machine de destruction, condensé froid de technologie brute et insensible, venue du futur pour nous exterminer, nous pauvres humains apeurés et innocents:
![]() |
| Fleurs d'Ophrys insectifera : environ 2 cm chacune. |
Floraisons prévue en mai !!
Et je vous jure que ces deux créatures peuvent pousser toutes seules pas loin de chez vous.
Alors si vous en avez le courage, laissez-les donc pousser.
Cap' ou pas cap' ?
PS : merci à Olivier pour son vengeur masqué rassurant. On lui ferait bien un bisou, tiens !
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Les germes du changement...,
Orchidées,
Tronçonnator
lundi 11 avril 2011
Auprès de ma Berce, qu'il fait bon, fait bon, fait bon... 5ème
Suite de nos découvertes entomologiques sphondyliennes !
OUCH ! PAN ! Hé ! Excusez du peu mais là, c'est du titre qui déchire. Pour briller en société et faire le malin avec des expressions pédantes et alambiquées, tout est là, concentré en un mot tout à la fois énigmatique, épique et pompeux. Sphondylien.
Mais bon, il s'agissait en fait de vérifier le niveau d'assiduité des lecteurs. "Oh ! Hé ! La pauvre excuse pour se sortir du gouffre !!" Certes, je me suis mis dans ce ridicule pétrin tout seul mais je pose la question. A quoi se rapporte ce mot? Réponse à trouver sur la page suivante : Auprès de ma Berce, qu'il fait bon, fait bon, fait bon... 1ère partie.
Revenons-en à nos mou... ches !
Aujourd'hui la famille des Tachinides. On commence avec Cylindromyia bicolor. Avec sa robe rouge et sa silhouette élancée, elle aurait tôt fait d'afficher de grands airs de starlette. J'avoue avoir succombé à son charme et abandonner tout esprit critique pour tirer l'affaire au clair.
Jusque-là, tout va bien. J'entends vos neurones marmonner : "Mouais, bon, on le connais, il est un peu bizarre. Une mouche rouge, c'est tout lui, ça ! Si ça lui fait plaisir ! Ne le contrarions pas! Laissons-lui un petit message sur le blog. Du genre : "certes, elle est originale!" C'est neutre, il ne le prendra pas mal."
Attendez un peu que je vous présente le coup de cœur suivant !
Moins distinguée : Tachina grossa, la grosse bourrue, dénommée Tachinaire hérisson géante dans le fabuleux numéro 84 de La Hulotte, "Frissons d'ombelles". C'est le colosse de la famille ! Elle atteint les 2 cm de long ! Son corps hirsute et sombre, laisse échapper une tête jaune comme une alerte au danger.
Son aspect inquiétant s'accorde d'ailleurs avec ses mœurs de grand escogriffe. Il faut bien reconnaître que sa jeunesse n'est peut-être pas un exemple à suivre pour nos chères têtes multicolores. Si la larve n'a commis qu'un écart dans sa vie, il est certes de taille. En effet, après s'être accrochée à une innocente chenille passant à sa proximité, elle s'est introduite dans son corps pour la siroter vivante, de l'intérieur.
Si nos yeux d'humains n'y voient qu'un crime dégoutant, le jardinier reconnaîtra deux atouts à la grosse bourrue :
- primo, elle régule les populations de chenilles en évitant les surpopulations qui nuiraient aux plantes (la nature est bien faite, non?)
- secundo, à l'instar des bourdons qu'elle imite pour qu'on lui fiche la paix (tous en cœur ! la nature est bien faite !), elle contribue à polliniser les fleurs qu'elle visite (la foule en liesse, briquets allumés ! La nature... Lalalère...).
BZZZIIT !! CCRRUUSSCHCHH ! DDDZZZZITTT !
"Ce n'est pas une attaque d'une escadrille de tachinaire ! Ne touchez pas à votre transistor ! L'interruption suivante est indépendante de notre volonté.
Le Comité Officiel des Scientifiques Annihilateurs de Controverses (COSAC) tient à préciser : "Le rédacteur use et abuse des pires stratagèmes de manipulation mentale ! Après avoir feint d'ignorer l'importance du crime abominable commis par Tachina grossa, le rédacteur s'emploie de façon sournoise et perverse à maquiller la monstrueuse bête d'atours écologistes notoirement propagandistes. Nous condamnons une nouvelle fois l'impardonnable malhonnêteté des procédés employés dans ce blog avec la plus grande fermeté."
Rhhooo ! Là ! Là ! Dis-donc, le rabat-joie... PAN ! Aïe ! Euh ! Oui, pardon, Ô tout-puissant et vénéré CASOC ! Paf ! Ouille ! Pardon, COSAC ! Je suis contrit de remords et de honte ! Je suis infâme !
Hum ! C'est bon, les pontes du comité sont partis. PSST ! Approchez ! Je vous le dis à l'oreille. Je serais vous, j'essaierais tout de même de laisser pousser des berces. Je ne suis pas obsédé par les dévoreuses de chenilles mais croyez-moi, c'est le bon plan pour le jardin !
Si on y ajoute l'arrivée de ces imitatrices des guêpes (sans la capacité de piquer) : les syrphes pollinisatrices dont les larves croquent les pucerons... Vous voilà bien armés pour vous tourner joyeusement les pouces. Du temps à en revendre pour observer à foison bien d'autres bêtes et insectes multicolores sur nos chères ombelles.
Bon, pas un mot au COSAC, hein ? A vous de jouer !
OUCH ! PAN ! Hé ! Excusez du peu mais là, c'est du titre qui déchire. Pour briller en société et faire le malin avec des expressions pédantes et alambiquées, tout est là, concentré en un mot tout à la fois énigmatique, épique et pompeux. Sphondylien.
Mais bon, il s'agissait en fait de vérifier le niveau d'assiduité des lecteurs. "Oh ! Hé ! La pauvre excuse pour se sortir du gouffre !!" Certes, je me suis mis dans ce ridicule pétrin tout seul mais je pose la question. A quoi se rapporte ce mot? Réponse à trouver sur la page suivante : Auprès de ma Berce, qu'il fait bon, fait bon, fait bon... 1ère partie.
Revenons-en à nos mou... ches !
Aujourd'hui la famille des Tachinides. On commence avec Cylindromyia bicolor. Avec sa robe rouge et sa silhouette élancée, elle aurait tôt fait d'afficher de grands airs de starlette. J'avoue avoir succombé à son charme et abandonner tout esprit critique pour tirer l'affaire au clair.
Jusque-là, tout va bien. J'entends vos neurones marmonner : "Mouais, bon, on le connais, il est un peu bizarre. Une mouche rouge, c'est tout lui, ça ! Si ça lui fait plaisir ! Ne le contrarions pas! Laissons-lui un petit message sur le blog. Du genre : "certes, elle est originale!" C'est neutre, il ne le prendra pas mal."
Attendez un peu que je vous présente le coup de cœur suivant !
Moins distinguée : Tachina grossa, la grosse bourrue, dénommée Tachinaire hérisson géante dans le fabuleux numéro 84 de La Hulotte, "Frissons d'ombelles". C'est le colosse de la famille ! Elle atteint les 2 cm de long ! Son corps hirsute et sombre, laisse échapper une tête jaune comme une alerte au danger.
Son aspect inquiétant s'accorde d'ailleurs avec ses mœurs de grand escogriffe. Il faut bien reconnaître que sa jeunesse n'est peut-être pas un exemple à suivre pour nos chères têtes multicolores. Si la larve n'a commis qu'un écart dans sa vie, il est certes de taille. En effet, après s'être accrochée à une innocente chenille passant à sa proximité, elle s'est introduite dans son corps pour la siroter vivante, de l'intérieur.
Si nos yeux d'humains n'y voient qu'un crime dégoutant, le jardinier reconnaîtra deux atouts à la grosse bourrue :
- primo, elle régule les populations de chenilles en évitant les surpopulations qui nuiraient aux plantes (la nature est bien faite, non?)
- secundo, à l'instar des bourdons qu'elle imite pour qu'on lui fiche la paix (tous en cœur ! la nature est bien faite !), elle contribue à polliniser les fleurs qu'elle visite (la foule en liesse, briquets allumés ! La nature... Lalalère...).
BZZZIIT !! CCRRUUSSCHCHH ! DDDZZZZITTT !
"Ce n'est pas une attaque d'une escadrille de tachinaire ! Ne touchez pas à votre transistor ! L'interruption suivante est indépendante de notre volonté.
Le Comité Officiel des Scientifiques Annihilateurs de Controverses (COSAC) tient à préciser : "Le rédacteur use et abuse des pires stratagèmes de manipulation mentale ! Après avoir feint d'ignorer l'importance du crime abominable commis par Tachina grossa, le rédacteur s'emploie de façon sournoise et perverse à maquiller la monstrueuse bête d'atours écologistes notoirement propagandistes. Nous condamnons une nouvelle fois l'impardonnable malhonnêteté des procédés employés dans ce blog avec la plus grande fermeté."
Rhhooo ! Là ! Là ! Dis-donc, le rabat-joie... PAN ! Aïe ! Euh ! Oui, pardon, Ô tout-puissant et vénéré CASOC ! Paf ! Ouille ! Pardon, COSAC ! Je suis contrit de remords et de honte ! Je suis infâme !
Hum ! C'est bon, les pontes du comité sont partis. PSST ! Approchez ! Je vous le dis à l'oreille. Je serais vous, j'essaierais tout de même de laisser pousser des berces. Je ne suis pas obsédé par les dévoreuses de chenilles mais croyez-moi, c'est le bon plan pour le jardin !
Si on y ajoute l'arrivée de ces imitatrices des guêpes (sans la capacité de piquer) : les syrphes pollinisatrices dont les larves croquent les pucerons... Vous voilà bien armés pour vous tourner joyeusement les pouces. Du temps à en revendre pour observer à foison bien d'autres bêtes et insectes multicolores sur nos chères ombelles.
Bon, pas un mot au COSAC, hein ? A vous de jouer !
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| Un dernier portrait pour la route de Tachina grossa. Charmante, non? |
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lundi 28 mars 2011
Le retour de l'attaque de la mort qui tue, XXIII. (Et que c'en est même carrément plus qu'affreux, au point qu'on dit que c'en devient épouvantable !)
| AAARRRGGGHH !! Elles arrivent ! C'est affreux, on y passera tous ! |
Après "l'attaque de la moussaka géante", "le retour des daltons morts-vivants", "la malédiction du baladeur mp3 tueur" et "la conspiration des édredons étouffeurs", la dernière bobine du célèbre réalisateur de films d'épouvante, Dario Desargento, déboule dans les bacs directement en DVD.
Votre serviteur s'est fendu d'une enquête digne des plus grands journalistes pour vous dénicher en exclusivité et en avant-première le synopsis (nous avons donc un mot pour dire pitch!) tenu secret de ce nouveau monument du cinéma, en route pour révolutionner le 7ème art :
| Vipérine : trop moche ! |
Leur nom : adventices."
Ces plantes sont très très méchantes parce que le printemps de retour, elles osent pousser sans notre aide, hors de notre obligatoire contrôle. Toute personne non dénuée du bon sens le plus élémentaire comprend le risque et le danger incommensurable que ces plantes font courir à notre survie : tremblez un peu en regardant avec effroi cette Véronique de Perse tentant d'engloutir le trottoir !
Pourtant, ce film me fait plutôt sourire comme toute bonne série Z qui se respecte. Ce n'est pas mon cauchemar. Ce serait plutôt celui de ceux qui emploient, sur les espaces verts, les jardins, soi-disant pour faire "joli" ou "propre" (étrange choix d'adjectifs), des produits chimiques mais aussi, il faut oser le dire de ceux, certes bien moins néfastes, qui s'épuisent à les éradiquer sans cesse par d'autres moyens mécaniques.
La binette est un bien bel objet. Elle est écologique et son utilisation nous oblige à pratiquer une activité physique qui fait tant défaut à nos vies sédentaires. Au potager, elle se justifie pleinement pour épargner une concurrence trop rude à nos légumes (n'oublions pas le paillage).
Mais ailleurs, est-ce vraiment la peine de s'acharner ? Toutes les plantes dont je parle aujourd'hui ne sont pas des arbustes pérennes. Il s'agit seulement de plantes annuelles. Une seule coupe par an, là où elles poussent empêchera le développement d'une flore plus robuste, ligneuse, par la suite. Il n'y a donc aucun risque en procédant de la sorte que nous soyons envahis par les végétaux de façon problématique ou irréversible.
Pensez un peu à cela : le fauchage unique annuel pratiqué dans les prairies autrefois créait un milieu composé de fleurs et graminées mais sans aucun arbuste. Je répète : aucun arbuste, une seule coupe. Et l'exportation répétée tous les ans de la fauche pour le fourrage ou la litière des bêtes empêchait le sol de trop s'enrichir (les végétaux coupés laissés au sol constituent un engrais azoté) et donc la flore de s'appauvrir et de se banaliser. L'exportation répétée tous les ans provoque une diversification importante de la flore sauvage.
Du coup, ne pourrions-nous pas envisager de patienter, au moins sur un coin du jardin, un bord de route, pour voir quelle tête ont donc ces créatures de l'enfer. Ces abominations que nous pensions devoir éradiquer?
Si vous êtes malins, le début de l'automne est une date judicieuse pour couper, faucher, tailler. Car les jours qui suivent ne verront pas les plantes repousser.
Mais pour plus de diversité, on peut aussi diviser l'espace et ne pas tout faucher en même temps, certains sols étant plus favorables à la floraison des espèces d'une saison donnée. Enfin, une masse d'insectes vous remercieront d'avoir laissé leurs larves intactes durant l'hiver sur une parcelle refuge.
Laissez un peu pousser, observez, apprenez...
Un jour, peut-être, les fleurs sauvages constitueront l'intérêt principal de nos jardins et nous les attendrons avec impatience en espérant en découvrir de nouvelles chaque année, comme les papillons qu'elles nourrissent...
Un jour, peut-être...
![]() | |
| L'horreur a un nom. Et c'est... Véronique ! Émergeant ici parmi d'autres monstruosités : les cardamines hérissées. Rien que le nom fait frissonner... |
lundi 21 mars 2011
Le nez en l'air.
Les idées ne manquent pas mais parfois le courage de les mettre en forme, un peu, si.
Mais, aujourd'hui, vous ne serez pas bredouilles pour autant chers lecteurs. J'ai pris le temps de vous croquer ce petit museau tronqué après une excursion au bord des mares.
Le petit crapaud (Bufo bufo) ne restera pourtant pas longtemps dans l'eau. Quelques jours, une semaine, tout au plus, le temps de se reproduire.
En vous hâtant un peu, vous pourrez peut-être encore en voir quelques-un...
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vendredi 11 mars 2011
La mousse cérémoniale... Savoir regarder la nature - partie 3.
Voilà le genre de petite merveille naturelle que seuls les lutins, farfadets et gnomes ne manquent pas d'admirer.
Depuis les denses fourrés épineux, les profonds recoins sombres des ronciers nourriciers, une belette loubatone m'a confié l'autre soir un petit secret si réjouissant que je m'en vais le partager avec vous. Entonnant une douce mélopée, la voilà presque hypnotisée, me décrivant le défilé nocturne des petits hominidés:
"A pas lents repasse et tourne le long cortège.
Les lutins fringants, fiers de ce vrai privilège,
Psalmodient sans sourire un charmant florilège,
Au son solennel de leurs plus beaux arpèges,
Leurs vertes lanternes éclairent le manège."
Reprenant tous ses esprits, elle lâcha encore : "ils ont tourné là-bas, autour de la vieille aubépine, brandissant leurs capsules de mousses enchantées jusqu'à ce que le renard y passe".
Le temps que je tourne la tête, pour contempler le vieux végétal à la silhouette arrondie par trop de générosité, lourde de maintes boules de gui et de ses propres baies, la belette avait fui. Brusquement, comme si elle avait pris conscience de son imprudence à se permettre la licence de parler ainsi aux hommes.
Le lendemain matin, à la faveur d'une lumière chaleureuse, je me mis en quête photographique. Au bout d'un bon quart d'heure d'une promenade attentive, j'avais déjà parcouru quelques mètres le long d'un vieux mur quand je tombai nez à nez avec ces lampadaires miniaturisés, fructifications bryophytiques accrochées aux parois granuleuses de la pierre calcaire.
Ces capsules pendantes semblaient encore imprégnées d'une fluorescence à la vigueur passée. Le songe de la nuit juste écoulée éblouit mon esprit comme un éclair. C'était celui d'une belette narrant un étrange ballet nocturne...
Depuis les denses fourrés épineux, les profonds recoins sombres des ronciers nourriciers, une belette loubatone m'a confié l'autre soir un petit secret si réjouissant que je m'en vais le partager avec vous. Entonnant une douce mélopée, la voilà presque hypnotisée, me décrivant le défilé nocturne des petits hominidés:
"A pas lents repasse et tourne le long cortège.
Les lutins fringants, fiers de ce vrai privilège,
Psalmodient sans sourire un charmant florilège,
Au son solennel de leurs plus beaux arpèges,
Leurs vertes lanternes éclairent le manège."
Reprenant tous ses esprits, elle lâcha encore : "ils ont tourné là-bas, autour de la vieille aubépine, brandissant leurs capsules de mousses enchantées jusqu'à ce que le renard y passe".
Le temps que je tourne la tête, pour contempler le vieux végétal à la silhouette arrondie par trop de générosité, lourde de maintes boules de gui et de ses propres baies, la belette avait fui. Brusquement, comme si elle avait pris conscience de son imprudence à se permettre la licence de parler ainsi aux hommes.
Le lendemain matin, à la faveur d'une lumière chaleureuse, je me mis en quête photographique. Au bout d'un bon quart d'heure d'une promenade attentive, j'avais déjà parcouru quelques mètres le long d'un vieux mur quand je tombai nez à nez avec ces lampadaires miniaturisés, fructifications bryophytiques accrochées aux parois granuleuses de la pierre calcaire.
Ces capsules pendantes semblaient encore imprégnées d'une fluorescence à la vigueur passée. Le songe de la nuit juste écoulée éblouit mon esprit comme un éclair. C'était celui d'une belette narrant un étrange ballet nocturne...
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jeudi 3 mars 2011
L'acte le plus efficace en faveur de la nature - Plantes sauvages locales - acte 1
Le temps est venu. L'heure de la grande révélation.
D'aucuns rétorqueront que j'aurais dû commencer par là : asséner ce que nous considérons comme le principe essentiel et primordial de toute personne désirant sérieusement protéger la biodiversité. Je reconnais qu'ils n'ont pas tort. Tel un fil conducteur, une épine dorsale, cela aurait structuré et éclairé notre discours rigolard, foutraque et un brin désordonné.
Seulement, à qui donc cette information cruciale aurait-elle servi? Durant les premiers mois de son existence, notre blog n'avait qu'un public maigrelet composé de très proches contraints sous les plus abjectes tortures de le visiter.
Maintenant que la gloire absolue nous interdit d'évoluer dans la rue sans que des fans transis n'arrachent nos vêtements, nous pouvons lâcher l'information.
Bon. Alors voilà. L'acte le plus important pour protéger la biodiversité, c'est de favoriser les plantes sauvages locales... Hum! Eh ben, oui ! Je le savais ! J'ai bien essayé de monter la mayonnaise mais je vous vois consternés... Vous vous attendiez à quelque chose de plus fracassant, de plus glamour peut-être ? Une révélation mystique ? Ben non, désolé, voilà notre vérité. Efficace car simple. Une porte ouverte défoncée au canon de 75 mm par un obus chargé au bon sens.
Maintenant, arrêtons les circonvolutions superfétatoires et laissons parler quelques chiffres (source : voir en bas de page) :
Le tableau ci-dessus présente quelques végétaux sauvages locaux et le nombre d'espèces d'insectes qui peuvent se nourrir sur chacun. Il s'agit en général des phases larvaires : par exemple, on dénombre jusqu'à 600 espèces de chenilles de papillons grignotant différentes parties des chênes sauvages. Certaines d'entre elles sont spécifiquement liées à une essence donnée et ne peuvent pas manger autre chose, d'autres sont plus généralistes et se coltinent aussi la chlorophylle ou la sève d'autres plantes.
Mais vue la quantité des insectes nourris (et même avec une légère et probable approximation des chiffres), il apparait évident que les espèces sauvages locales sont des démultiplicatrices de biodiversité.
Aucune espèce importée ne tient la comparaison. Au mieux, une poignée d'espèces se nourrissent sur les variétés modifiées ou exotiques. Par exemple, seules 2 ou 3 espèces croquent les fameux thuyas. Mais le comble, c'est que malgré leur faible diversité, ces insectes parviennent à anéantir des haies entières illico-presto de ce "béton vert".
Rajoutons que ces variétés sont en général les moins chères même si on ne les trouve pas forcément facilement. C'est logique, le système économique et les normes esthétiques des espaces verts se sont plutôt organisés pour nous vendre des végétaux nécessitant des soins (fragilité, inadaptabilité) ou de l'entretien intensif (taille et tonte suite à une croissance très rapide : thuyas toujours !) moyennant finances...
De toutes les façons, on a encore le droit de récolter les graines et baies dans la nature et de les resemer. Et puis nombre de variétés sauvages se bouturent à partir de morceaux des jeunes rameaux. Le tout, pour le prix d'un grand bol d'air frais.
A vous de jouer. Reconstituez les haies disparues!
Guillaume.
PS : je sais, je suis trop long ! Chacun ses défauts... Il y a encore tant à dire ! A suivre...
PPS : pour cet article, nous=Olivier et moi (ce blog est donc écrit et conçu par 2 personnes).
PPPS : source du tableau : "Le jardin idéal des bêtes - comment les accueillir", Heidi Rogner, Manfred Rogner, éditions Terre Vivante.
PPPPS : OK, j'arrête.
D'aucuns rétorqueront que j'aurais dû commencer par là : asséner ce que nous considérons comme le principe essentiel et primordial de toute personne désirant sérieusement protéger la biodiversité. Je reconnais qu'ils n'ont pas tort. Tel un fil conducteur, une épine dorsale, cela aurait structuré et éclairé notre discours rigolard, foutraque et un brin désordonné.
Seulement, à qui donc cette information cruciale aurait-elle servi? Durant les premiers mois de son existence, notre blog n'avait qu'un public maigrelet composé de très proches contraints sous les plus abjectes tortures de le visiter.
Maintenant que la gloire absolue nous interdit d'évoluer dans la rue sans que des fans transis n'arrachent nos vêtements, nous pouvons lâcher l'information.
Bon. Alors voilà. L'acte le plus important pour protéger la biodiversité, c'est de favoriser les plantes sauvages locales... Hum! Eh ben, oui ! Je le savais ! J'ai bien essayé de monter la mayonnaise mais je vous vois consternés... Vous vous attendiez à quelque chose de plus fracassant, de plus glamour peut-être ? Une révélation mystique ? Ben non, désolé, voilà notre vérité. Efficace car simple. Une porte ouverte défoncée au canon de 75 mm par un obus chargé au bon sens.
Maintenant, arrêtons les circonvolutions superfétatoires et laissons parler quelques chiffres (source : voir en bas de page) :
| Essences | Nombre d'espèces d'insectes | Essences | Nombre d'espèces d'insectes |
| Chêne | + de 1000 | Aubépine | 150 |
| Saule | 260 | Frêne | 40 |
| Bouleau | 230 | Charme | 30 |
| Sorbier | 30 | Tilleul | 30 |
| Noisetier | 70 | Hêtre | 60 |
| Tremble | 100 | Orme | 80 |
| Aulne | 90 |
Le tableau ci-dessus présente quelques végétaux sauvages locaux et le nombre d'espèces d'insectes qui peuvent se nourrir sur chacun. Il s'agit en général des phases larvaires : par exemple, on dénombre jusqu'à 600 espèces de chenilles de papillons grignotant différentes parties des chênes sauvages. Certaines d'entre elles sont spécifiquement liées à une essence donnée et ne peuvent pas manger autre chose, d'autres sont plus généralistes et se coltinent aussi la chlorophylle ou la sève d'autres plantes.
Mais vue la quantité des insectes nourris (et même avec une légère et probable approximation des chiffres), il apparait évident que les espèces sauvages locales sont des démultiplicatrices de biodiversité.
Aucune espèce importée ne tient la comparaison. Au mieux, une poignée d'espèces se nourrissent sur les variétés modifiées ou exotiques. Par exemple, seules 2 ou 3 espèces croquent les fameux thuyas. Mais le comble, c'est que malgré leur faible diversité, ces insectes parviennent à anéantir des haies entières illico-presto de ce "béton vert".
De leur côté, les plantes locales, offertes en pâture dans l'indifférence générale à une abondante horde de profiteurs insatiables (parasites, brouteurs, croqueurs, suceurs, une foule de bestioles à poils, à antennes, à plumes, j'en passe et des meilleures !) se portent comme des charmes et résistent à quasi toutes les attaques. Adaptées depuis des siècles, à nos sols, nos climats, elles en ont vu d'autres.
Autonomes, elles se débrouillent toutes seules. Personne ne vient les arroser. Personne ne les « engraisse » artificiellement. Personne ne les soigne, ne les taille, ne les éclabousse de produits chimiques (préférons le terme de « biocides » (qui tuent la vie) plutôt que « phytosanitaires » ou « pesticides »).
Nous voilà en présence d'un système "gagnant-gagnant". Biodiversité et entretien facile.
Là, j'entends votre cerveau formuler : « Bon sang mais c'est bien sûr. Ce sont des plantes locales qu'il me faut dans mon jardin!».
C'est un idée pleine de bon sens que nos aïeux avaient exploitée jusqu'au bout. En effet, ils tiraient une foule d'avantages de ces espèces : pour l'alimentation, en agriculture et jardinage, pour leurs propriétés médicinales, en tant que matériaux de construction (architecture, outillage, etc.), bois de chauffage, etc. La liste est proprement infinie.Autonomes, elles se débrouillent toutes seules. Personne ne vient les arroser. Personne ne les « engraisse » artificiellement. Personne ne les soigne, ne les taille, ne les éclabousse de produits chimiques (préférons le terme de « biocides » (qui tuent la vie) plutôt que « phytosanitaires » ou « pesticides »).
Nous voilà en présence d'un système "gagnant-gagnant". Biodiversité et entretien facile.
Là, j'entends votre cerveau formuler : « Bon sang mais c'est bien sûr. Ce sont des plantes locales qu'il me faut dans mon jardin!».
Rajoutons que ces variétés sont en général les moins chères même si on ne les trouve pas forcément facilement. C'est logique, le système économique et les normes esthétiques des espaces verts se sont plutôt organisés pour nous vendre des végétaux nécessitant des soins (fragilité, inadaptabilité) ou de l'entretien intensif (taille et tonte suite à une croissance très rapide : thuyas toujours !) moyennant finances...
De toutes les façons, on a encore le droit de récolter les graines et baies dans la nature et de les resemer. Et puis nombre de variétés sauvages se bouturent à partir de morceaux des jeunes rameaux. Le tout, pour le prix d'un grand bol d'air frais.
A vous de jouer. Reconstituez les haies disparues!
Guillaume.
PS : je sais, je suis trop long ! Chacun ses défauts... Il y a encore tant à dire ! A suivre...
PPS : pour cet article, nous=Olivier et moi (ce blog est donc écrit et conçu par 2 personnes).
PPPS : source du tableau : "Le jardin idéal des bêtes - comment les accueillir", Heidi Rogner, Manfred Rogner, éditions Terre Vivante.
PPPPS : OK, j'arrête.
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mardi 22 février 2011
Les oeufs de Pâques pillons ! - Savoir regarder la nature - partie 2
| Probablement, une ponte de pentatomidae (famille de punaises). |
Je me souviens quand j'étais collégien... Snif, nostalgie ! Les boutons sur le pif nouvellement démesuré, les premières lunettes pour l'affaisser, les premières incompréhensions mathématiques, les drames sentimentaux totalement insurmontables... C'était vachement bien ! La mode de la cueillette des trèfles à quatre feuilles avait émergé comme un beau rosé des près dans les pelouses du collège. Ah oui, ça c'était vraiment bien, tout n'était pas bétonné.
Pas de difficulté technique pour les détecter, juste de la patience et de la minutie dans la recherche. On n'avait pas bac +38,5 mais on en trouvait des tas. Personnellement, j'en avais ramassé 16 en 2 ou 3 semaines ! Mais il y avait de meilleurs scores même si la ressource avait quelque peu fini par se tarir.
Je n'avais pas trouvé mieux qu'une bible pour écraser et sécher, entre deux feuilles de buvard jaune d'or, mes trèfles à 4 feuilles païens.
Mystérieusement, la révélation ne vint pas du Saint Livre mais du fait même de constater leur existence et surtout en si grand nombre.
Il avait seulement fallu dépasser l'idée reçue selon laquelle ces feuilles de fortune ne poussaient que dans les prairies enchantées. Qui cherche trouve...
Dans quelle autre quête tout aussi incongrue pourrions-nous nous engager, à quatre pattes dans l'herbe ? Eh bien, nous aurions pu chercher des œufs d'insectes, par exemple. Compte tenu de la hauteur des herbes autorisée par les lames au collège, nous aurions surement fait chou blanc le plus souvent...
Mais dans une zone où l'on fauche tardivement (en fin d'été ou en automne), sur une haie champêtre composée d'essences locales, le taux de réussite peut augmenter rapidement. On sait que les papillons, en particulier, pondent souvent leurs œufs sur la plante sauvage hôte spécifiquement prisée par leurs chenilles.
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Il faut aussi reconnaître que d'autres s'avèrent aussi de voraces généralistes en herbes (ci-contre les plausibles œufs d'un Bombyx de la Ronce, Macrothylacia rubi).
Et maintenant, séance de travaux pratiques : pour le dimanche de Pâques, je vous propose donc de créer les conditions suscitées pour trouver ces œufs. Proposez ensuite à vos enfants ou à ceux de vos amis de venir les chercher...
Il va falloir apprendre à regarder ! Mais ne les pillez pas pour de vrai, hein?
PS : j'ai conservé mes trèfles mais je n'ai pas encore gagné au loto (OK ! OK ! Je n'ai pas joué !).
PPS : merci à M. LEQUET pour ses précieuses déterminations concernant les œufs d'insectes (visitez son site).
PPPS : vous pouvez nous aider à identifier les pontes ci-dessous si vous êtes motivés. Il s'agit pour l'instant d'un mystère même si les recherches sont à orienter du côté d'un papilllon nocturne selon M. LEQUET.
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