mercredi 24 septembre 2014

Un coin de banlieue sans histoire... 3


Tronçonnator.

Vous l'avez déjà vu. Souvenez-vous. L'éradicateur. Il est de retour.

Oubliez la biodiversité. Oubliez la nature. Il va les pulvériser. Au sens propre comme au figuré.

Formaté pour. C'est sa mission.



Les enfants ont fui.


Guillaume.

Dessin d'Olivier.

Un coin de banlieue sans histoire 1
Un coin de banlieue sans histoire 2
Un coin de banlieue sans histoire 3
Un coin de banlieue sans histoire 4
Un coin de banlieue sans histoire 5   



jeudi 11 septembre 2014

Un coin de banlieue sans histoire... 2


Un coin de banlieue sans histoire 1
Un coin de banlieue sans histoire 2
Un coin de banlieue sans histoire 3
Un coin de banlieue sans histoire 4
Un coin de banlieue sans histoire 5   
 
Ce qui frappe tout de même, dans cette paisible commune sans histoire, ce sont les rues.

Les rues sont propres. Si propres. Incroyablement propres ! Enfin ! C'est curieux, ça ! Personne ne l'a donc remarqué ? Comment cela peut-il être si propre ? Cela fait-il partie de la banalité du paysage, ici comme ailleurs ? De sorte qu'on n'y fait plus attention ? Ou qu'on le souhaite inconsciemment ?

Mais... C'est propre ou désert ? Propre ou dénué de vie ? Propre ou aseptisé ? Propre ou pollué ? Propre ou empoisonné ?

Des arbres hybrides, inconnus dans la nature (vous savez, celle que visitent les écoliers une fois dans l'année ou dans leur vie parfois, là-bas, dans la réserve naturelle à 30 minutes de bus), taillés au carré poussent seuls aux emplacements soigneusement prévus à cet effet. Pas un brin d'herbe pour les accompagner, pas un insecte pour se cacher dans leurs fissures.

C'est normal. C'est prévu. C'est voulu... Et c'est dangereux.
Frémissez braves gens ! Fuyez pauvres enfants !

Dans ce paysage en apparence inoffensif, rode celui qui porte le nuage de la mort. Logiquement, on aurait dû l'appeler Désherbator, Biocidor ou Bio-éradicator. Mais ce nom aurait presque rassuré les bons citoyens de cette ville.
Alors on l'a nommé...

Guillaume.

Euh, non pas Guillaume, en fait. Je veux dire, c'est pas moi le méchant... C'est juste que je signe, là !
Mais bon, vous pigez... Vous saurez au prochain épisode. Le vrai nom du méchant, quoi ! Comment ça, c'est pas clair ?

Dessin d'Olivier


mardi 2 septembre 2014

Un coin de banlieue sans histoire... 1


Un coin de banlieue sans histoire 1
Un coin de banlieue sans histoire 2
Un coin de banlieue sans histoire 3
Un coin de banlieue sans histoire 4
Un coin de banlieue sans histoire 5   

Un jour comme les autres dans une ville sans histoires. Un coin de rue anodin dans une banlieue paisible et soignée, à mille lieues des clichés habituels. Ni drogue, ni violence, ni délinquance. La télévision poubelle n'a rien à se mettre sous la dent ici.

Une voiture passe au vert et emporte une famille réunie après une journée d'école et de travail méritante. Trois enfants sortis de la boulangerie, avec deux sous de bonbons dans les poches, dont le pire méfait consiste à se les partager sans respecter la stricte équité vis-à-vis du plus jeune.

En apparence, tout est tranquille et apaisé...



A suivre.


Guillaume.

Dessin d'Olivier


lundi 18 août 2014

Les fovéoles ? Oui ! Avec du lard et de la tomate ! Quoique...


Aahhh, les fovéoles ! Je sais pas pour vous, mais moi, ça me fait penser à une cocotte de fayots au lard et à la tomate.
Et les fayots au lard et à la tomate, c'est le genre de plat que j'adore cuisiner. Oui, je sais, vous pensez à une plâtrée plombée comme une enclume ou au déclenchement de mouvements telluriques titanesques dans votre conduit digestif. Boah ! Les clichés !
C'est parce que vous z'en avez pas goûté des bons depuis des lustres. Certes, c'est largement roboratif, parfait pour le mois de novembre de l'été actuel. Mais quand on met tout son cœur dans la préparation, ça surprend les plus blasés. Et quand vos gosses qui vous ont cassé les pieds toute la semaine pour manger trois haricots verts et une blette (le meilleur avec ce légume, c'est la sauce, faut le dire ! Je les comprends un peu. Mais avec du cœur, je devrais...),  vous décochent spontanément un grand "Mmmhhh ! Popa, chont bons tes haricots !". Je vous jure, ça touche. La larme perle. Genou à terre. Recueillement.
...
...

Je ne sais pas si le fait de vous donner la recette vous sera utile car ce qu'il faut mettre en œuvre pour la réussir ne s'écrit pas en ces termes. Application, patience, amour.

Évidemment, il faut aussi de bons produits, sains et de saison.
Haricots à écosser (voire secs). Aucune idée de la quantité nécessaire. Séance mathématique : à la fin, faut avoir un volume de haricots qui rentre dans une sphère de 12 cm de diamètre, au moins. Un producteur de légumes digne de ce nom saura vous aider.
1 kg de tomates fraîches (ou conserves au naturel maison selon la saison) type olivettes.
2 ou 3 gros oignons jaunes.
Céleri branche selon la saison.
2 tranches de lard ou de poitrine de 1 cm d'épaisseur.
Gousses d'ail, beaucoup voire plus selon les goûts.
Thym, sauge, romarin.
Bicarbonate de soude.
Sel, poivre.


Quelques jours avant, invitez vos meilleurs amis.

Quelques heures avant, ouvrez une bouteille de vin rouge du sud-ouest un peu assouplie (pas trop cher : un Cahors un peu vieux).

Pour la technique, de l'ultra-basique et feu doux, tout le temps ! Voici :
écosser les haricots. Avec les petits, c'est rigolo (surtout pour eux) mais faut presque le faire dans la baignoire si on veut pas passer la soirée à en récupérer partout sous les meubles.
Couper les oignons comme vous voulez et le céleri branche en rondelles. Tranchez les tomates en deux, épépinez avec l'index. C'est important pour ôter un peu d'acidité et un peu d'eau, pour avoir une sauce plus concentrée.
Sortez votre cocotte en fonte fétiche de votre cuisine. Oui, la magique, celle que vous êtes le seul à avoir pu soulever après le roi Arthur. D'ailleurs, vous seul comprenez comment on peut cuisiner dedans. Un outil important, en effet mais si vous n'en avez pas, vous pouvez compenser avec une double dose d'amour.
Faites y fondre deux belles cuillères à soupe de graisse de canard. Et si. Ah et puis zut, hein ! Chuis du sud-ouest ! Balancez-y en souplesse d'un geste parabolique les oignons et le céleri. Puis une minute après, le lard ou la poitrine. A feu doux, laisser colorer.
Quand c'est le cas, ajoutez quelques feuilles de sauge, un brin de romarin, un peu de thym. Cuire encore pour caraméliser les tranches de lard. Faut donc bien surveiller et retourner doucement de temps en temps !
Quand la couenne du lard est brune et brillante, un peu croustillante, déglacez en jetant les tomates dans le feu avec l'ail (gousses écrasées). Leur eau va interrompre la cuisson et liquéfier les sucs dans le fond. Puis ajouter les haricots. Verser de l'eau afin de recouvrir tout juste les haricots. Saler au gros sel (deux cuillères à café environ mais si vous avez peur une seule et vous rectifierez plus tard). Ajouter une bonne pincée de bicarbonate de soude (c'est pour casser le deuxième cliché). Couvrir et laisser cuire à feu doux une bonne demi-heure.
Puis ôtez, le couvercle et goûtez. Rectifiez l'assaisonnement par petites touches jusqu'à ce qu'il soit presque parfait mais pas complètement car la fin de la cuisson va se faire sans couvercle pour que l'eau s'évapore. La sauce va donc se concentrer. Poivrez plutôt copieusement.

Laissez cuire encore le temps nécessaire pour que les haricots soient fondants (faut goûter). Surveillez. Si vous sentez que cela risque d’accrocher, remettez deux cuillères à soupe d'eau. Mais il faut qu'à la fin, la sauce se soit un peu épaissie. Ni collante et épaisse, ni liquide : onctueuse. Vérifiez une dernière fois, l'assaisonnement.

Partagez le plaisir.

Bon sinon, les fovéoles, c'est pas du tout ça, en réalité.
Si par hasard, certains d'entre vous venaient à passer par chez moi goûter des fayots, pensez à vérifier que j'ai pas confondu avec les fovéoles. Parce que c'est un organe de criquets. C'est plein de protéines mais tout de même...  J'ai beau avoir le nez enfoncé jusqu'au cou dans le monde des criquets, en ce moment et être un peu étourdi, tout le temps, vous vous fâcheriez.

Le dessin ci-dessous devrait vous aider à savoir de quoi il s'agit. Une cocotte de fovéoles au premier qui trouve ?

Guillaume.




jeudi 10 juillet 2014

Grande Berce : l'intégrale tome 1

Oubliez les polars de l'été au kilomètre, les sagas romantiques à la guimauve industrielle, les mots croisés sur-addictogènes.
Cet été, vous allez lire la somme définitive, le pensum ultime, l'incontournable encyclopédie foutraque et rigoureusement incomplète, résolument déstructurée en 5 chapitres désopilants et quasi-incompréhensibles sur la grande Berce. A lire ici en commençant par le début (subtil, n'est-ce pas ?).

Oh et puis relisez tout le blog tant que vous y êtes ! Y a de quoi faire, croyez-moi ! Des nuits et des nuits pour presque un centaine d'articles et de crobards...

M'enfin et surtout, n'oubliez pas d'aller regarder les Berces. La floraison, c'est maintenant.

De mon côté, ce qui va m'occuper d'ici peu, c'est ce genre de bête.


Encore un truc qui aime les hautes herbes... Indécrottable ?

Oui, je sais. Où est le problème ?

Guillaume




mardi 3 juin 2014

Une histoire de choix...


Alimenter un blog de nouveaux articles au printemps n'est pas chose facile pour un passionné de nature.
Le choix se résume à ces deux propositions :
- parler de la nature, partager sa fascination,
- la vivre, la savourer (avant qu'il ne soit trop tard !).

En réalité, aucune des deux ne fonctionne, à mon avis, sans l'autre. Il faut connaître la nature pour en parler et à quoi bon profiter de ses merveilles si l'on ne fait rien pour la préserver. Ce serait un peu égoïste. Après moi, le déluge, hein ?
Un bon repas n'est-il pas meilleur quand on accueille ses amis à table ?

S'il s'avère que votre métier vous amène à vous concentrer sur la première proposition, vous passez légitimement votre temps libre à la deuxième.
Vous avez pigé ou il faut que je fasse un dessin ?
Allez, c'est bien parce que c'est vous.

Bon, pour reprendre les débats là où on les avais laissés, je vous laisse cette petite aquarelle de Triton crêté (Triturus cristatus).
Il est encore possible d'admirer ce géant (parfois plus de 15 cm !) dans les mares autour de chez vous.

Guillaume.



samedi 1 mars 2014

Et pour quelques tritons de plus...

Oh ! Un vieux dessin potable non utilisé ! Ah ! Mais c'est un Triton palmé (Lissotriton helveticus) ! Eh ! Mais c'est le thème du moment ! Quelle coïncidence...

Un mâle (à la queue mucronée).

lundi 24 février 2014

Les tritons, c'est maintenant !

Aussi méconnus que fascinants, fantasmagoriques, l'imaginaire les transfigure en créatures lointaines et gigantesques. Mais quand les dragons miniatures sont déposés, chétifs et intimidés, dans le creux de la main, l’attendrissement, l'émotion et la magie désarment les plus endurcis. Symboles d'une humanité surpuissante face à une nature fragile.


La palme de la trognonitude (Mais si, voyons ! La trop mignonitude !!) revient au couple suivant :
- Triton palmé (Lissotriton helveticus),
- Triton ponctué (Lissotriton vulgaris).

Mesurant le plus souvent moins de 10 cm de long, ces deux espèces sidèrent par leur si petite taille qui les rend finalement adorables. Si un œil averti distinguera rapidement les mâles, les femelles sont plus difficiles à différencier. Il y a les critères habituels de coloration faciles à trouver un peu partout : les tâches sous le ventre et la gorge varient beaucoup allant de ponctuations nettes à des décolorations.

Vous pouvez préférer la présence de 2 tubercules orange clair au revers des pattes postérieures. Ils sont petits (une loupe peut être utile) mais quand on les a vus une fois, on les revoit facilement. Leur présence caractérise avec efficacité les femelles de Triton palmé. Leur absence (ou un seul tubercule peu marqué et pas vraiment coloré) et c'est la femelle de Triton ponctué.



Ces bêtes sont déjà parties à l'assaut des mares avec l'hiver très doux et pluvieux que nous connaissons cette année. L'idéal pour les voir est une excursion nocturne.

A la rencontre des dragons, de nuit, ça, c'est l'aventure !

Guillaume

PS : si cela peut servir, sachez que cette image est libre de droits.